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35 héroïnes méconnues du Québec


29 Août 2011

De Germaine Guèvremont à Jehane Benoît, en passant par Jeanne Mance, Léa Roback et Ida Steinberg, voici 35 femmes parfois peu connues, mais qui ont eu une influence considérable sur la société québécoise.

35 héroïnes méconnues du Québec
Germaine Guèvremont - Photo: Basil Zarov

1- Marie Rollet (1580-1649)

À Québec, la première fermière de la colonie, veuve de l'apothicaire Louis Hébert, pratique « l'interculturalisme » de Gérard Bouchard avant l'heure : elle instruit les « Sauvagesses » et les forme... à l'européenne.

2- Jeanne Mance (1606-1673)

Première femme blanche à fouler le sol de Ville-Marie, Jeanne s'associe à Maisonneuve pour fonder Montréal. Elle gère les finances de la colonie et dirige l'Hôtel-Dieu. Quatre siècles après sa mort, l'histoire lui refuse toujours le titre de cofondatrice de la métropole.

3- Marie Morin (1649-1730)

Première écrivaine née en Nouvelle-France, elle rédige, en 1697, Les annales de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Son récit constitue l'une des sources les plus précieuses sur la vie quotidienne au 17e siècle.

4- Agathe de Saint-Père (1657-1748)

Dans sa manufacture de tissus, la première au Canada, Madame de Repentigny fabrique des toiles pour remplacer le lin et la laine, raréfiés par la crise. Elle commercialise aussi le sirop d'érable.

5- Isabelle Couc-Montour (1667-1752)

Parlant l'algonquin, le huron et l'iroquois, cette fille d'un coureur des bois et d'une Algonquine se fait interprète dans l'Ouest américain. Bourreau des cœurs, elle collectionne amants et maris.

6- Louise de Ramezay (1705-1775)

À la mort du gouverneur de Montréal Claude de Ramezay, sa fille chausse ses bottes. Elle dirige la scierie familiale, qui fournit du bois aux chantiers maritimes de Québec.

7- Marie-Marguerite Duplessis (1718 - ?)

La première esclave à s'adresser aux tribunaux pour réclamer sa liberté se heurte à un mur. Accusée de libertinage par son maître, elle est déportée aux Antilles.

8- Rosalie Cadron-Jetté (1794-1864)

Au 19e siècle, les mères célibataires sont ravalées au rang de putains et celles qui les aident se rendent complices du vice. Défiant la société puritaine, cette sage-femme fonde une maternité, connue sous le nom de La Miséricorde.

9- Suzannah Davis (1796 - ?)

En 1812, cette servante de 16 ans porte plainte pour viol. Au procès, le jury la juge « trop affectueuse » et acquitte son agresseur. Deux cents ans après, à peine 10 % des femmes violées osent l'imiter.

10- Émilie Tavernier-Gamelin (1800-1851)

Après avoir porté secours aux Patriotes arrêtés durant la rébellion, cette veuve fortunée ouvre à Montréal le premier refuge réservé aux femmes âgées et démunies.

11- Hortense Globensky (1804-1873)

Elle harangue la foule au nom du parti tory et repousse les 50 Patriotes venus saccager sa maison. Après la bataille de Saint-Eustache, nullement revancharde, elle obtient des autorités la libération de ses concitoyens patriotes emprisonnés.

12- Dorimène Desjardins (1858-1932)

La femme derrière les caisses pop, c'est elle. Pendant que son mari, Alphonse Desjardins, travaille comme traducteur à Ottawa, elle reçoit les dépôts dans sa cuisine et consent les prêts de la première caisse, fondée à Lévis en 1900.

13- Henriette Dessaules (1860-1954)

À Saint-Hyacinthe, les Mascoutains se battent en vain pour sauver la maison natale de la première femme journaliste du Québec, qui, dès 1910, signe des lettres dans Le Devoir sous le pseudonyme de Fadette.

14- Joséphine Marchand-Dandurand (1861-1925)

En 1893, elle fonde Le Coin du feu, premier magazine féminin, dans le but avoué d'éduquer les femmes. « Comme monsieur son mari, qui a son club, sa pipe, ses gazettes, madame aura aussi, et ce ne sera que justice, son journal à elle », écrit-elle.

15- Carrie Derick (1862-1941)

Après un parcours semé d'embûches, elle devient, en 1912, la première femme à enseigner à l'Université McGill. Généticienne, elle voit ses travaux sur l'hérédité lui assurer une notoriété internationale.

16- Maude Abbott (1869-1940)

Refusée par l'Université McGill, elle obtient son diplôme de médecin à l'Université Bishop's, mais ne sera jamais autorisée à pratiquer. Et pourtant, ses recherches sur les maladies cardio­vasculaires congénitales l'ont rendue célèbre dans le monde.

17- Éva Circé-Côté (1871-1949)

Ses contemporains ignorent que le libre-penseur qui, dans les journaux, dénonce la corruption municipale, prêche la tolérance envers la prostitution et réclame l'équité salariale est une femme.

18- Émilie Fortin-Tremblay (1872-1949)

Partie vers le Klondike comme chercheuse d'or, cette native du Lac-Saint-Jean installe ses pénates au Yukon, où elle est à la fois commerçante, infirmière et sage-femme. À Whitehorse, la première école francophone du Grand Nord porte son nom.

19- Idola Saint-Jean (1880-1945)

En 1930, cette féministe ose présenter sa candidature aux élections fédérales. Battue, elle poursuivra néanmoins sa lutte jusqu'à ce que les Québécoises obtiennent le droit de vote, en 1940.

20- Pauline Donalda (1882-1970)

Cantatrice d'origine juive, elle chante à Paris, Londres et Moscou avec les grandes voix d'opéra de l'époque, dont Caruso. Rentrée au pays, elle fonde, en 1941, l'Opera Guild, qui met Montréal sur la scène du monde de l'opéra.

21- Ida Steinberg (1885-1942)

À 26 ans, cette mère chef de famille d'origine hongroise ouvre sur la « Main », à Montréal, la première épicerie Steinberg. Son fils Sam transformera l'entreprise en un empire de 115 supermarchés.

22- Angélina Berthiaume-Du Tremblay (1886-1976)

Phénomène rare, une femme dirige le quotidien La Presse durant les années 1950, avant de démissionner avec fracas pour fonder Le Nouveau Journal, avec le journaliste Jean-Louis Gagnon.

23- Juliette Béliveau (1889-1975)

Les anciens se souviendront d'une minuscule actrice qui pétait le feu dans les vaudevilles aux côtés d'Olivier Guimond. On sait moins qu'elle inspira à Gratien Gélinas son Ti-Coq.

24- Germaine Guèvremont (1893-1968)

Le métier d'écrivain, elle l'apprend de son cousin Claude-Henri Grignon. Mais c'est le poète Alfred Desrochers qui lui sert de mentor au moment d'écrire Le Survenant. Reçu froidement lors de sa publication, ce roman connaît un succès monstre dans sa version télévisée.

25- Imelda Dallaire (1902-1989)

Une bâtisseuse, cette sœur augustine qui, en plus de diriger l'Hôtel-Dieu de Chi­coutimi, a fondé l'Hôpital de Jonquière, puis celui de Dolbeau, avant d'aller en ouvrir un troisième à Tripoli, au Liban.

26- Léa Roback (1903-2000)

Ni l'intimidation des patrons ni les menaces du clergé n'arrêtent cette syndicaliste, qui obtient, en 1936, le premier contrat de travail des ouvrières du vêtement.

27- Emma Gendron (1904-1952)

Après avoir étudié le cinéma à New York dans les années 1920, elle signe les scénarios de deux des trois premiers films de fiction québécois, Madeleine de Verchères et La drogue fatale.

28- Jehane Benoît (1904-1987)

Bien avant les Pinard et les di Stasio, elle a initié les ménagères des années 1950 et 1960 à l'art culinaire. Son Encyclopédie de la cuisine canadienne fait autorité dans tous les foyers.

29- Jean Despréz (1906-1965)

Laurette Larocque-Auger écrit sous un nom masculin ses téléromans, mettant en scène des femmes en quête de liberté. Polémiste passionnée, cette « femme-dynamo » a ouvert la voie aux Janette Bertrand d'aujourd'hui.

30- Dorothea Palmer (1908-1992)

En 1936, cette infirmière de 28 ans est arrêtée à Ottawa pour avoir offert des condoms et une brochure sur les méthodes contraceptives à des mères de famille canadiennes-françaises. Elle sera acquittée, mais il faudra attendre 30 ans avant la légalisation de la contraception.

31- Réjane Laberge-Colas (1923-2009)

Première femme nommée juge à la Cour supérieure du Canada, cette pionnière préside aux destinées de la Fédération des femmes du Québec, qu'elle a fondée pour lutter contre la discrimination et les inégalités à l'égard des femmes.

32- Ludmilla Chiriaeff (1924-1996)

Fondatrice, en 1958, des Grands Ballets Canadiens, la ballerine d'origine allemande a formé plusieurs générations de danseurs, au grand dam de l'Église, qui jugeait le ballet... immoral.

33- Marie-Andrée Bertrand (1925-2011)

Ses travaux sur le traitement pénal dis­criminatoire des femmes dans le monde lui valent de figurer, en 1994, sur la liste des candidats au prix Nobel de la paix.

34- Jeannine Guillevin Wood (1929-2009)

Il faudra attendre jusqu'en 1997 pour qu'une femme soit nommée présidente du conseil d'administration d'une grande banque canadienne, la Laurentienne.

35- Micheline Beauchemin (1929-2009)

Célébrée pour ses tapisseries monumentales mariant les fibres naturelles et les fils métalliques, elle a longtemps été boudée par le milieu des beaux-arts, qui qualifiait ses œuvres de pièces d'artisanat.

 

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Commentaires (14)

Dommage qu'il faille

Dommage qu'il faille apparemment être morte pour que L'Actualité accepte de reconnaitre la qualité d'une femme et la justesse de sa lutte pour ses droits...

Il manque Victoire Dufresne,

Il manque Victoire Dufresne, la première femme qui devint cordonnière et créa la chaussure et ouvrit des manufactures dans Hochelaga Maisonneuve. C'est son nom de femme mariée, il faut retrouver son nom de jeune fille. Elle est la mère des fr`res Dufresne qui construisit le Chateau `Montréal.

Son nom était Du Sault. Voir

Son nom était Du Sault. Voir www.servicesmontreal.com pour des détails sur cette femme.méritoire.

Comme apprentie danseuse à

Comme apprentie danseuse à l'École Pierre-Laporte, j'ai eu la chance de connaître Madame Chiriaeff. Elle se disait russe malgré sa naissance en Lettonie (qui était une république en 1924), d'où ma surprise de lire qu'elle aurait été d'origine allemande.

Son père était russe et sa mère polonaise. Elle a par contre passé son enfance en Allemagne et a même été internée dans un camp de concentration pendant la seconde guerre mondiale parce qu'on l'a crue juive. Elle en est fort heureusement revenue et est alors allée vivre en Suisse. Le Québec a suivi.

Je suis très étonnée de ne

Je suis très étonnée de ne pas retrouver dans votre liste des 35 héroînes du Québec le nom de IRMA LEVASSEUR née à Québec le 18 janvier 1877 et décédée en 1964.
Première femme médecin qui a été forcée d'aller faire ses études aux États-Unis pour avoir le droit de pratiquer la médecine. Elle fut la véritable fondatrice des Hôpitaux pour enfants celui de Montréal qui ne portait pas encore le nom de Ste-Justine et de celui de Québec nommé Hôpital de l'Enfant-Jésus. Elle est décédée dans l'oubli en 1964.

Je ne peux m'expliquer

Je ne peux m'expliquer l'absence de Marguerite Bourgeoys qui avec Jeanne-Mance et De Maisonneuve forme le trio fondateur de la Nouvelle-France.

Dans la même ligne de pensée,

Dans la même ligne de pensée, je recommande fortement le magnifique livre de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque: "Elles ont fait l'Amérique" (Collection "Mémoire des Amériques".)

Je voulais faire le

Je voulais faire le commentaire qu'a fait Lucie Gauthier juste avant moi.

La première femme journaliste

La première femme journaliste canadienne-française n'est pas Henriette Dessaules mais Robertine Barry qui, dès 1891, fit ses débuts dans cette carrière jusque-là réservée aux hommes. Après avoir travaillé pendant 9 ans à La Patrie, elle fonda Le Journal de Françoise. Durant toute sa carrière, elle défendit les idées les plus avant-gardistes. Adulée par les uns, elle fut vilipendée par les autres : elle fut, entre autres, muselée par Mgr Bruchési. Elle fut présidente de deux associations de journalistes.

Et Marie de l'Incarnation, le

Et Marie de l'Incarnation, le collège qui porte son nom a été fondé en il y a plus de 314 ans.
Elle a ensigné aux jeunes filles françaises, anglaises et indiennes, elle a écrit des dictionnaires sur la langues huronnes, Les ursulines ont soigné les soldats peu importe leur nationalité.
Et ces femmes nous ont enseignées que nous pouvions faire dans la vie ce que nous voulions.

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