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Automobile : tasse-toé mononcle!


1 Mars 2011

Des écoles de conduite du Québec se dotent de simulateurs. Une façon d’accélérer l’apprentissage... ou la vitesse sur les routes ?

Automobile: tasse-toé mononcle !
Photo : J.-L. Lorry

La scène est familière. Un jeune conducteur va beaucoup trop vite. Freinera-t-il à temps pour éviter l'enfant qui s'apprête à traverser la rue ? Trop tard... Le bolide percute le garçonnet de plein fouet. Soudain, l'image dramatique se fige. Le simulateur de conduite automobile vient de renvoyer l'apprenti à la case départ. Comme dans un jeu vidéo !

Depuis 2008, les simulateurs font progressivement leur entrée dans les écoles de conduite du Québec. Les plus perfectionnés reproduisent fidèlement le tableau de bord d'une voiture et donnent, grâce à trois écrans géants, une vision à 180° de scènes urbaines et de paysages de campagne d'un réalisme saisissant. Comme dans des conditions concrètes, l'élève doit composer avec la présence d'automobiles, de camions, de piétons et de bicyclettes.

Cette technique très proche du jeu vidéo réussira-t-elle là où les campagnes pour inciter les jeunes à réduire leur vitesse et à dompter leur témérité peinent à atteindre leurs objectifs ? Ou, au contraire, accroîtra-t-elle leur sentiment d'invincibilité au volant ? Rappelons-le, sur les 515 victimes de la route en 2009, 137 étaient âgées de moins de 25 ans.

Les simulateurs permettent au moniteur de présenter à l'élève 200 scénarios de conduite. « Toute collision entraîne l'arrêt instantané du scénario, afin de permettre au moniteur de revoir ce qui vient de se passer et d'en discuter », dit Rémi Quimper, président de Virage Simulation, entreprise montréalaise spécia­lisée dans la mise au point de simulateurs de conduite et la conception de scénarios. « Notre modèle est reconnu par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) et permet de remplacer efficacement une partie des cours normalement donnés sur le réseau routier », poursuit-il.

La SAAQ mène actuellement une étude afin de déterminer si la formation avec un simulateur risque d'entraîner de mauvaises habitudes chez le nouveau conducteur et de lui procurer un trop grand sen­timent d'assurance. Les résultats ne seront toutefois pas connus avant 2012-2013.

« Sur le plan des réflexes, un débutant au volant est avantagé s'il s'exerce au préalable sur un simulateur de conduite ou sur des jeux vidéo », dit le professeur Jacques Bergeron, du Département de psychologie de l'Université de Montréal.

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