Société

/ L'édito de Carole Beaulieu »

Bye-bye école du 17e siècle !

20 Octobre 2009

Prenez des enfants du même âge. Assoyez-les en rangées dans une pièce carrée. Obligez-les tous à faire la même chose, en même temps — peu importe leurs goûts ou leurs aptitudes —, sous la direction d’un adulte qui leur inculquera son savoir et ne tolérera pas de remise en question. Vous avez la recette de l’école du 17e siècle, qui perdure encore aujourd’hui. Et la raison pour laquelle, sans doute, un nombre croissant de jeunes décrochent et continueront de le faire...

Photo : New Tech High @ Coppell
Photo : New Tech High @ Coppell

Quand un ordinateur, un téléphone cellulaire ou la tech­nolo­gie Wi-Fi du café du coin offrent plus d'occasions que l'école d'accéder au savoir, pourquoi traîner assis à un pupitre éraflé dans une classe sans fenêtres ?

La majorité des enfants québécois savent aujourd'hui véri­fier dans Internet si leur prof a commis une erreur dans son cours. La façon dont les écoles du Québec répondront, ou non, à ce défi technologique au cours des prochaines années détermi­nera leur succès ou leur échec.

Aux États-Unis, déjà, certaines écoles secondaires, comme la New Tech High School de Coppell (Texas), ont abattu les murs qui séparaient les classes pour créer des aires ouvertes, les lieux d'étude et de travail étant délimités par des cloisons transparentes. Les élèves, parfois d'âges divers, collaborent à des projets, guidés par des enseignants ou par des professionnels qui agissent à titre de mentors.

Les élèves sont parfois affalés dans des canapés, les écouteurs de leur iPod sur les oreilles, suivant en baladodiffusion une conférence en espagnol ! Ils ont une « carte de confiance » qui leur donne accès à des privilèges, comme l'usage d'un téléphone cellulaire. Le travail en groupe étant la norme, les jeunes peuvent aussi exclure d'un projet un condisciple qui ne fournit pas sa part. Celui-ci est alors condamné à bosser tout seul. L'horreur !

La New Tech High School de Coppell reprend le concept élaboré par la New Technology Foundation, qui a ouvert une première école New Tech à Napa, en Californie, en 1996. Une quarantaine d'écoles américaines ont, depuis, adopté ce mode d'enseignement.

Au Québec, les universités ont commencé à prendre le virage que leur imposent les nouvelles technologies (voir « Génération piton ! », p. 28). Elles n'ont pas le choix. Pour­quoi leurs étudiants suivraient-ils en classe le cours d'un prof ennuyeux quand, en direct dans Internet, ils peuvent écouter gratuitement le cours d'un expert d'un prestigieux établissement européen ou américain ? Les universités se transforment donc.

Faute de ressources et de volonté réelle de changement, le reste du réseau de l'éducation québécois stagne et vit encore souvent au 17e siècle. Les rares commissions sco­laires qui ont tenté de prendre le virage technologique - comme celle d'Eastern Town­ships, en Estrie, qui fournit un ordinateur portable à chaque élève du secondaire dans le contexte d'une stratégie d'appren­tissage amélioré - se heurtent au scepticisme et à l'apathie de toutes les bureaucraties, aussi bien d'État que syndicales. Quand ce n'est pas aux technophobes dogmatiques, qui refusent d'admettre que les technologies de l'information ne sont pas seulement une mode... mais une révolution !

La génération piton a besoin d'une école à sa mesure. Les enfants de milieux aisés qui ont accès à un ordinateur à la maison voient de plus en plus tôt les limites des connais­sances de leurs enseignants. Pour s'adapter à ce change­ment, l'école devra revoir toutes ses méthodes et sa structure même. Le défi est particulièrement grand dans les milieux défavorisés.

Dans ces endroits où à peine un garçon québécois sur neuf obtient son diplôme d'études secondaires, les nouvelles tech­nologies pourraient être un puissant outil de lutte contre le décrochage ! Un jeune qui en arrache en français et en histoire peut s'avérer un crack en informatique si on lui met un ordinateur entre les mains. Le logiciel de correction qu'il utilisera lui entrera même dans le crâne quelques règles d'orthographe. Et ce logiciel ne s'impatientera jamais - contrairement au prof -, même s'il doit corriger cent fois la même faute. Pour le prix d'un ordi, toute la société gagnera un citoyen instruit !

La vague technologique est puissante. D'ici quelques années, elle aura tellement transformé une génération que les élèves pourraient ne plus trouver intéressantes ni l'école privée ni l'école publique. Charlemagne, ce roi franc qui a créé une école adaptée à son époque, aurait-il imaginé une école différente s'il avait vécu à l'ère d'Internet ? Y a-t-il dans la salle un Charlemagne de notre temps ?

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Commentaires (5)

Encore une fois, Carole

Encore une fois, Carole Beaulieu fait preuve d'une navrante naìveté. Après l'annexion d'haiti, voici maintenant que , selon elle, les portables vont révolutionner le monde du savoir. Comment peut-on croire un seul instant que seul ce qui provient d'un écran stimule la jeunesse, surtout celle de milieu défavorisé? Après 23 ans d'enseignement à des ados en difficulté, j'affirme que ce qui stimule le plus l'intérêt des élèves, c'est encore l'interaction et la passion transmise par le prof. L'internet est certes un outil de taille qu'il faut utilisé, quoique l'information véhiculée doit¨être traitée avec circonspection mais ce nouveau mode de transmision , bien que révolutionnaire, ne peut à lui seul régler tous les maux du milieu scolaire. Je propose quelques pistes: valorisation de l'être plutôt que de l'avoir, engagement des parents, respect envers les enseignants, que dis-je! voila de bonnes vieilles valeurs qui ont traversées les époques.

Oui.... Sans être en mesure

Oui....
Sans être en mesure de dire exactement la destination de tout cela, je peux vous confirmer que les jeunes ont beaucoup plus d'intérêts dans des environnements de type "Elearning"
http://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage_en_ligne
http://en.wikipedia.org/wiki/E-Learning

Je suis dans un monde technique, pour imager ma position:

Quand je vois des cours se donner où il est demandé de faire du dessin sur une feuille et du papier avec une table à dessin alors que les jeunes ont un accès à une console portative ( ipod et autre) avec des graphiques dynamiques en 3 dimensions et interactifs, je me rend compte que le monde de l'enseignement est complétement déconnecté de la réalité technologique dans lequel les jeunes de demain vont vivre.

Ce n'est pas l'ordinateur (l'objet) qu'il faut regardé, une fois passer cette étape, vous verrez l'ordinateur comme le support. L'odinateur comme du contenu. Comme on le fait avec le livre ce qui intéresse dans un livre ce n'est pas l'objet( à part pour quelques exceptions), c'est le support ( même s'il est statique), c'est le contenu.

Et comme bien des choses, si il n'y as pas un être humain derrière pour lui donner vie et passion tout comme un livre cela reste une chose inerte.

Évoluer ou périrIl

Évoluer ou périr

Il m'apparaît évident que notre système scolaire devra s'adapter rapidement aux nouvelles technologies, principalement à celles apportées par l'Internet.

J'ai 63 ans et je ne voudrais certainement pas revenir à l'époque d'avant Internet que je trouve, personnellement, la plus grande invention depuis l'avènement de l'imprimerie.

Je comprends très bien que les jeunes d'aujourd'hui trouvent ça bien " plate " l'école avec des livres traditionnels alors qu'on peut trouver tout sur Internet, téléchargeable au format PDF, par exemple, et à bien moindre coût.

Qu'attend le Ministère de l'éducation pour rendre disponibles tous les manuels scolaires en version téléchargeable à partir de l'Internet ?

En plus de protéger l'environnement, avec moins de consommation de papier, les coûts et la manutention seraient grandement réduits, au grand plaisir des parents, tout en motivant les étudiants qui pourraient les lire soit sur leur portable soit sur leur iPod Touch ou tout autre appareil électronique approprié.

Lorsqu'on regarde la plupart des écoles, elles sont encore au Moyen-Âge. Pas surprenant que plusieurs étudiants décrochent lorsqu'ils constatent la dycothomie entre l'école et les appareils sur lesquels ils peuvent évoluer, apprendre ou s'amuser hors de l'école.

De plus, l'Internet permet des conférences et réunions à distance, ce qui réduit la pollution, les déplacements inutiles et les pertes de temps.

Si l'État québécois ne s'adapte pas rapidement, on verra de plus en plus de nos meilleurs cerveaux s'expatrier, principalement en Californie, où tous les espoirs sont permis en ce domaine.

Il s'agit d'avoir la volonté politique pour y arriver.

Nous ne sommes pas aux USA,

Nous ne sommes pas aux USA, ici !

Ce qui fait peur au Ministère de l'Éducation du Québec ce sont des jeunes bien informés.

Il n'y a plus cette différence entre aisés et non aisés, car un excellent oridinateur (1,000 mgz avec écran 17 po) se trouve à 80$ maintenant. Avec ça on a accès au savoir et à la communication avec le monde entier.

Si les profs et l'école n'étaient pas le problème, ils ne se référeraient pas autant à l'absence des parents. Ils feraient leur travail d'instituteur.

Les profs n'ont pas plus de pouvoir que les élèves. Ils sont assujettis aux pédagogues qui eux le sont aux bureaucrates du MELS (ministère de la melasse) qui ont pour fonction de perpétuer les dogmes du système.

Pas un, mais deux billets

Pas un, mais deux billets intéressants à partager pour alimenter cette réflexion: http://j.mp/2gC0z6
et l'incontournable http://j.mp/2p2x4p .

Mme Beaulieu, je vous les dédie, espérant que vous puissiez y trouver appui quand on vous croit naïve...

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