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Bye-bye palmarès


22 Octobre 2010

Ce numéro du 15 novembre 2010 ne contient pas de classement des écoles secondaires du Québec. Pas plus que celui de 2011 n’en contiendra. L’aventure commencée en octobre 2000 est terminée.

L'édito de Carole Beaulieu : Bye-bye palmarès
Photo : Jacques Nadeau

Désormais, le ministère de l'Éducation du Québec ne fait plus subir aux élèves qui termi­nent leur secondaire que deux épreuves uniformes, l'une de français, l'autre d'anglais. Faute de données nationales comparables sur les quatre matières jusqu'ici évaluées (mathématiques, physique, français et anglais), une étude sérieuse de la performance des écoles secondaires du Québec n'est plus possible. À seulement deux variables, la démarche, aussi intéressante soit-elle, n'a plus autant de poids.

Nous aurions pu faire un dernier classement, basé sur des données vieilles de deux ans. Nous avons choisi de ne pas le faire. Il faut savoir admettre qu'une formule a atteint ses limites pour ce qui est de contribuer au bien public.

Depuis 2000, le Bulletin des écoles que produisait l'Institut économique de Montréal (avec ou sans l'Institut Fraser, selon les années) permettait aux Québécois de toutes les régions de discuter chaque automne des méthodes adoptées par un établissement ou un autre, public ou privé, pour diplômer le plus grand nombre d'élèves, faire mieux réussir les garçons, lutter contre le décrochage...

Grâce au palmarès, l'éducation faisait tous les automnes l'objet d'un grand rendez-vous médiatique. Des directeurs d'école étaient devenus des habitués des plateaux de télévision. On débattait enfin, à heure de grande écoute, d'une question vitale pour notre avenir collectif : la capacité des écoles du Québec de remplir leur mission, soit donner aux enfants les outils dont ils ont besoin pour construire leur vie et contribuer à la société.

En public, des enseignants nous fustigeaient, nous accusant de décourager des jeunes et de contribuer à vider le secteur public de ses meilleurs élèves au profit des écoles privées.

En privé, souvent, ils nous félicitaient d'avoir secoué l'apathie du milieu. Le palmarès défiait le nivellement par le bas qui s'était installé dans certains établissements du Québec, bousculait l'indifférence de certaines administrations scolaires.

Des parents, dans tous les coins du Québec, ont découvert parfois que l'établissement privé qu'ils payaient au prix fort ne faisait pas de miracles, ou encore que l'école publique de leur quartier bien nanti diplômait moins d'élèves qu'une autre d'un quartier pauvre voisin ! Le débat qui s'en est suivi a été houleux, mais riche d'actions concrètes dans bien des milieux.

En attendant de trouver d'autres moyens d'évaluer la performance des écoles secondaires, L'actualité tourne aujourd'hui son regard vers le monde universitaire, qui a bien besoin d'un coup de pouce.

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