L’enjeu qui devrait faire descendre dans la rue tous les jeunes du Québec n’est pas l’environnement ou les droits de scolarité. Mais les régimes de retraite !

Malheureusement, les chiffres des actuaires sont bien peu sexy quand on a 20 ou 25 ans. Et ce silence des jeunes - et de ceux qui devraient être leurs alliés - permet aux partis politiques de se mettre la tête dans le sable ! Qui organisera une manif en faveur de la hausse de l'âge de la retraite ?
Quel parti politique osera heurter la génération la plus nombreuse et la plus active aux urnes, celle des baby-boomers ? Cette génération si prompte à rêver de la retraite à 55 ans, alors que son espérance de vie dépasse maintenant 81 ans pour les hommes, 85 pour les femmes ?
La semaine dernière, dans la salle d'eXcentris, à Montréal, où se tenait un colloque sur l'avenir des régimes de retraite organisé par le Fonds de solidarité FTQ avec l'Institut du Nouveau Monde, on saisissait bien le côté explosif du sujet en entendant les remous causés par le propos de Claude Lamoureux, ex-président du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario. Dans cette salle à majorité remplie de têtes blanches, la pilule passait mal.
Mais commençons par rappeler les chiffres.
Si rien ne change dans les régimes actuels, dit Claude Lamoureux, ce sont 40 % de leurs revenus que les jeunes devront mettre de côté toute leur vie s'ils veulent être assurés de bénéficier, à la retraite, d'une rente équivalant à 60 % de ceux-ci (si on considère que le rendement des obligations du Canada est de 1,46 % sur 30 ans). J'ai bien écrit 40 % d'épargne !
Le vieillissement de la population, l'allongement de l'espérance de vie, la faible rentabilité des marchés boursiers, tout cela contribue à alourdir le fardeau qui pèse sur la jeune génération.
On comprend mieux en prenant un exemple. En 1970, en Ontario, pour chaque enseignant retraité, 10 enseignants actifs cotisaient à la caisse de retraite. Chaque travailleur y versait 5 % de son salaire. En 1990, il ne restait plus que quatre enseignants actifs par retraité. En 2010, il n'en restait plus que un et demi... Et la cotisation obligatoire était de 11 %. Si rien ne change, elle pourrait bientôt atteindre 15 %.





