Société

/ L'édito de Carole Beaulieu »

Chassons les autruches !


25 Février 2011

L’enjeu qui devrait faire descendre dans la rue tous les jeunes du Québec n’est pas l’environnement ou les droits de scolarité. Mais les régimes de retraite !

L'édito de Carole Beaulieu : Chassons les autruches !
Ill. : Alain Pilon

Malheureusement, les chiffres des actuaires sont bien peu sexy quand on a 20 ou 25 ans. Et ce silence des jeunes - et de ceux qui devraient être leurs alliés - permet aux partis politiques de se mettre la tête dans le sable ! Qui organisera une manif en faveur de la hausse de l'âge de la retraite ?

Quel parti politique osera heurter la génération la plus nombreuse et la plus active aux urnes, celle des baby-boomers ? Cette génération si prompte à rêver de la retraite à 55 ans, alors que son espérance de vie dépasse maintenant 81 ans pour les hommes, 85 pour les femmes ?

La semaine dernière, dans la salle d'eXcentris, à Mont­réal, où se tenait un colloque sur l'avenir des régimes de retraite organisé par le Fonds de solidarité FTQ avec l'Institut du Nouveau Monde, on saisissait bien le côté explosif du sujet en entendant les remous causés par le propos de Claude Lamoureux, ex-président du Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario. Dans cette salle à majorité remplie de têtes blanches, la pilule passait mal.

Mais commençons par rappeler les chiffres.

Si rien ne change dans les régimes actuels, dit Claude Lamoureux, ce sont 40 % de leurs revenus que les jeunes devront mettre de côté toute leur vie s'ils veulent être assurés de bénéficier, à la retraite, d'une rente équivalant à 60 % de ceux-ci (si on considère que le rendement des obligations du Canada est de 1,46 % sur 30 ans). J'ai bien écrit 40 % d'épargne !

Le vieillissement de la population, l'allongement de l'espé­rance de vie, la faible rentabilité des marchés boursiers, tout cela contribue à alourdir le fardeau qui pèse sur la jeune génération.

On comprend mieux en prenant un exemple. En 1970, en Ontario, pour chaque enseignant retraité, 10 enseignants actifs cotisaient à la caisse de retraite. Chaque travailleur y versait 5 % de son salaire. En 1990, il ne restait plus que quatre enseignants actifs par retraité. En 2010, il n'en restait plus que un et demi... Et la cotisation obligatoire était de 11 %. Si rien ne change, elle pourrait bientôt atteindre 15 %.

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 4.6 (5 votes)

Commentaires (2)

Bonjour, d'accord avec vous,

Bonjour, d'accord avec vous, avec l' espérance de vie qui augmente tout le temps, l' age de la retraite va devoir suivre, sinon nous allons droit dans le mur. Le gouvernement doit prendre les décisions qui s' impose même si elles sont impopulaire. Juste à penser au policier qui ont droit de retraite avant 50 ans, 25 ans de participation, ils vont en profiter entre 30 et 40 ans ,qui pensez-vous leurs paient cette retraite doré, nous les contribuables.Ils vivraient probablement à peine une quinzaine d'années avec ce qu'ils ont investi en participation. Il y a plein de cas comme ça , d'ailleurs les municipalité commencent déjà à voir le mur avec les faramineux fond de pension qu'ils ont accordées leurs employés et c'est pas fini, le pire est à venir.

Deux arguments avec lesquels

Deux arguments avec lesquels je suis en désaccord !!!!
1 - Repousser la retraite au délà de 65 ans ! Pour qui?
Pour ceux qui travaillent dûr dans PME (~80% d'entreprises au Canada), épuisés par la lourdeur , souvent physique de leur tâches ? Pour ceux pour lesquels chaque année de travail de plus serait un calvaire ?
Commençons à généraliser l'âge de la retraite pour faire côtiser au régime ceux qui prennent leur retraite douillette beaucoup plus avant et dont les professions ne justifient pas ce privilège !
2 - Quelle injustice serait-ce de ne pas indexer automatiquement les pensions !
Pour avoir une telle idée Il faut être de l'autre côté de la barricade, du côté où cette pension constitue peut-être un supplément aux autres revenus de retraite.
Ce serait inhumain pour ceux dont les salaires suffisaient à peine de soubvenir au besoin de leur famille, dont la vieillesse repose sur un seul revenu.
Le problème est très complexe. Il faut le traiter honnêtement et sans partisanerie.

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage