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/ L'édito de Carole Beaulieu »

Manifeste d’une salope

5 Novembre 2009

Une majorité de Québécois disent aujourd’hui vouloir que l’État ferme les portes des centaines de milliers d’emplois de la fonction publique à des Québécois qui porteraient « des signes religieux ostentatoires ». Cela me semble révéler un manque de confiance envers la capacité de la société québécoise de faire triompher ses valeurs autrement que par l’exclusion, dit Carole Beaulieu.

Il fut un temps où des féministes québécoises revendiquaient des cours de finances ou de mécanique automobile réservés aux femmes. Ça s'appelait de l'empowerment. La théorie disait que, si les femmes pouvaient se familiariser entre elles à des tâches considérées jusque-là comme masculines, elles seraient plus confiantes en leurs capacités.

C'était il y a 30 ou 40 ans. Les Québécoises marchaient bras dessus, bras dessous vers l'égalité, apprenant à manier la scie, le vilebrequin et les taux d'intérêt. Hydro-Québec offrait des cours exclusivement destinés aux femmes qui souhaitaient devenir «monteuses de lignes», un emploi fort bien rémunéré. Les accommodements fondés sur la libération des femmes étaient acceptables.

Aujourd'hui, au nom de l'égalité des sexes, des féministes refusent que l'État québécois permette à une femme de choisir le jour de son examen de conduite de façon à le subir avec une monitrice plutôt qu'un moniteur.

Allez comprendre la logique !

Tant pis pour la jeune femme issue d'un milieu religieux conservateur ou intégriste (catholique, juif, musulman ou sikh) qui a convaincu de peine et de misère son père ou son mari qu'il est « bon pour la famille » qu'elle apprenne à conduire. L'égalité « est un principe », disent aujourd'hui des féministes. Fini le bon vieux temps de l'empowerment.

Et puis, disent les opposants aux accommodements, l'État est laïque.

Mais oui, justement! L'État est laïque. Et donc tenu de rendre des services à tous les citoyens, peu importe leur race, leurs habits ou leurs croyances religieuses, tant et aussi longtemps que cela ne lui imposera pas un fardeau déraisonnable. Permettre à une infirmière de porter le niqab serait déraisonnable : cette femme, dont on ne verrait que les yeux, ne pourrait remplir ses fonctions de soignante dans notre société. Par contre, une juive orthodoxe mariée portant une perruque, afin de cacher sa tête rasée, peut très bien être éducatrice dans une garderie.

Si les demandes pour les monitrices de conduite devenaient importantes au point de menacer les emplois des hommes... l'État devrait agir pour protéger l'égalité. Mais on sait que ce ne sera pas demain la veille.

Comprenons-nous bien : le foulard des musulmanes comme la perruque des juives orthodoxes sont des signes de soumission à Dieu et aux hommes. Je ne les approuve pas personnellement. Mais l'égalité est un droit. Pas une obligation. On peut choisir de ne pas vouloir exercer un droit.

L'État doit-il pour autant enfermer ces femmes encore plus que ne le font déjà leur tradition, leur famille ou leur religion ?

Une majorité de Québécois disent aujourd'hui vouloir que l'État ferme les portes des centaines de milliers d'emplois de la fonction publique à des Québécois - souvent des femmes, mais pas seulement - qui porteraient « des signes religieux ostentatoires ». Cela me semble révéler un manque de confiance envers la capacité de la société québécoise de faire triompher ses valeurs autrement que par l'exclusion...

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Commentaires (18)

«Cela me semble révéler un

«Cela me semble révéler un manque de confiance envers la capacité de la société québécoise de faire triompher ses valeurs autrement que par l'exclusion»

Parce qu`'à moins de 50% sur la grande ile, vous pensez qu'on a le gros bout du bâton? Qu'on va gagner par la conviction? Ca fait 40 ans que le PQ radonne la même chose! Le vote ethnique est toujours à 8%...

Effectivement vous êtes terriblement naive. Je suis allé à Montréal cet été pour la première fois depuis 8 ans je crois. Je n'en suis pas revenu! Des femmes voilées partout sur la Catherine qui se promènent dans l'indifférence totale des Montréalais comme si on était à La Mecque! Et l'anglais triomphant partout au centre-ville.

Maintenant faites une projection sur 20 ans pis vous allez voir que Marseille c'est pour bientot....

J'habite à Marseille. Vous

J'habite à Marseille. Vous devriez venir y faire un tour. Ah certes ce n'est pas rempli de blancs français de souche catholiques, vous risquez d'entendre parler arabe, arménien ou vietnamien ici ou là. Pourtant dans un pays, la France, beaucoup plus "intégriste" en terme de laïcité et moins tolérant envers les immigrants que le Québec, Marseille va plutôt bien, à l'abri des "crises des banlieues" des autres villes françaises.

Il faut connaître l'histoire

Il faut connaître l'histoire des religions pour comprendre que quel que soit les accomodements accordés à ces fanatiques,ce ne sera jamais assez.Je vous touve,madame Beaulieu d'une naïvité sans fond.La laïcité n'est ni négociable,ni diluable.si nous sommes fermes,nous seront respectés,si nous sommes faibles et hésitants dans nos arguments,c'en sera fini de nos belles valeurs et principes;Et bonjour les rabins,mollahs,curés et autres possesseurs de vérités invérifiables et vaporeuses.

Mme Beaulieu, dès le départ

Mme Beaulieu, dès le départ de votre texte vous faites une proposition qui est fausse. L' État laïque ne ferme ses portes à personne, c'est la personne qui porte un signe religieux qui se ferme les portes de l'État laïque.

Ce n'est pas une question de raisonnement pratique, mais une de respect. L'État est une institution comme le sont les églises et les mosquées. Comme on enlève son chapeau dans une église et ses souliers dans une mosquée, par respect , on enlève son signe religieux lorsqu'on s'apprête à représenter un État laïque.

De même qu'un employé de l'État laïque doit respecter les lois de cet l'État dans ses jugements et non par les lois de son institution religieuse. C'est une question de respect et de loyauté envers l'institution nationale.

La Charte québécoise des

La Charte québécoise des droits et libertés de la personne prévoit qu'on peut imposer des limites aux libertés. C'est ainsi que la loi impose un devoir de réserve aux employés de l'État, et donc une limite à la liberté d'expression. Il ne serait pas exagéré d'étendre cette limitation à la liberté religieuse pour les employés des services publics. Car travailler dans les services publics n'est pas un droit, mais un privilège. Et la Cour suprême vient d'ailleurs de concéder le droit pour l'État de limiter la liberté religieuse pour le bien commun.
Les symboles sont des discours et les symboles religieux ostentatoires sont des discours religieux. Pourquoi un citoyen qui a droit à des services publics devrait-il subir le discours religieux de la personne en charge de lui fournir un service? L'État doit être neutre et on ne peut détacher celles et ceux qui rendent des services au nom de l'État de ce devoir de neutralité.
Est-ce que nous voulons vraiment que nos enfants apprennent de leur enseignante voilée qu'une femme doit se couvrir la tête quand elle sort de sa maison ? Les tribunaux ont statué que le crucifix sur un mur de classe était une atteinte sérieuse à leur liberté de conscience car ils sont prisonniers de la classe et facilement impressionnables. Alors que dire de l'enseignante voilée, figure d'autorité et qui, contrairement au crucifix, restera visible et signifiante toute l'année?

L'appui aux signes religieux ostentatoires semble présumer qu'il n'y a que le foulard islamique qui soit en cause. On oublie bien sûr le poignard et le turban sikhs parmi les signes ostentatoires bien connus. Mais qui pourra empêcher que des militant-es catholiques, dans les hôpitaux, les écoles, les bureaux gouvernementaux, décident de porter un macaron clamant que «L'avortement est un crime», ou que «L'homosexualité est une abomination»? Si on permet à certaines confessions de s'afficher, il faut le permettre à toutes.

Est-ce vraiment cela que nous souhaitons comme citoyens?

Une femme demande à voir UNE

Une femme demande à voir UNE gynécologue, UNE psychologue ou UNE femme médecin du secteur public. Ou demande à voir une personne qu'elle connait par son nom et, malheur!, elles sont du même sexe!

On peut dire oui si elle est Québécoise, blanche, de tradition judéo-chrétienne ou se disant laïque/athée/théiste sans religion/agnostique. C'est normal, elle a le droit, c'est une femme et elle veut pouvoir parler à une femme de problèmes de femmes.

Si elle est Musulmane ou Juive hassidique, on pourra lui dira: "Icitte, tu es venu vivre chez les nationalistes franco-québécois. Tu prends ce qui passe, même si c'est un homme, ou tu quittes mon bel État ethno-linguistiquo-centriste!"

Un homme veut pouvoir consulter UN HOMME urologue ou psychologue. Bref, si possible, choisir son clinicien. OK pour le franco-québécois faisant parti de la tyrannie majoritaire, non à celui différent de la majorité.

Pour la SAAQ, désolé, mais si le marché de l'assurance automobile et de l'évaluation des compétences sur la route étaient libéralisés, quelqu'un pourrait bien passer son examen de conduite en français, en anglais, en espagnol, en italien, en arabe ou en mandarin, avec une femme ou un homme, je suis certain que des entreprises seraient près à offrir le service à des niches particulières de personnes... en plus de probablement éliminer les fils d'attente parfois interminables à la SAAQ!

Même chose si les gens avaient le choix de leurs hôpitaux, privés ou publics.

Dans tout ce débat, on parle

Dans tout ce débat, on parle amplement du droit à l'égalité des femmes et des droits des minorités religieuses, mais on tait commodement les droits des minorités sexuelles.
Le Gouvernement du Québec doit accoucher après cinq ans cet automne d'un Plan de lutte à l'homopĥobie qui s'appliquera à l'ensemble de l'action gouvernementale. Peut-on m'expliquer comment on pourra lutter contre l'homophobie tout en embauchant des intégristes religieux qui font passer leurs convictions religieuses avant leur devoir de servir les citoyens sans discrimination?
Les enseignantes voilées ou les enseignants portant collet romain pourront-ils enseigner de façon crédible le respect de la diversité sexuelle à des élèves qui apprendront dans leur cours d'éthique religieuse que leurs religions condamnent l'homosexualité et la bisexualité?
Et ces immigrants qui s'installent ici parce que persécutés à cause de leur orientation sexuelle dans leur pays d'origine, seront-ils à l'aise de se confier à des fonctionnaires affichant leurs convictions catholiques, musulmanes ou autres?
Si Mme Beaulieu faisait partie de ces minorités dont l'existence est condamnée par la Bible, la Torah et le Coran, elle verrait probablement d'un autre oeil le fonctionnaire incapable de faire passer ses convictions religieuses après son devoir de réserve!
Devrions-nous aussi permettre aux disciples de la Westboro Baptist Church d'afficher leurs croyances... cette secte qui croit que le jeune Matthew Sheppard assassiné par deux homophobes n'a eu que 'ce qu'il méritait'?
C'est bien joli de se soucier de l'émancipation économique des femmes des minorités intégristes qui leur permettrait éventuellement de s'émanciper de leurs maris, mais peut-on penser à nos minorités sexuelles qui doivent quotidiennement subir les discours homophobes haineux sous le couvert de la liberté de religion?
Ce ne sont pas les intégristes qui luttent pour leurs droits sur cette planète; leurs droits sont garantis par toutes les Chartes, du Québec à l'ONU en passant par le Canada. On ne peut pas en dire autant des minorités sexuelles qui peuvent compter sur les doigts de leurs mains les pays où elles ont des droits égaux , et surtout pas à l'ONU qui compte 80 États membres, à grande majorité islamiques, où l'homosexualité est toujours un crime, puni dans certains États de la peine de mort.
Un juste équilibre des droits n'impose-t-il pas que ces croyances véhiculant l'homophobie n'aient pas leur place dans nos services publics?

Les islamistes ne seront

Les islamistes ne seront satisfaient que quand les mosquées appeleront a la conversion 5 fois par jour, que la charia sera la loi du pays et que les chrétiens payeront aux musulmans la "taxe de soumission".

Vous n'êtes pas une salope

Vous n'êtes pas une salope seulement un peu dhimmi sur les bords.
Dans beaucoup de pays d'ailleur une femme qui ne porte pas le voile qu'on veux lui faire porté de force est considérée justement comme une salope ce qui donne droit à ces messieurs de la violée et ensuite de la tuée parce qu'elle a ruiné l'honneur machiste et patriarcal de la famille. Et pas juste dans les pays à majorité Musulmane mais aussi dans des pays comme l'Australie ... Pays bas , Danemark ETC etC
voir le lien suivant:

http://femmelibre.over-blog.com/article-4335927.html

@MathieuJ'ai jamais vu de

@Mathieu

J'ai jamais vu de femme urologue. Il ne doit pas en avoir beaucoup au Québec
Quant aux psy, on peut choisir son sexe dans le privée mais pas dans le public. Tu prends le sexe qu'on t'offre

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