Le projet de loi no 79, dont l’étude débutera le 12 mai en commission parlementaire, ne satisfait personne. Il suffit de lire le mémoire de Rouyn-Noranda, ville minière s’il en est, pour comprendre l’intensité de la révolte qui gronde.

Les municipalités ne veulent plus que l'État provincial s'arroge le droit de décider seul qui exploitera leur sous-sol et dans quelles conditions. Elles désirent que les entreprises soient forcées de négocier avec les autorités locales.
Quelque 49 mémoires avaient déjà été déposés fin avril devant la commission. Une trentaine d'autres groupes avaient l'intention d'en présenter. Partis d'opposition, organisations écologistes, compagnies minières, associations de santé publique... la commission fera salle comble.
Personne n'est contre l'exploitation du minerai. Pas fous, les Québécois. Ils savent que bien des merveilles du monde moderne - voitures hybrides, téléphones cellulaires, fibre optique, éoliennes, piles rechargeables - sont fabriquées avec ces métaux qui dorment sous leurs pieds : nickel, zinc, niobium, tantale...
Mais le projet de loi ne va pas assez loin pour assurer une industrie rentable, en même temps qu'un développement durable et surtout équitable pour tous les Québécois.
Au cœur de la discussion : « l'acceptabilité sociale ». En clair, les gens devraient avoir le droit de refuser de voir une mine ouvrir chez eux ! Une idée quasi révolutionnaire.
Il faut savoir que l'État provincial est propriétaire de la totalité du sous-sol du Québec : tout ce qui se trouve sous la surface, dès qu'on atteint la roche et sur les 35 km qui plongent vers les profondeurs ! Si l'État estime que vous devez sacrifier votre quiétude pour qu'on extraie de l'uranium sous votre chalet, vous devrez le faire. Peu importe que vous déteniez des droits dits « de surface ». C'est de ce régime qu'on discutera en mai.
Si elle est trop contraignante, la nouvelle loi étouffera l'exploration et limitera la création de richesses et d'emplois. Trop laxiste, elle nuira à l'environnement et partagera mal les profits de l'exploitation entre les régions et les prospecteurs.






