Le gouvernement Charest doit résister aux tactiques d’intimidation des médecins spécialistes. Avant de mettre une cerise de plus sur le gâteau des professionnels les plus choyés du réseau de la santé, l’État québécois doit répondre au besoin le plus pressant de la population : un médecin de famille pour chaque Québécois !

Le gouvernement doit améliorer la collaboration entre tous les professionnels du réseau, donner une plus grande place aux infirmières spécialisées, encourager les travailleurs qui agissent en première ligne. Bref, garder le cap sur ses promesses électorales !
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Les médecins spécialistes - la « deuxième ligne », comme on dit dans le jargon - sont bien rémunérés. Ce cycle de négociations n'est pas le leur. Et la guerre qu'ils mènent contre le gouvernement, à grand renfort de coûteuses publicités télévisées, leur vaudra une image déplorable d'enfants gâtés avides et égoïstes. Quels travailleurs peuvent, comme eux, se vanter d'avoir un trésor de guerre de 40 millions pour faire connaître leurs revendications ?
Les « menaces » - exode des médecins, listes d'attente - qu'agite le président de leur fédération, Gaétan Barrette, sont des Bonhomme Sept-Heures d'un autre âge, qu'on ne doit pas craindre en 2010.
Les listes d'attente ont été résorbées. Au Québec, un patient est traité pour un cancer en moins de quatre semaines. Dans presque toutes les spécialités, 93 % des malades sont pris en charge en moins de six mois.
L'exode, réel il y a cinq ou six ans, est aujourd'hui un mythe. À peine six médecins ont quitté le Québec l'an dernier pour d'autres provinces canadiennes. Plus de médecins « d'ailleurs » viennent aujourd'hui au Québec que ne partent de médecins québécois. La mauvaise situation économique aux États-Unis n'est pas de nature à encourager l'émigration chez le grand voisin. Le reste du Canada n'est pas si attirant que ça non plus, sauf pour des non-Québécois qui rentrent « chez eux » afin de pratiquer. (Les diplômés de McGill sont d'ailleurs la source principale des « migrations ». À peine un diplômé sur deux de McGill travaille au Québec, contre 95 % des diplômés de l'Université de Montréal.)
La rémunération n'est pas le seul facteur pris en compte par un médecin au moment de choisir son lieu de pratique. Sa famille, sa langue, son milieu comptent. La possibilité de conjuguer pratique et recherche est importante, surtout chez les spécialistes. En ce domaine, le Québec fait partie du peloton de tête au Canada. Bien des spécialistes le reconnaissent, en privé, quand ils ne craignent pas de nuire à la croisade que mène leur président.
Le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Gaétan Barrette, détient un pouvoir important : l'argent. Ce n'est pas le gouvernement québécois qui décide de la façon dont l'enveloppe salariale des 35 associations de spécialistes est distribuée. C'est leur « syndicat », la FMSQ, et son habile président.






