Société

/ L'édito de Carole Beaulieu »

What does Canada want ?


11 Mars 2011

Des Albertains qui paient deux fois et demie le prix des Québécois pour une année d’études universitaires grincent des dents quand ils pensent que leurs impôts servent, notamment, à verser des paiements de péréquation à des gens qui s’offrent des garderies à sept dollars et des études à moins de 2 500 dollars par année, tout en refusant, eux, d’exploiter leurs carburants fossiles.

Christy Clark (photo : D. Dyck / PC)

Je vous ai insulté ? Respirez. Vous risquez d'entendre ce genre de propos de plus en plus souvent. Une nouvelle génération de politiciens provinciaux arrive au pouvoir dans le reste du pays, des politiciens qui n'ont pas été forgés dans le creuset du référendum de 1995, alors que pour garder le Québec dans le giron canadien, on taisait bien des frustrations.

Ces nouveaux premiers ministres provinciaux affûtent leurs armes pour une toute nouvelle série de négociations fédérales-provinciales sur des dossiers explosifs, comme la santé et la péréquation. Des ententes viennent à échéance en 2014. Et ça va chauffer.

Le « modèle » québécois sera inévitablement montré du doigt par ces nouveaux élus provinciaux, dont les Qué­bécois ne savent rien ou presque. Des élus qui sont plutôt en faveur de la réduction de l'État.

De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, un changement générationnel majeur est en cours.

En Ontario, le libéral Dalton McGuinty affrontera en octobre 2011 un jeune loup conservateur de 43 ans, l'économiste Tim Hudak.

En Saskatchewan, le Sas­katchewan Party, de Brad Wall - qui a mis fin à 16 ans de gou­vernance néo-démocrate -, a beaucoup réduit les impôts et se présentera aux urnes cet automne sur la même lancée.

En Alberta, la chef d'un parti en plein essor - le Wildrose -, Danielle Smith, est une femme de 40 ans plus à droite que les conservateurs, qui gouvernent la province depuis 40 ans. Rendez-vous aux urnes en 2012 avec un nouveau chef conservateur qui n'a pas encore été élu. (Mais les candidats suscitent peu d'emballement.)

La Colombie-Britannique a depuis peu un nouveau premier ministre, la libérale Christy Clark, 45 ans, qui a pris la relève du démissionnaire Gordon Campbell et promet du changement. Le Nouveau-Brunswick a élu en 2010 un premier ministre conservateur, David Alward.

Bref, Jean Charest sera bientôt le dernier premier ministre de ce qu'on pourrait appeler « la vieille garde ». La pax canadiana vit peut-être ses derniers moments.

Partout au pays, les dépenses de santé augmentent deux fois plus vite que l'inflation. Les provinces ploient sous le fardeau et remettent en question le monopole public de la santé (Loi canadienne sur la santé). Si un gouvernement conservateur majoritaire prend le pouvoir au fédéral d'ici 2014 - année d'échéance de l'entente sur les transferts fédéraux en santé -, Ottawa pourrait donner le signal d'intro­duire plus de privé dans ce domaine.

Bookmark and Share

Évaluez cet article

Moyenne : 4.1 (17 votes)

Commentaires (13)

Fallait s'y en attendre... le

Fallait s'y en attendre... le Québec s'en va dans le mur. Soit qu'on deviennent un pays... pauvre. Soit qu'on devienne des canadiens comme les autres et qu'on laisse de côté le socialisme exagéré.

Parfait, le changement va

Parfait, le changement va finir par arrivé un jour, et on sera au Québec les derniers à s'en apercevoir. La veille garde, elle sera là pour longtemps au Québec, après J.Charest il y a encore P. Marois! Et ne pas oublier les Syndicats.

Ce que vous semblez ne pas

Ce que vous semblez ne pas voir Mme Beaulieu, c'est qu'il y a beaucoup de québécois,dont moi, qui partagent le point de vue de ces gens.

Pire. en vivant au Québéc, nous vivons en plus la frustratation de ne pas en avoir pour notre argent en plus ! Pire temps d'attente en urgence , pire taux de décrocheurs, etc.....

Voilà deux ans que je suis

Voilà deux ans que je suis "plus qu'inquiète" que les provinces riches nous coupent le BS (péréquation). Je ne peux m'imaginer comment le Quebec s'en sortirait avec ces milliards de dollars ($8.6M en 2011) manquants qui nous parvienent des provinces riches.

Ce serait un effet domino de désastres vers un déclin inimaginable. L'exodus qui existe aujourd'hui à cause des risques de séparation, le fait que les droits de la personne sont brimés en guise de protéger la langue, et la mal gérance de nos taxes feront que pas seulement les anglos et allos partiront du Québec, mais surtout des francophones fédéralistes.

Malheureusement, je prédirais que le pourcentage des séparatistes (eux qui ne sont pas très mobiles dû qu'ils sont monolingues) sera naturellement, plus élevé à cause de l'exodus qui s'accroîtera. Aprèsla tenue d'un référendum, les ethnies et l'argent seraient "enfin" presque tous disparus, tels les propos de M. Parizeau lors du dernier référendum.

A ce moment, le rêve des séparatistes pourrait être réalisé. Ce sera "Vive le Québec Libre" qui devra placer toutes ses énergies vers l'immigration si "coûteuse" des gens du Moyen Orient, de cetains pays de l'Afrique, de Haiti (parlant français) pour combler le déclin "majeur "de leur population...le déclin économique et morale ad finitum en suivra. La population sera mal équilibré avec de moins en moins de québecois d'origine. Des pures laines!

Ce ne sera pas un rêve finalement réalisé mais le commencement d'un cauchemar inimaginable. Dommage que les élus du peuple Québecois ne préviennent pas les répercutions de leur actions, leur abus du pouvoir et le manque de respect avec l'argent des autres..

J'adore mon Québec si mal foutu qu'il soit avec peu d',espoir qu'il se redresse, par contre, j'admet mon pessimisme, ma morosité et "surtout ma tristesse"!

‎Moi 2014, ça me va pour le

‎Moi 2014, ça me va pour le nouveau pays du Québec!!!.

En fait, le système de santé

En fait, le système de santé québécois - et canadien - introduit beaucoup plus de privé que beaucoup de systèmes européens, notamment. L'augmentation des coûts y est grandement liée, car le privé - et toutes les études le démontrent - coûte BEAUCOUP plus cher que le public.

La vérité, c'est que les libertariens et autres extrémistes de droite ont le vent dans les voiles parce qu'on n'a plus le courage d'imposer adéquatement les hautes fortunes et de se sortir d'un libre-échange nous empêchant d'imposer les entreprises, qui font désormais du chantage et menacent de quitter.

Ça prend de la vision, mais il n'y a rien à attendre de la nation canadienne. La nation québécois doit agir par elle-même et proposer son propre modèle avec des initiatives courageuses et modernes, comme la gratuité scolaire, de nouveaux taux d'imposition, un sain protectionnisme, des hausses d'impôts pour les entreprises, des redevances élevées pour les minières, et une santé véritablement publique.

C'est drôle puisqu'en Europe,

C'est drôle puisqu'en Europe, je connais deux régions autonomistes (la Bavière et la Catalogne) qui, elles, ont en assez de la péréquation qu'eux paient pour financer les coûteux programmes sociaux et d'infrastructures des autres régions.

Situation inverse de celle du Québec donc.
Ici, je crois que bien des Québécois aiment bien ce système qui leur permet de cracher sur les plus productifs... tout en bénéficiant du fruit de leur labeur.

Le mouvement de François

Le mouvement de François Legault et les succès occassionels de l'ADQ montrent qu'il existe également de la place au Québec pour du nouveau.

Par ailleurs, je pense qu'au delà de la péréquation et des transferts, il s'est développé un certain respect entre les jeunes Canadiens anglais et Québécois qu'on n'entend pas parler dans les médias.

Encore le mythe de la

Encore le mythe de la péréquation.

Quelles sont maintenant ces provinces riches qui font vivre les provinces pauvres du Canada?

Il semblerait que même l'Ontario reçoit maintenant de la péréquation.

Alors provinces riches:
Est-ce l'Île du Prince-Edouard? Non.
Est-ce Terre-Neuve?, Non.
Est-ce la Nouvelle-Écosse?, Non.
Est-ce le Nouveau-Brunswick?, Non
Est-ce le Québec? Assurément pas avec tout ce que l'on véhicule à son sujet!
Est-ce l'Ontario? Il ne semblerait plus non plus!
Est-ce le Manitoba? Non
Est-ce la Sasckatewan? Je ne croirais pas qu'avec à peine plus d'un million d'habitant, ils réussissent à subventionner une partie de toutes celles énumérées ci-dessus. (même avec leur potasse et sables bitumineux)
Est-ce l'Alberta? Il semblerait que Oui et qu'à elle seule elle subventionne le train de vie d'au moins 7 provinces et 3 territoires (ils devraient donc songer à faire l'indépendance et devenir une principauté conservatrice ou le libre marché n'aurait aucun obstacle et où l'industrie pourrait s'auto-réglementer afin d'arriver à ses fins!!!
Est-ce la Colombie-Britannique? Probablement pas plus que la Saskatchewan.

Donc, il y aurait deux provinces auto-suffisantes (Saskatchewan et Colombie-Britannique) et une province qui expédie en chèque d'aide sociale aux 7 autres provinces et 3 territoires nécessiteux???

Ça tient pas debout!

Vive l'Alberta riche et libre!!!

Voici un commentaire modifié

Voici un commentaire modifié que j'ai déjà écrit pour le blogue "Les analystes" :

La péréquation est avant-tout un programme dont le but ultime est de faire en sorte que la plupart des programmes provinciaux offrent des services équivalents dans chaque province du Canada, ce qui est louable. Cependant, en 2007, M. Harper a décidé de régler le déséquilibre fiscal en pleine campagne électorale provinciale pour aider à battre le PQ aux élections. Comment ? En augmentant les transferts aux provinces grâce à la péréquation. Ainsi, ce programme se retrouve maintenant à devoir atteindre deux buts : aider les provinces pauvres et régler le déséquilibre fiscal.

Déjà à l’époque, le PQ a dénoncé la manœuvre lorsque M. Harper a indiqué que cela serait réglé par une augmentation des transferts aux provinces. Pourquoi cela même si le Québec recevrait plus d'argent ? En envoyant un chèque à chaque année au lieu de donner des points d’impôt (Ce qui serait un vrai règlement du déséquilibre « fiscal » !), le Québec se retrouve à la merci du fédéral. C’est son argent qu’il envoie et il impose ses conditions. C’est ce qu’on appelle la dépendance. La même que celle de quelqu’un sur l’aide social face au gouvernement ou de quelqu’un de très endetté face à sa banque si l'on peut soutenir la comparaison. Dans tous les cas, c’est un tiers qui impose les conditions d’obtention de l’argent et le montant du chèque.

Selon moi, il faut recentrer la mission de la péréquation sur sa mission d'aider les provinces pauvres : enlever le règlement du déséquilibre fiscal pour à la place donner des points d’impôt aux provinces. Enlever en entier le 8 milliards sans autre compensation (Des points d’impôt), comme le propose certaines personnes hors Québec, signifierait la fin du règlement du déséquilibre fiscal et qu’à chaque année, le Québec enverrait plus d’argent qu’il en reçoit au fédéral et donc, aux autres provinces.

Cependant, M. Harper a fixé une barre sans le vouloir en mettant en chiffre le déséquilibre fiscal alors que les libéraux fédéraux ne voulaient jamais reconnaître ce problème. Si le montant transféré au Québec augmente et si le Québec se sépare, il perdrait de l’argent d’Ottawa. À l’inverse, si le montant transféré diminue et que le Québec se sépare, il obtiendrait plus d’argent de lui-même. Je tiens à mentionner qu’à l’élection provinciale suivante, en 2008, les transferts de péréquation ont diminué de 1 milliard…

Envoyer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage