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Cette hypothèse dont je n’ai pas besoin

21 Août 2009

Extrait du livre Heureux sans Dieu, Des incroyants, athées et agnostiques, témoignent, sous la direction de Daniel Baril et Normand Baillargeon, publié avec l’aimable autorisation de VLB Éditeur.

Il y a deux questions, ou deux ordres de questions, dans la question de Dieu, ou d'un dieu, ou de dieux. D'abord, l'existence même d'une divinité, d'un « être » qui régirait à la fois le monde qui nous entoure et les humains qui habitent ce monde. Ensuite, les religions, ces systèmes élaborés par des humains et qui, d'une part, codifient leurs relations avec la ou les divinités de leur choix et, d'autre part, régissent à des degrés divers les sociétés qu'ils forment. Je m'attarderai sur le premier ordre de questions : l'existence d'une divinité, quelle que soit la religion qui la révère et qu'on pourrait donc, en quelque sorte, appeler une « divinité suprareligieuse ».

Je n'ai pas eu une éducation très religieuse. Je suis né et j'ai grandi dans une famille pas très riche, dans un petit village de l'est de la France. Enfant de l'école « publique, laïque, gratuite et obligatoire », j'ai quand même fréquenté, comme à peu près tous les enfants de mon âge et de mon univers, l'église de l'endroit. Nous allions au catéchisme. Nous y allions le jeudi, c'est-à-dire le jour où il n'y avait pas d'école. Et au presbytère, c'est-à-dire ailleurs qu'à l'école. Et cela jusqu'au moment où nous faisions, vers 11 ou 12 ans si ma mémoire est bonne, notre « communion solennelle ». Après, fréquenter l'église ou pas ne relevait plus vraiment du choix des parents, mais de la volonté des enfants. Je ne me rappelle pas y être souvent retourné, sauf pour des mariages et des enterrements. Car d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu énormément de difficulté à « croire ». Je comprenais mal ces « mystères » qu'on nous enseignait au catéchisme du jeudi, ces trinités, ces résurrections, ce fils qu'un père sacrifie, cette toute-puissance, cette bonté divine capable des pires colères et vengeances, ces péchés qu'il fallait confesser, ces étranges purgatoires et ces paradis non terrestres, ces prières par coeur. Je comprenais mal parce que je ne parvenais pas à « croire ». Je ne dirais pas que j'ai tout fait pour croire et que je me suis mis à genoux pendant des heures en attendant que cela m'arrive, comme le suggérait, je crois, un certain Blaise Pascal. Mais j'ai quand même un peu attendu, peut-être même vaguement espéré, qu'il en soit ainsi puisque je passais deux ou trois heures par semaine, durant l'année scolaire, au catéchisme et à l'église.

Il n'en fut rien. Je ne parvins pas à croire. La petite flamme ne me dansa jamais au-dessus de la tête. Et je ne m'en portai pas plus mal. Car Dieu était - et reste - pour moi une hypothèse dont je n'ai pas besoin, pour reprendre le mot de l'astronome Pierre-Simon Laplace, auteur d'une Mécanique céleste dont les premiers volumes ont été publiés à partir de 1799. Quand Laplace présente le fruit de ses recherches à Napoléon, celui-ci lui demande : « Où est Dieu dans tout cela ? » Et le scientifique de répondre : « Dieu est une hypothèse dont je n'ai pas eu besoin. » Autrement dit, pas besoin d'une divinité pour expliquer la nature et son fonctionnement, le mouvement des planètes et l'agencement des corps célestes.

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Commentaires (43)

Athées, agnostiques ou

Athées, agnostiques ou «croyants», n'avons-nous pas tous besoin à divers degrés de «béquilles» pour survivre?
N'est-ce pas Mark Twain qui disait ne pas craindre la mort, car il l'avait été des milliards d'années avant de naître et que cet état de fait ne lui avait causé aucun inconvénient?
Personnellement, je crois humblement sans trop me tromper que depuis le début de la grande loterie de l'aventure humaine, il y eut beaucoup plus de «défavorisés» par le sort que le contraire et qu'une seule et unique vie suffit amplement, fut-elle courte ou longue, sans avoir en plus à se raconter des histoires!

C'est quand même inimaginable

C'est quand même inimaginable que le cerveau d'un être qui me semble "intelligent" accordé par Dieu, puisse ainsi refuter toute appartenance à l'être suprême.

Il ya quand même espoir qu'à la toute fin , comme il le dit si bien, la vérité s'éclatera.

Je le souhaite vivement.....

Bonsoir CaroleSVP Délivrez

Bonsoir Carole
SVP Délivrez moi de mon ignorance et epargnez moi la damnation céleste et démontrez moi de grâce la certitude par vos explications éclairées que le DIEU existe.
La nuit comme réflexion ah non c'est trop peu, prenez votre temps.

Croire en dieu, en un dieu ou

Croire en dieu, en un dieu ou en plusieurs, quel beau rêve! Mais lequel choisir ? Celui d'Israêl ? Celui des premiers chrétiens ? Celui de l'inquisition ? Celui de l'Islam ? Celui de Luther ou du roi qui se fit pape Henry the VIII ? Celui de mon enfance qui nous interdisait tout ? Celui du prêtre polonais survivant des camps de la mort et qui m'apprit que le dieu de mon enfance existait en plusieurs formes, y compris dans les camps d'extermination ? Celui de mon grand-père maternel qui vendit sa grande maison pour faire des dons à l'Église afin de se faire pardonner ses péchés et qui est décédé pauvre ? Celui de mon gros curé de paroisse qui levait le nez sur les pauvres ouailles qui eux n'apréciaient pas le vin ? Celui de nos bedauds pédophiles, trois sur les quatre de mon enfance et dont personne ne voulait parler ? Celui du prêtre qui fait la tournée de vieux et des vieilles afin de recevoir les dons pour sa paroisse ? Celui du pardon ? Celui de la guerre contre les hérétiques ? Celui qui dit toujours : oui ? Celui qui dit toujours : Non ? Et on pourrait citer encore plus celui des anciens grecs ou des anciens égyptiens ? N'a-ton pas dit récemment que la religion des uns c'est, la mythologie des autres. Croire en dieu ou en des dieux, quel beau rêve ? Mais lequel ?

Tout à fait d'accord avec les

Tout à fait d'accord avec les propos de Louise Gendron. Ceux-ci me motivent à suivre davantage sa carrière de journaliste.

J'ai de trés vieux parents

J'ai de trés vieux parents (90+) qui vivent pleins de frayeurs en attendant la mort, Ils allument des cierges aux pieds d'une Sainte-Vierge de plâtre dans l'espoir de gagner une place de choix au ciel. Ça me fait de la peine.
Comme Louise Gendron, j'ai été pensionnaire au couvent et, avec mes yeux de petite fille grands ouverts, j'ai constaté combien ces "saintes" femmes manquanient de chaleur humaine.
J'ai perdu la foi trés tôt et je vis avec sérénité. Aprés ma mort, je survivrai dans l'esprit de mes enfants et mes cendres nourriront les racines d'un bel arbre.

Un immense plaisir de lire

Un immense plaisir de lire l'essai de madame Gendron ainsi que l'extrait de m. Villedieu.
La perspective athéiste y est présentée avec une justesse remarquable! Je cours dès demain me procurer ce livre!

Réflexion: Enfin une lecture dans l'Actualité qui me rejoigne parfaitement. J'espère que le peuple québecois poursuivra au cours des 30 prochaines années son processus de recul entrepris au cours des 30 dernières en regard à ce dogme religieux qui a contribué trop longtemps à le maintenir dans la pauvreté, l'ignorance et dans des états de culpabilité et de terreur permanents.
Ouf! Un vent de fraicheur!

Bonjour Nathalie.J'ai aussi

Bonjour Nathalie.
J'ai aussi grandi dans le bouillonnement qu'a introduit la révolution tranquille.
Tout comme toi, je suis heureux de voir la mise de côté raisonnée du catholicisme. Je continu de croire qu'il est bien de se libérer de nos fardeaux et de ceux qui nous les imposent.
Est-ce que notre réflexion doit s'arrêter et notre rejet doit-il inclure celui d'un possible créateur de toutes choses ? Personnellement, je ne crois pas qu'il faille jeter le bébé avec l'eau sale du bain. Selon moi, le processus de changement entrepris ne doit pas mettre de côté les nombreuses évidences (non religieuse) d'un créateur ordonné et merveilleux. Il est malheureux que la religion (par un ricochet pervers) cause encore un vent de fraîcheur !

Cette hypothèse dont je n'ai

Cette hypothèse dont je n'ai pas besoin...Pourquoi Dieu attaché à Ville. N'aurait-il pas lieu de modifier votre nom en "Vilematéraliste" pour correspondre à votre nature ?

Amusant. Vous me reppelez un

Amusant. Vous me reppelez un vieux souvenir : au lycée, où je n'étais pas le plus sage des pensionnaires, le "surgé" (pour surveillant général) m'appelait souvent Villediable.
YV

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