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La distance n’a plus d’importance


19 Octobre 2009

On peut déjà étudier à Sherbrooke, à Québec ou même en Alberta sans y mettre les pieds...

photo : Jean-François Lemire
photo : Jean-François Lemire

Assister à un cours universitaire donné à Québec tout en lavant sa vaisselle à Rimouski ? Pendant quatre mois, ce fut la routine de Stéphane Poirier. Cet étudiant de 22 ans a terminé son bac en informatique à l'Université Laval... depuis le domicile familial, à 310 km de là - en écoutant ses profs sur son ordinateur portable.

Rien à voir avec les cahiers de cours par correspondance d'antan ou le télé­enseignement statique des années 1970. « Contrairement à un cours magistral classique, on peut réécouter les cours en ligne et appuyer sur "pause" pour revoir un passage qu'on a mal compris. »

Le fait de ne jamais voir le prof et de n'avoir accès qu'à ses explications sonores et visuelles ne l'a pas gêné. « Les cours sont très vivants, dit-il. Les étudiants sont moins gênés et posent plus de questions qu'en classe - tant par micro que par courriel. »

C'est d'abord pour des questions financières que Stéphane a opté pour cette formation en ligne, qui lui a permis d'économiser les frais d'un logement à Québec et des allers-retours à Rimouski durant sa dernière session.

La formation à distance est l'un des éléments clés du développement des universités. En plus des étudiants universitaires « ordinaires », qui optent pour un ou deux cours en ligne par commodité, un effectif plus âgé, ayant souvent déjà un emploi, s'est ajouté, qui souhaite mieux concilier famille, travail et études. Selon de nombreux experts, notre monde en perpétuel changement rendra indispensable l'apprentissage permanent (lifelong learning), ce qui amènera une toute nouvelle population aux universités.

Les spécialistes - comme la Téluq, l'université à distance de l'UQAM (qui accapare plus de la moitié du marché québécois), ou encore l'Université d'Athabasca, en Alberta - ont vu leur effectif s'accroître ces dernières années. Ainsi, les inscriptions en formation à distance à la Téluq, à l'Université Laval et à l'Université de Montréal ont augmenté de 85 % de 1995 à 2008, passant de 33 999 à 62 814 (selon une étude du Comité de liaison interordres en formation à distance parue en mars dernier).

La concurrence est forte. La plupart des universités offrent désormais des cours en ligne, simultanément avec ceux in situ (formation synchrone) ou en différé (asynchrone), destinés à un effectif local, national et international.

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