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Le savoir pour tous


3 Septembre 2010

Il y a 50 ans, au Québec, l’école était un privilège réservé à une élite. La Révolution tranquille en a fait un droit pour tous. Comment relever les nouveaux défis de la démocratisation ? Les réponses d’un des piliers de ce virage historique.

Le savoir pour tous
Illustration : Gérard Dubois

50e anniversaire de la Révolution tranquille : des personnalités font le point...
(4e d'une série de 5)

 

Une immense révolution humaine est en cours depuis la Deuxième Guerre mondiale : pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, la scolarisation maximale de chaque génération devient un but et même une obligation en Occident. Le Québec ne fait pas exception. Et s'il reste encore du travail à faire, force est de constater que le coup de barre donné il y a 50 ans a véritablement jeté les bases d'une société démocratique moderne et égalitaire.

La commission Parent, créée en avril 1961 par le gouvernement de Jean Lesage, avait pour objectif de donner accès à l'ensei­gnement à tous et à tous les niveaux. Ce n'était plus un privilège, mais un droit. Cette nouvelle manière de voir venait clore des siècles, des millénaires même, pendant lesquels le savoir avait été réservé à un tout petit nombre. Ceux qui en profitaient ne le devaient pas nécessairement à leur talent, mais à leur naissance. Désormais, la démocratie se substituait à l'élitisme.

Au Québec, le chantier était colossal. Il fallait corriger de nombreuses inégalités : entre les garçons et les filles, celles-ci étant très désavantagées dans l'ancien système ; entre les régions ; entre les classes sociales ; entre les catholiques et les protestants ; entre les Canadiens français et les Canadiens anglais. Le Québec n'a pas été la première société à accomplir cette mutation, mais il est allé plus loin que la plupart des autres nations dans ses réformes, peut-être parce que le besoin d'un changement radical s'y faisait d'autant plus sentir qu'il partait de loin : les Canadiens français du Québec étaient les moins scolarisés de tous les Canadiens.

La mutation du système d'enseignement québécois

Comment imaginer aujourd'hui le Québec sans les cégeps ? Et sans l'Université du Québec ? D'un système d'enseignement fragmenté, sans passerelles entre ses différentes parties, nous sommes passés à un réseau offrant de multiples façons de s'instruire. C'est ainsi qu'ont émergé les écoles secondaires polyvalentes, qui offrent à la fois un enseignement général et des options techniques ; qu'ont été créés, par la fusion de programmes existants (cours classique, école normale, écoles techniques, etc.), les cégeps, qui offrent eux aussi un enseignement général et de nombreuses options professionnelles ; et que s'est étendu le réseau des universités sur l'ensem­ble du territoire québécois.

Ces transformations majeures s'expliquent par la volonté politique des dirigeants de l'époque, mais plus encore par la poussée de l'opinion publique. L'idée qu'il fallait s'instruire avait gagné toute la population québécoise.

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Commentaires (2)

L’évolution de l’éducation Je

L’évolution de l’éducation
Je voudrais vous remercier et vous féliciter pour votre article captivant sur l’évolution de l’éducation (le savoir pour tous, « l’actualité », le 15 sept. 2010).Il m’a ouvert les yeux par rapport à l’injustice que la révolution tranquille a combattue et conquit. L’égalité pour tous dans un milieu scolaire est un droit que tout le monde devrait avoir et doucement ce droit se répand non seulement au Québec mais aussi autour du monde. Bien que les nouvelles générations ne connaissent pas l’histoire en général ou celle de leur pays, elles aient une meilleure connaissance du sujet comparé a celles qui n’allaient pas à l’école auparavant et ne savaient rien du tout. Tout de même pour l’apprentissage général, pour l’instant, il est difficile de maîtriser toute les matières apprises à l’école.
Je suis d’accord avec vous quand vous avez dit qu’il fallait que les écoles secondaires deviennent polyvalentes, parce que ces écoles ne mènent à aucune profession spécifique. Il faudrait que les étudiants commencent à se poser la question de ce qu’ils veulent faire plus tôt pour que quand le temps d’aller à l’université vient ils sachent quoi faire. C’est un des problèmes majeurs qui mène au décrochage postsecondaire. Serait-il difficile d'intégrer des domaines plus spécialisés dans les écoles secondaires afin que les étudiants sachent ce qu'ils veulent faire plus tôt dans la vie? Il faudrait que le gouvernement prenne les mesures nécessaires afin que les écoles puissent aider leurs étudiants à réussir. J’espère que dans le futur le gouvernement essaiera d’incorporer ces domaines dans les écoles en essayant de réduire le taux de décrochage.
Adam Emsallem.

Vous êtes passé à côté d'un

Vous êtes passé à côté d'un aspect essentiel de l'éducation depuis une vingtaine d'années: les écoles à vocation particulière et les projets régionaux. A la CSLaurentides, le quart des éleves sont en option! Notre c.s. veut augmenter les frais de transport scolaire à 625$ d'ici 3 ans. Profondément scandaleux car les élèves seront désormais choisis par leur capacité à payer plus de 1000$ de frais globaux même au primaire! Ca c'est l'actualité! Beau débat de société. Est-ce qu'on paie le transport scolaire pour des options régionales qui handicapent moins les écoles des meilleurs éléments ou on vote options locales qui vident les classes d'un polyvalente de ces meilleurs élèves en général? Ou est-ce qu'on donne dans l'activité para-scolaire pour tous? Moins grand sentiment d'identité pour les élèves que dans les concentrations. Ce sertait vraiment intéressant un article sur ce sujet car la société québécoise avec les coupures massives en éducation en est à se demander ce qu'elle doit privilégier...

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