Achat de masques et de produits nettoyants, rappel de retraités : les commissions scolaires sont sur le pied de guerre. Certaines plus que d’autres…

La commission scolaire des Affluents, au nord de Montréal, prend la menace de grippe A (H1N1) au sérieux. Elle a acheté 20 000 masques pour ses employés et stocké des bouteilles de nettoyants virucides, qui tuent les souches virales. « Le système de contrôle des absences des enfants permettra bientôt de repérer celles liées à la grippe », ajoute Alain Vézina, directeur général adjoint de cette commission scolaire, qui couvre un territoire s'étendant de Terrebonne à L'Assomption.
Les commissions scolaires du Québec se préparent à faire face à une pandémie de grippe A (H1N1). À celle de Montréal, on a songé à donner congé aux enseignantes enceintes qui travaillent dans une école où deux cas de grippe A (H1N1) seront déclarés ou suspectés. Les autorités de santé publique ont finalement tranché : dès maintenant, ces enseignantes peuvent être retirées de leur milieu de travail si leur médecin le recommande. Mais il n'y a pas de retrait préventif automatique.
Pandémie ou pas, les écoles et les commissions scolaires devront continuer de fonctionner, la fermeture étant une solution de dernier recours. Maintenir les services essentiels, voilà le défi. Dès 2007, le ministère de l'Éducation leur a donc demandé de se doter d'un plan et leur a fourni une marche à suivre. Une autre menace couvait alors : celle de la grippe aviaire.
Si bien qu'avant même l'éclosion de la grippe A (H1N1), en avril dernier, les commissions scolaires avaient un plan qui était prêt, ou du moins dans leurs cartons. Une dizaine d'entre elles ont fait appel à Prudent Groupe Conseil. Parmi celles-ci, les six commissions scolaires de l'Abitibi-Témiscamingue et de la Baie-James. Coût total facturé par l'entreprise: 65 500 dollars plus taxes. De l'argent bien investi, selon Guy Baril, directeur général de la commission scolaire Harricana.
D'une commission scolaire à l'autre, le niveau de préparation varie, cependant. Tout comme les mesures concrètes mises en place pour faire face à la pandémie. Personne ne sait en fait si la crise appréhendée, un orage violent, ne « passera pas en vent ».
Toutes les commissions scolaires semblent avoir mis en place un bouquet de mesures : rappeler les règles d'hygiène de base (se laver les mains souvent et tousser dans un mouchoir ou dans le pli du coude), relayer les directives des autorités sanitaires (au personnel, aux élèves et aux parents), mettre à jour les listes de remplaçants et les chaînes téléphoniques, former des comités de veille, de coordination et de gouvernance.
Certaines commissions scolaires, comme celle des Appalaches, vont plus loin. La direction, à Thetford Mines, épluche actuellement ses listes de retraités et vérifie leur disponibilité. Elle planche aussi sur des scénarios de regroupement d'écoles et les modifications des trajets d'autobus qui s'ensuivraient. « Il pourrait manquer 35 % du personnel, dit André Dallaire, directeur des ressources informatiques et matérielles. D'autres commissions scolaires pensent qu'elles pourront remplacer tout le monde. Ce n'est pas réaliste. »






