Le recteur de l’Université Laval, Denis Brière, lance une idée originale : faire participer les entreprises au financement des universités en réorientant le fameux budget de formation des employés de 1 % auquel Québec les astreint.

Denis Brière a insufflé une bouffée d'air frais à la commission parlementaire sur l'éducation, en août dernier. Un peu trop frais, peut-être... En suggérant de faire contribuer le monde des affaires au financement de l'enseignement supérieur, il a déclenché une sorte de crise d'asthme collective. Le Conseil du patronat s'est mis à étouffer, la Fédération des chambres de commerce du Québec aussi. L'ADQ avait la respiration sifflante. Tous aux inhalateurs de secours !
« Les gens ont cru que je voulais imposer une taxe supplémentaire aux entreprises. Ce n'était pas mon intention », jure le recteur de l'Université Laval.
De concert avec les associations étudiantes du campus, Denis Brière propose une nouvelle voie pour sortir du déficit perpétuel les collèges et les universités du Québec. Lorsque la ministre Line Beauchamp réunira le monde de l'éducation pour étudier l'enjeu, probablement en novembre, il présentera en détail sa solution maison. L'idée est simple : réorienter une partie du budget actuel de formation des entreprises vers les collèges et les universités.
Les entreprises dont la masse salariale dépasse un million de dollars sont tenues, par la loi, d'en consacrer 1 % à la formation de leurs employés. Et les sommes non dépensées dans l'année sont versées au Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre. Pourquoi ne pas consacrer plutôt une partie de ce 1 % à la formation de la relève ? demande le recteur.
Âgé de 64 ans, ce professeur de foresterie
a présidé aux destinées de la papetière Kruger et de Comact, grand fabricant d'équipement
pour la transformation du bois, avant de remporter la course au rectorat, en 2007.
Sous sa gouverne, l'Université Laval est devenue l'établissement d'enseignement
québécois qui reçoit le plus d'argent du privé par rapport à son budget total : 50 millions
de dollars sur 280. «
Quand on connaît la bête, on peut mieux la dompter », dit le
gestionnaire, en esquissant un sourire espiègle qui contraste avec son complet gris.
Denis Brière a reçu L'actualité dans son bureau, surplombant le campus de Québec.
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Vous proposez d'utiliser la Loi favorisant le développement et la reconnaissance des compétences de la main-d'œuvre pour former la relève. Comment cela fonctionnerait-il ?
- La plupart des gens ne savent pas que 1 % de la masse salariale au Québec, cela représente entre 600 et 700 millions de dollars par année ! Admettons qu'on aille en chercher la moitié, soit 350 millions de dollars. Il ne s'agirait pas de prendre simplement cet argent pour pallier notre sous-financement. Il faudrait offrir des services supplémentaires. Mais ça aiderait à former la relève.





