Étudier à Sydney, Londres ou Tokyo, c’est désormais à la portée des jeunes Québécois. Et ils sont de plus en plus nombreux à partir. Pas besoin d’être « bollé », mais mieux vaut être motivé et savoir parler l’anglais !

Jeans pré-usés japonais, polo français et veste de montagne québécoise : Alexandre Cooper, 24 ans, est un étudiant sans frontières jusque dans son style. Après un bac en génie physique à Polytechnique Montréal et à Polytechnique Paris, suivi d'une maîtrise en génie nucléaire à l'Université de Tokyo, le voilà au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Boston, pour y faire un doctorat. « Étudier à l'étranger est l'expérience la plus stimulante qui soit, dit-il avec un accent pointu qu'il a gardé de ses deux années en France. En s'adaptant à de nouveaux environnements, on apprend à mieux se connaître. Et à se remettre en question. »
Il a bien changé, le petit gars de famille modeste de Lac-Saint-Charles, près de Québec. Pas seulement en raison de son accent ou de sa façon de s'incliner à la japonaise lorsqu'il vous rencontre. Mais parce que, pour la première fois de sa vie de « bollé », il a connu l'échec : dans un cours de mathématiques à l'« X », surnom de Polytechnique Paris, une des plus inaccessibles grandes écoles françaises. Étudier au Japon n'a pas été de tout repos non plus : si ses cours étaient en anglais, ses échanges avec ses condisciples se déroulaient en japonais. « Je voulais jouer dans la cour des grands, et ç'a été un dur coup pour mon orgueil, confie-t-il. Mais j'y ai gagné un apprentissage personnel incroyable. »
S'ils n'ont pas tous un parcours aussi époustouflant, des centaines de jeunes Québécois tentent chaque année l'aventure des études au bout du monde, et ils sont de plus en plus nombreux à vouloir partir. Le bouche-à-oreille fait merveille - de même que les blogues et pages Facebook des étudiants au long cours. Ceux que nous avons rencontrés pour ce reportage sont unanimes : la vie n'a pas été rose tous les jours, mais ils ont vécu leur plus belle expérience. Tous sont rentrés transformés, mûris, plus tolérants, et ils portent un regard nouveau sur le monde... et sur le Québec !
À l'ère de la mondialisation, les universités québécoises ont compris l'importance de s'ouvrir à l'international en accueillant davantage de jeunes de l'extérieur du pays (ils étaient 22 504 en 2008, dont 6 950 Français) et en expédiant leurs étudiants partout sur la planète. Chaque université dispose d'un « bureau international » qui promeut les séjours d'études à l'étranger, sélectionne les candidats et les aide à préparer leur départ. Objectif : former des citoyens du monde multilingues, outillés de solides compétences interculturelles et capables d'occuper des emplois exigeant de traiter avec des partenaires internationaux.





