Elle se méfie des recettes miracles et ne jure que par l’adaptation aux besoins. Fourmi besogneuse et entêtée, la ministre de l’Éducation a-t-elle des solutions pour remettre le réseau public sur les rails ?
Les écoles du Québec n'auront pas plus de pouvoir et ne pourront pas recruter leur propre personnel, en dépit des recommandations d'un collectif de six « sages » du monde de l'éducation qui estime que les établissements d'enseignement étouffent, victimes de la bureaucratie et de la technocratie. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, n'est pas friande des « solutions uniques » pour répondre aux défis complexes que doit relever ce réseau public d'éducation québécois qu'elle connaît bien. Il y a d'autres façons de donner de l'oxygène aux écoles et de débureaucratiser les commissions scolaires, dit-elle. Tout comme il n'y a pas qu'une seule solution à cette épidémie de décrochage scolaire qui menace l'avenir du Québec. La mèche bagarreuse et la voix cassée, Michelle Courchesne est sur tous les fronts en ce printemps 2009. Déterminée, la ministre assure qu'elle mettra en œuvre les 10 recommandations du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires. Le gouvernement viserait donc à réduire le décrochage scolaire de 31 % à 20 % d'ici 2020. Comment ? En engageant quelles sommes ? Les détails ne seront annoncés qu'en mai, avec des cibles nationales et par commission scolaire.
L'actualité a rencontré la ministre à son bureau de Montréal.
Quelle est la meilleure façon de contrer le décrochage ?
- Il n'y a pas une, mais des solutions, et il n'y a pas de solution unique pour tout le Québec. Il faudra procéder par territoire, parce que la réalité de la Gaspésie, de Laval ou de l'Abitibi n'est pas celle de Montréal. Chaque milieu socioéconomique est différent. Jacques Ménard a justement constitué un groupe de travail sur la question, qui a produit récemment un excellent rapport. J'indiquerai sous peu l'approche que le gouvernement préconisera pour y donner suite.
L'aide aux enfants en difficulté fait partie de vos priorités. Le cheminement particulier est-il appelé à disparaître au profit de l'intégration de ces enfants ?
- Les classes spéciales ne seront pas abolies. Ça ne rend service à personne ! Au contraire, il va y en avoir plus. Mais elles ne doivent pas être un stationnement ! Notre défi est de les rendre aussi stimulantes que les classes normales. On a toutefois énormément de travail à faire pour s'assurer que chaque élève reçoit le bon niveau de service ; on doit donc établir les bons diagnostics. Et il faudra attendre au moins deux ans avant de voir des résultats. Il faut aussi que les commissions scolaires réfléchissent différemment, qu'elles définissent les besoins des enfants avant de parler de budget.






