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	<title>L&#039;actualité &#187; Société</title>
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	<description>Informations politique, monde, économie, société, environnement, santé, science et culture.</description>
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		<title>Julian Assange, l’homme inquiet</title>
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		<pubDate>Thu, 23 May 2013 14:45:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Trudel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[internet]]></category>
		<category><![CDATA[julian assange]]></category>
		<category><![CDATA[vie privée]]></category>
		<category><![CDATA[wikileaks]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Internet est une menace pour l’humanité, soutient le fondateur de WikiLeaks dans un livre-choc. Entrevue avec Julian Assange, un homme traqué.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/julian-assange-lhomme-inquiet/">Julian Assange, l’homme inquiet</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_96891" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class=" wp-image-96891 " alt="Julian Assange (Photo : Rich Hardcastle / Eyevine / Redux)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/Julian-Assange-532x800.jpg" width="300" /><p class="wp-caption-text">Julian Assange (Photo : Rich Hardcastle / Eyevine / Redux)</p></div>
<p>Réfugié depuis près d’un an à l’ambassade de l’Équateur à Londres, Julian Assange est un homme traqué. À terme, il craint d’être déporté aux États-Unis, qui l’accusent d’avoir divulgué des secrets d’État sur le site de WikiLeaks.</p>
<p>Au bout du fil, le hacker de 41 ans parle avec un fort accent australien. La voix est grave, fatiguée. Mais le ton est déterminé. De toute évidence, Assange n’a pas dit son dernier mot. Il a récemment annoncé sa candidature au Sénat de l’Australie, pour les élections de septembre prochain. Il fait le pari que, s’il est élu, son statut de parlementaire lui permettra de regagner son pays natal.</p>
<p>En attendant, il multiplie les apparitions publiques depuis le balcon de l’ambassade, par téléphone ou par Internet. En collaboration avec trois autres activistes, il publie ces jours-ci un livre-choc à propos d’Internet. « Le meilleur de nos instruments d’émancipation est devenu le plus redoutable auxiliaire du totalitarisme », écrit-il dans <em>Menace sur nos libertés</em> (Robert Laffont), en librairie le 9 mai.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p><em><strong>Notre conversation est-elle enregistrée par des services de renseignement ?</strong></em></p>
<p>Bien sûr. Même si je me trouve dans une ambassade, nos paroles transitent par des lignes téléphoniques qui relient le Royaume-Uni au Canada. Elles seront donc très vraisemblablement enregistrées par le gouvernement britannique.</p>
<p><em><strong>Vous écrivez que « nos vies privées sont désormais sous contrôle militaire ». C’est sans doute vrai en Corée du Nord, mais dans le cas de pays démocratiques comme le Canada, n’est-ce pas un constat exagéré ?</strong></em></p>
<p>Non. Où que vous soyez, des câbles et des satellites vous relient aux serveurs Internet. Ce sont les nouveaux pipelines géostratégiques. De vastes flots d’informations transitent entre les pays au moyen de câbles de fibre optique. Or, les agences de renseignement, comme la NSA [National Security Agency], aux États-Unis, utilisent une technologie relativement peu coûteuse pour intercepter tout ce qui transite par ces câbles.</p>
<p>Il faut savoir que le Canada est membre d’une alliance de pays anglo-saxons, blancs et chrétiens qui échangent toutes leurs données d’espionnage électronique. Les membres de cette alliance — l’Australie, la Grande-Bretagne, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et le Canada — ne sont pas liés par les règles qui leur interdisent de communiquer certaines données à des gouvernements étrangers. Il s’agit, en gros, d’un seul et même gouvernement.</p>
<p><em><strong>En quoi les gens « ordinaires » sont-ils touchés par cette surveillance ?</strong></em></p>
<p>Tout le monde est ciblé. Quand la police veut surveiller certains activistes ou des trafiquants de drogue, par exemple, elle doit déployer des ressources importantes pour installer des logiciels-espions ou suivre des suspects en personne. Mais cette surveillance, dite tactique, est onéreuse.</p>
<p>Comme le coût du stockage d’information ne cesse de diminuer, il est plus efficace d’espionner tout le monde. C’est ce que j’appelle la surveillance stratégique. De cette façon, quand les services de renseignement enquêtent sur un suspect, ils n’ont qu’à aller puiser dans leur vaste base de données, à l’aide d’un algorithme.</p>
<p><em><strong>Beaucoup de gens risquent de se dire : bof, je n’ai rien à cacher&#8230;</strong></em></p>
<p>C’est toujours une bonne chose à dire, surtout si vous avez quelque chose à cacher ! Mais il est dangereux de laisser l’État décider de qui est bon et de qui est mauvais, d’autant plus que ça peut changer à tout moment. Même si vous êtes une personne sans reproche aux yeux des autorités, ce n’est peut-être pas le cas de votre femme ou de votre fils. Chaque fois que vous communiquez avec eux en ligne ou par SMS, vous transmettez des renseignements précieux. Dès que vous donnez de l’information, sur Facebook, au sujet d’une activité à laquelle vous avez participé, vous en révélez sur vous et vos proches.</p>
<p><img class="size-medium wp-image-96899 alignleft" alt="assange-livre" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/assange-livre-187x300.jpg" width="187" height="300" /></p>
<p><em><strong>Les autorités policières canadiennes ont récemment déjoué un complot terroriste. Les suspects étaient dans la mire des services de renseignement depuis un an. N’est-ce pas la preuve que la surveillance est parfois positive ?</strong></em></p>
<p>Le problème est le suivant : savez-vous comment les renseignements sont utilisés ? Et pouvez-vous faire confiance à ceux qui détiennent cette information ?</p>
<p>Pourquoi les autorités canadiennes n’ont-elles pas arrêté les suspects plus tôt s’ils étaient si dangereux ? Pourquoi ont-elles choisi de bouger quelques jours après l’attentat de Boston ? Parce qu’elles ont décidé qu’il s’agissait du meilleur moment sur le plan des relations publiques.</p>
<p>La surveillance de masse est comme une bombe nucléaire. C’est dangereux, parce que ça menace une population entière au même moment. Si vous analysez l’ensemble des communications téléphoniques pour savoir qui a appelé qui et quand, dans l’ensemble du Canada, vous pouvez instantanément étaler la structure politique et sociale du pays. Vous saurez de quelle façon l’information circule entre diverses communautés et divers groupes d’intérêts. Il s’agit d’un pouvoir qu’il est très dangereux de conférer à n’importe quelle organisation.</p>
<p><em><strong>Le créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a dit que la vie privée était une norme sociale du passé. Que lui répondez-vous ?</strong></em></p>
<p>C’est faux. Les gens peuvent bien communiquer des informations sur eux-mêmes au monde entier s’ils le veulent. Le problème, c’est que les aspects de leur vie qu’ils choisissent sciemment de garder privés ne le sont pas, en réalité. Gmail prétend rendre votre courriel privé. Facebook assure garder confidentiels vos messages personnels et les lieux où vous vous branchez au réseau. Ce sont des mensonges. Dans les faits, les agences d’espionnage ont accès à toutes les données stockées par Facebook et Google, et donc à une banque de renseignements sur la vie privée de la majorité des gens.</p>
<p>Des organisations comme WikiLeaks vont dans le sens inverse. Notre but consiste non pas à accumuler de l’information pour accroître notre pouvoir, mais, au contraire, à redonner un pouvoir au peuple en rendant publiques des informations cachées.</p>
<p><em><strong>Êtes-vous malgré tout optimiste quant à l’avenir d’Internet ?</strong></em></p>
<p>Nous en sommes à un moment critique, et c’est ce qui rend notre époque fascinante. Nous dérivons vers un monde marqué par la surveillance de masse, la militarisation et l’augmentation des inégalités sociales. En même temps, Internet permet un transfert de connaissances et une éducation politique sans précédent. Le monde ne sera plus jamais le même.</p>
<p><em><strong>Comment entrevoyez-vous le rôle du Canada dans ce nouveau monde ?</strong></em></p>
<p>Le Canada est plus préoccupé par la vie privée que la plupart des pays occidentaux. Sa commissaire à la protection de la vie privée est beaucoup plus forte que ses homologues australien ou anglais, par exemple. Mais il y a des signes inquiétants.</p>
<p>Le projet de loi fédéral visant à protéger les enfants contre les prédateurs sexuels est un exemple classique de ce que j’appelle les « quatre chevaliers de l’infocalypse ». En apparence, ce projet ne vise qu’à protéger les enfants. En réalité, la lutte contre la pornographie infantile, tout comme celle contre le terrorisme, le blanchiment d’argent et le trafic de drogue, n’est qu’un prétexte pour légitimer la surveillance. Si le Canada continue de suivre les États-Unis dans leur descente rapide vers une société postmoderne militaire, alors tout le monde sera sous surveillance.</p>
<p style="text-align: center;">* * *<b><b><br />
</b></b></p>
<h3>Wiki-chronologie</h3>
<p><strong>2006</strong> - Julian Assange fonde WikiLeaks, site consacré à la publication de documents confidentiels jugés d’intérêt public.</p>
<p><strong>2010</strong> - Publie sur son site des centaines de milliers de documents secrets sur les dessous des guerres en Irak et en Afghanistan. Des messages diplomatiques confidentiels de nombreux pays (dont le Canada) sont aussi divulgués.</p>
<p><strong>Novembre 2010</strong> &#8211; Mandat d’arrêt international lancé par la Suède, qui veut l’interroger dans une affaire d’agression sexuelle. Assange crie au complot et craint, s’il se rend en Suède, d’être ensuite extradé aux États-Unis, où il pourrait devoir faire face à la peine de mort en raison des fuites orchestrées par WikiLeaks.</p>
<p><strong>Avril 2012</strong> &#8211; Assigné à résidence à Londres, il anime, par vidéoconférence, un talk-show sur la chaîne de télé russe anglophone RT (Russia Today), lancée par Vladimir Poutine pour redorer l’image de la Russie dans le monde.</p>
<p><strong>Juin 2012</strong> &#8211; Le président de l’Équateur, Rafael Correa, lui accorde l’asile politique. Assange est depuis réfugié à l’ambassade de l’Équateur à Londres.</p>
<p><strong>Avril 2013</strong> &#8211; Lance le parti australien WikiLeaks et annonce sa candidature au Sénat aux prochaines élections, prévues en septembre. Selon la loi australienne, il a le droit de se présenter en tant qu’électeur vivant à l’étranger. D’après le système électoral de son pays natal, il n’aurait besoin que de 14 % des voix pour être élu, pour un mandat de six ans.</p>
<p><strong>Avril 2013</strong> &#8211; Début du procès de Bradley Manning, un soldat américain accusé de trahison pour avoir divulgué des renseignements militaires sur le site de WikiLeaks.</p>
<p><strong>Novembre 2013</strong> &#8211; Sortie prévue en salle de Fifth Estate, un film sur l’histoire de WikiLeaks produit par le studio américain DreamWorks. Mis au parfum du scénario, Julian Assange a déjà qualifié le film d’« attaque massive de propagande ».</p>
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		<title>Allergies: la fleur du mal en sursis ?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 12:41:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valérie Borde</dc:creator>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Allergie]]></category>
		<category><![CDATA[montérégie]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le rhume des foins frappe de plus en plus de gens, de plus en plus fort. Mais la lutte s’organise et la Montérégie est à l’avant-garde !</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/sante/allergies-la-fleur-du-mal-en-sursis%e2%80%89/">Allergies: la fleur du mal en sursis ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>D’aussi loin qu’elle se souvienne, Gertrude Morency a toujours redouté la rentrée scolaire. Pas facile de faire la classe avec les larmes aux yeux, le nez qui coule et d’incessants éternuements ! Pour soulager son allergie au pollen de l’herbe à poux, cette enseignante retraitée de Québec, aujourd’hui âgée de 84 ans, a tout essayé : médicaments, injections de désensibilisation, participation à des protocoles de recherche clinique… avec un succès bien moyen.</p>
<p>« Même s’il y a eu beaucoup de progrès depuis mon enfance, l’herbe à poux m’a fait tellement enrager que j’ai passé ma retraite à essayer de débarrasser le Québec de cette saleté ! » raconte en souriant celle qui, en 1989, fondait l’Association de lutte contre l’Ambrosia (nom latin de l’ambroisie ou herbe à poux) pour organiser des campagnes d’arrachage et sensibiliser la population et les décideurs au calvaire des personnes allergiques.</p>
<p>Selon l’Institut national de santé publique, environ un Québécois sur cinq souffre du rhume des foins. Dès le mois d’avril, des arbres tels que les bouleaux, peupliers, érables, frênes ou ormes lancent le bal des mouchoirs. Les graminées, dont le gazon, prennent le relais de la fin mai à la mi-juillet environ, suivies par l’herbe à poux, d’août aux premières gelées. Toutes ces plantes ont en commun de se reproduire par la voie des airs en libérant des grains microscopiques, équivalents végétaux des spermatozoïdes, qui se faufilent partout et font réagir les muqueuses. Un seul plant d’ambroisie peut en émettre 2,5 milliards en une saison ! Véritable plaie de la nature, cette mauvaise herbe indigène provoque une réaction allergique chez une personne sur dix en Amérique du Nord. Elle a aussi commencé à envahir plusieurs régions d’Europe.</p>
<p>En 2005, les autorités de santé publique estimaient que le rhume des foins coûtait chaque année au Québec 200 millions de dollars en consultations, médicaments et perte de productivité. Mais la facture pourrait augmenter rapidement. Comme toutes les maladies inflammatoires chroniques, les allergies respiratoires sont de plus en plus répandues dans le monde. Et les changements climatiques font craindre le pire.</p>
<p>Des études en laboratoire ont montré que plusieurs plantes allergènes tirent profit du gaz carbonique présent dans l’atmosphère pour produire plus de pollen. En 2040, il y en aura deux fois plus dans l’air qu’aujourd’hui, selon des chercheurs américains. La floraison de l’herbe à poux dure déjà beaucoup plus longtemps qu’avant, surtout dans les régions nordiques. À Montréal, elle est passée de 42 jours en 1994 à 63 jours en 2002. Trois semaines de galère de plus ! Et cette plante coriace, qui ne craint pas les sels de déglaçage et pourrait presque pousser sur du bitume, gagne aussi du terrain vers le nord en suivant les routes, puisque pollens et graines collent aux pneus des véhicules. L’ambroisie, qui sert aux scientifiques d’indicateur des changements climatiques, se pointe maintenant jusqu’en Abitibi-Témiscamingue.</p>
<p>Comment faire face à cette progression ? S’il est impossible d’éradiquer l’ambroisie, on peut en minimiser la croissance dans les zones habitées. Au Québec, les premières campagnes d’arrachage remontent aux années 1930. En Gaspésie, limite nord de la présence de l’herbe à poux, un pionnier, le botaniste Elzéar Campagna, faisait alors appel aux écoliers pour arracher un à un les plants. En 1945, Montréal et plusieurs autres villes votent leurs premiers règlements contre l’herbe à poux. Elles organisent de grandes corvées d’arrachage, avec l’Association pulmonaire du Québec notamment, et promettent des amendes salées à ceux qui la laisseront s’épanouir chez eux.</p>
<p>Mais au fil des ans, les efforts se relâchent. « Il y avait beaucoup de mythes qui circulaient sur l’herbe à poux. On disait que ça ne servait à rien de l’arracher, puisqu’elle repousse et que le pollen voyage, que c’était la faute des agriculteurs », explique Élisabeth Masson, chercheuse en santé environnementale à la Direction de santé publique de la Montérégie. En 1992, des personnes allergiques, fatiguées de ce laisser-aller, intentent un recours collectif contre la Communauté urbaine de Montréal (CUM), qu’elles accusent de ne pas appliquer son règlement. Même si la procédure judiciaire échoue, les villes prennent peur. En 1996, la CUM supprime son règlement sur l’herbe à poux, et en 2008, le gouvernement du Québec abroge le sien sur les mauvaises herbes !</p>
<p>Résultat : la prévalence de l’allergie à l’herbe à poux chez les adultes sur l’île de Montréal passe de 11,3 % en 1998 à 18,6 % en 2008. Une épidémie ! Le Programme national de santé publique 2003-2012 fait du contrôle de cette mauvaise herbe une priorité. Terminé l’arrachage au petit bonheur la chance, place à la méthode scientifique.</p>
<p>En 2006, une étude de la Direction de santé publique de Montréal effectuée dans l’est de l’île démontre que le pollen voyage fort peu (90 % de celui-ci parcourt moins d’un kilomètre) et que les coins les plus infestés sont aussi ceux qui comptent le plus de personnes allergiques. Le problème est avant tout urbain, car dans les champs, les herbicides tiennent l’ambroisie à distance.</p>
<p>L’année suivante, la Direction de santé publique de la Montérégie lance une expérience ambitieuse. Objectif : déterminer très précisément où, comment et quand intervenir pour minimiser la concentration de pollen dans l’air, vérifier si cela a un effet réel sur les symptômes et calculer les coûts et bénéfices de l’opération. C’est une première mondiale !</p>
<p>La ville de Salaberry-de-Valleyfield accepte de servir de laboratoire après qu’une enquête du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du Suroît a montré que sur ses 40 000 habitants, 7 500 sont allergiques à l’herbe à poux. « On voulait savoir comment dépenser au mieux notre argent pour soulager ces gens », raconte le maire, Denis Lapointe, qui copréside le Réseau québécois de Villes et Villages en santé et dont les deux filles sont allergiques. Saint-Jean-sur-Richelieu sert de ville témoin.</p>
<p>Pendant quatre ans, tout est passé à la loupe par une trentaine de chercheurs spécialisés en médecine, géomatique, économie, horticulture, action communautaire… Dans les deux villes, ils installent 28 capteurs de pollen, cartographient l’herbe à poux, surveillent la météo et demandent à 440 personnes allergiques de tenir un journal de leurs symptômes. L’équipe du maire Lapointe mobilise la collectivité. Tous sont priés de se préparer à tondre, faucher ou arracher l’ambroisie dès qu’on le leur dira.</p>
<p>En parallèle, l’équipe de Diane-Lyse Benoît, chercheuse spécialisée en malherbologie au laboratoire du ministère de l’Agriculture du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu, mesure en serre la quantité de pollen et de graines produits par un plant en fonction de la période où on le coupe. Elle découvre qu’avec deux tontes par an, à la mi-juillet et à la mi-août, on peut diviser par neuf la quantité de pollen émise et par cinq le nombre de graines. « Les villes avaient l’habitude de tondre avant la Saint-Jean-Baptiste afin de se faire belles pour cette occasion, mais c’était totalement inefficace ! » explique Élisabeth Masson.</p>
<p>L’expérience est un succès. Les résidants de Salaberry souffrant d’allergies ont vu leurs symptômes diminuer nettement en intensité. La ville a simplement modifié une balayeuse destinée au nettoyage des rues pour la modique somme de 800 dollars et a estimé à 35 000 dollars par an les coûts supplémentaires de fauchage et de sensibilisation. Le pharmacoéconomiste Jean Lachaîne, de l’Université de Montréal, évalue que l’opération est vraiment rentable comparativement au rapport coût-efficacité d’autres interventions en santé publique.</p>
<p>Depuis, d’autres villes, dont Granby, ont emboîté le pas. À Montréal, le CSSS de la Pointe-de-l’Île teste depuis 2010 une formule similaire à celle de Salaberry ; il en fera le bilan ce printemps.</p>
<p>De son côté, le ministère des Transports expérimente depuis 2008 une autre technique pour détruire l’herbe à poux le long des routes en pulvérisant, au moyen d’un camion, une solution saline sur les plants sortis de terre. Environ 3 000 km de routes traversant 12 villes du Québec ont été traités chaque année, pour un coût de 420 000 dollars par an. Les fonctionnaires évaluent ce printemps s’il s’agit de la meilleure solution.</p>
<p>D’ici peu, on espère même traquer l’herbe à poux… depuis l’espace ! À l’Institut national de la recherche scientifique, à Québec, le géomaticien Roland Ngom est l’un des premiers au monde à tenter de la repérer par satellite dans le but d’orienter les efforts sur le terrain.</p>
<p>Pour venir à bout de l’herbe à poux partout où c’est nécessaire au Québec, il faudrait cinq ou six millions de dollars par an, estime le Dr Pierre Gosselin, de l’Institut national de santé publique. Le médecin, qui coordonne le volet santé du Plan d’action du gouvernement sur les changements climatiques, a bon espoir que Québec débloque l’argent nécessaire, même si toute nouvelle dépense est vue d’un mauvais œil. « Il y a 15 ans, on faisait rire de nous quand on parlait de l’herbe à poux aux autorités. Je suis plus optimiste maintenant qu’on a des données précises sur ce qui devient un sérieux problème de santé publique », dit-il.</p>
<p>Les personnes allergiques aux pollens d’arbres ou de graminées devront prendre leur mal en patience, car les études scientifiques sur la gestion de ces autres allergènes sont beaucoup moins avancées. Pourtant, si l’on en croit Thomas Ogren, un pionnier américain de l’horticulture hypoallergénique, on pourrait facilement rendre l’environnement des villes beaucoup moins allergisant en choisissant mieux les plantes qu’on y cultive. Pas question de raser les arbres, dont on a prouvé qu’ils jouent un rôle plus important que jamais dans la lutte contre la pollution et les maladies respiratoires. « Mais il faut accroître la biodiversité, éviter les variétés les plus allergisantes et, dans le cas des espèces dioïques [dont les individus ne portent qu’un type de gamète, mâle ou femelle], rétablir l’équilibre entre plants mâles et femelles », conseille le spécialiste.</p>
<p>L’an dernier, le chercheur californien, commandité par Johnson &amp; Johnson, fabricant de l’antihistaminique Reactine, s’est rendu dans la plupart des grandes villes du Canada pour évaluer la situation, observant la végétation sur les terrains publics et privés, et visitant les centres de jardinage. À Montréal, comme presque partout ailleurs, il a estimé que plus de 9 arbres sur 10 sont des individus mâles, choisis parce qu’ils sont souvent plus beaux que les arbres femelles. Il faudrait cependant tout un changement de culture chez les pépiniéristes et les jardiniers pour qu’ils choisissent les arbres en fonction de leur potentiel allergisant plutôt que pour leurs caractéristiques esthétiques ou leur facilité de culture.</p>
<p>Quant aux graminées comme les Calamagrostis, les Miscanthus ou la fétuque bleue, elles ont malheureusement de plus en plus la cote auprès des administrations municipales. « Elles sont plus faciles d’entretien et moins coûteuses que les plantes annuelles, et leur période de floraison ne dure que deux semaines », plaide Martin Gaudet, contremaître à la pépinière de la ville de Montréal. À Québec, l’été dernier, les employés municipaux en ont planté tout autour d’une cour d’école. De beaux atchoums en vue pour la fête de fin d’année !</p>
<h3 dir="ltr">Une vraie épidémie</h3>
<p dir="ltr">L’asthme est plus souvent causé par les allergènes de l’air intérieur, tels que la poussière, les moisissures ou les animaux domestiques. « Mais 80 % des asthmatiques ont une rhinite associée, et beaucoup réagissent aussi au pollen. Sans une bonne prise en main de leur maladie, ils risquent à tout moment la crise », explique Louis-Philippe Boulet, pneumologue à Québec. Malgré les traitements, chaque année, 150 Québécois meurent d’une crise d’asthme.</p>
<p dir="ltr">« À long terme, les réactions allergiques laissent des traces dans l’organisme et peuvent évoluer vers des maladies respiratoires plus graves », prévient le Dr Guy Delespesse, allergologue au CHUM. Gare aussi aux réactions croisées avec des aliments ! Allergique depuis l’enfance à une liste de pollens « longue comme le bras », Sandra Poulin a cru sa dernière heure arrivée quand, un beau jour, après avoir mangé des noisettes, sa langue et ses lèvres se sont mises à enfler. En cause ? Son allergie au pollen de bouleau ! Le syndrome pollen-aliments, qui dégénère cependant très rarement en choc anaphylactique, empêche ainsi nombre de personnes allergiques de consommer certains fruits, légumes ou noix que leur organisme combat au même titre que les pollens.</p>
<p dir="ltr">« Des dizaines de gènes prédisposent à la rhinite allergique et à l’asthme, mais ce sont les modifications de l’environnement et du mode de vie qui en font augmenter la prévalence », explique le Dr Delespesse. Depuis 1980, le nombre d’asthmatiques a triplé au Canada. La rhinite gagne aussi du terrain et serait de plus en plus grave. « Dans ma jeunesse, on n’entendait jamais parler des allergies, on me prenait parfois pour une folle », raconte Gertrude Morency, qui a fondé l’Association de lutte contre l’Ambrosia. Aujourd’hui, difficile de rater le rayon des médicaments antihistaminiques dans une pharmacie en plein été !</p>
<p dir="ltr">Les chercheurs ont relevé de multiples facteurs susceptibles d’expliquer cette explosion d’allergies. Manque de soleil, d’exercice physique, pollution, alimentation trop riche en gras et pas assez en fibres… tout cela perturbe le système immunitaire et transforme l’organisme en une sorte de tireur fou prompt à sortir ses armes chimiques sitôt qu’un ennemi potentiel se présente. Libérés en trop grandes quantités, l’histamine et les leucotriènes, entre autres, provoquent alors une cascade de réactions indésirables, enflammant les muqueuses, qui se défendent à grand renfort de sécrétions. « La rhinite allergique touche tout le monde et à tout âge, mais la victime idéale est un ado trop gros qui passe son temps devant un écran », dit en caricaturant le Dr Delespesse.</p>
<p dir="ltr">Les citadins sont, de loin, les plus touchés, notamment parce que la pollution urbaine rend les pollens plus allergènes en les dépouillant de leur enveloppe. Le smog fragilise en outre les muqueuses. À Montréal, 16 % des enfants sont allergiques à l’herbe à poux. Les taux d’allergies battent des records en Montérégie, en raison du climat plus doux, mais aussi des nombreux lotissements résidentiels où la terre, remuée pendant les chantiers de construction, a fait germer des quantités astronomiques de graines d’ambroisie.</p>
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		<title>Mourir chez soi, c’est possible</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 14:09:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Forget</dc:creator>
				<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Fin de vie]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[soins à domicile]]></category>
		<category><![CDATA[soins infirmiers]]></category>
		<category><![CDATA[soins palliatifs]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le CLSC de Verdun est un des seuls au Québec à aider ses patients à mourir à la maison. Et il peine à trouver de jeunes médecins pour assurer la relève, tant les conditions salariales sont mauvaises. Pourtant, cette formule coûte bien moins cher au système de santé !</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/sante/mourir-chez-soi-cest-possible/">Mourir chez soi, c’est possible</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_97399" class="wp-caption aligncenter" style="width: 910px"><img class="size-full wp-image-97399" alt="La dre Geneviève Dechêne en compagnie de German Gil, un des patients qu'elle visite à la maison. (Photo : Jean-François Leblanc)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/mourir-chez-soi.jpg" width="900" height="600" /><p class="wp-caption-text">La dre Geneviève Dechêne en compagnie de German Gil, un des patients qu&rsquo;elle visite à la maison. (Photo : Jean-François Leblanc)</p></div>
<p dir="ltr">On ne croirait pas que c’est le même homme. Sur une photo suspendue au mur du salon, dans son petit appartement de Verdun, Peter affiche un sourire rayonnant et les kilos en trop d’un bon vivant. Mais celui que j’ai devant moi a un physique frêle, le teint gris. Peter souffre d’un cancer du foie en phase terminale. Dans quatre jours, il sera mort.</p>
<p dir="ltr">D’une certaine façon, Peter a de la chance. Car s’il habitait dans n’importe quel autre quartier de Montréal, il serait probablement alité à l’hôpital, en chemise de malade, en train de bouder un plateau de cafétéria. Là, il est assis à la table de sa cuisine avec sa femme et sa fille, il mange ses plats préférés et pousse quelques-unes de ses vieilles blagues de faux macho irlandais.</p>
<p dir="ltr">Ce petit miracle, il le doit à l’équipe des soins palliatifs du CLSC de Verdun, que la Dre Geneviève Dechêne porte à bout de bras. Cette médecin de famille, dont la fougue rivalise avec celle de Sidney Crosby, fait figure d’exception dans l’univers médical québécois. Non seulement elle accepte de se rendre dans la demeure même de patients mourants, mais elle a réussi à convaincre cinq autres médecins et trois infirmières de son CLSC de la suivre dans cette aventure pour former l’une des seules équipes spécialisées en soins palliatifs à domicile au Québec.</p>
<p dir="ltr">« Tout le monde veut mourir chez soi, et ça tombe bien, parce que ça coûte moins cher au système de santé de garder les malades à la maison plutôt qu’à l’hôpital, fait valoir cette battante de 55 ans. Pourtant, très peu de Québécois peuvent voir leur vœu exaucé. » Dans la Belle Province, seulement 10 % des patients cancéreux meurent à la maison, contre 17 % en Colombie-Britannique et 15 % en Alberta.</p>
<p dir="ltr">« Au Québec, la visite à domicile de patients en grave perte d’autonomie est l’acte médical le moins bien rémunéré, alors qu’il s’agit d’une pratique lourde et complexe », s’étonne la médecin, qui porte les cheveux courts et des chaussures à talons plats — tout pour être le plus rapide et efficace possible.</p>
<p dir="ltr"><strong>À LIRE AUSSI SUR L&rsquo;ACTUALITÉ.COM :</strong><br />
<strong><a href="http://www.lactualite.com/societe/sante/11-millions-pour-les-soins-palliatifs-a-domicile/">11 millions pour les soins palliatifs à domicile &gt;&gt;</a></strong></p>
<p dir="ltr">Les conditions de pratique ne l’empêchent pas de consacrer deux journées par semaine aux soins palliatifs à domicile (en plus de son travail en cabinet, de ses tâches de professeure à l’Université de Montréal et de son travail au CLSC). Et quelles journées ! Il faut la suivre pour le croire. Au bureau dès 7 h 30, sur la route à 8 h pour entreprendre un quart de travail de 12 heures, elle sillonne le territoire de Verdun au volant de sa petite Suzuki, manie le levier de vitesses avec assurance, s’arrête pour répondre à son téléphone cellulaire ou à son téléavertisseur — qu’elle porte tous deux à la ceinture —, note l’adresse d’un patient en détresse sur un bout de papier. « Il faut être un peu chauffeur de taxi et connaître les rues par cœur », me dit-elle en donnant un coup de volant pour se garer en parallèle. « Je me fais un planning provisoire en début de journée, mais les urgences viennent toujours bousculer l’horaire. »</p>
<div id="attachment_97415" class="wp-caption aligncenter" style="width: 810px"><img class="size-full wp-image-97415" alt="Jacqueline Thibert et German Gil reçoivent des soins d'une infirmière. (Photo : J-F Leblanc)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/soins-palliatifs.jpg" width="800" height="266" /><p class="wp-caption-text">Jacqueline Thibert et German Gil reçoivent des soins d&rsquo;une infirmière. (Photo : J-F Leblanc)</p></div>
<p dir="ltr">Son équipement médical dans un sac à dos, un ordinateur portable à la main, elle gravit les escaliers des duplex, arpente les corridors des immeubles d’appartements (qu’elle connaît comme le fond de sa poche), enlève ses chaussures en une fraction de seconde en entrant chez les malades. « Les lacets, c’est proscrit quand on fait ce métier, dit-elle. Ça demande trop de temps. »</p>
<p dir="ltr">À notre arrivée chez Peter, l’infirmière Brigitte Gagnon est déjà là. Elle a pris les signes vitaux du malade et évalué ses besoins immédiats. « Les patients et leur famille peuvent nous joindre en tout temps grâce à notre téléavertisseur », m’explique-t-elle pendant que la Dre Dechêne appelle à la pharmacie pour renouveler une ordonnance. « Il faut toujours avoir une petite réserve de médicaments à la maison, poursuit l’infirmière. Sinon, le patient va se retrouver en proie à la douleur et, pris au dépourvu, ses proches vont l’emmener à l’urgence. »</p>
<p dir="ltr">Pendant toute la journée, la médecin et l’infirmière se suivent dans les rues de Verdun, discutent de cas. Elles avalent un sandwich dans leur voiture entre deux rendez-vous. Elles mobilisent leur réseau de contacts pour louer et faire livrer d’urgence un lit électrique à l’étage d’un duplex, pour trouver une auxiliaire familiale du CLSC qui viendra administrer quotidiennement des médicaments à un patient qui peine à déglutir ou pour donner un peu de répit à une aidante naturelle.</p>
<p dir="ltr">La Dre Dechêne fait partie des « privilégiés ». Comme elle travaille dans un CLSC, où les médecins et les infirmières sont payés à un tarif horaire, elle reçoit 92 dollars l’heure pour ses loyaux services. Les omnipraticiens qui travaillent en clinique privée et sont payés à l’acte reçoivent 85 dollars pour visiter à domicile un patient en grave perte d’autonomie. Une fois soustraits les frais fixes (loyer, secrétariat, etc.), et en calculant qu’il faut en moyenne deux heures pour se rendre à un domicile, trouver une place pour se garer, ausculter le malade et répondre aux appels des infirmières qui assurent son suivi, ces médecins touchent environ 32 dollars l’heure pour se taper ce boulot, selon la Dre Dechêne. « Come on ! » s’exclame-t-elle, découragée. Un omnipraticien qui reçoit des patients en cabinet peut espérer gagner de 120 à 130 dollars l’heure, estime-t-elle. S’il voit des patients sans rendez-vous, ça sera de 140 à 160 dollars, et jusqu’à 250 dollars s’il travaille aux urgences.</p>
<p dir="ltr">Même avec leur tarif horaire de 92 dollars, les médecins qui pratiquent en CLSC préfèrent généralement peser des bébés ou faire le suivi médical d’adultes en bonne santé plutôt que de voir des mourants. Pourquoi quitter le confort de son cabinet pour visiter des logements parfois insalubres, déblayer son véhicule en hiver ou se prendre des contraventions pour stationnement interdit ? « Je place un petit écriteau sur ma voiture pour indiquer que je suis médecin en service, raconte la Dre Dechêne, mais les agents me donnent des contraventions quand même. Le médecin à domicile a disparu des écrans radars au Québec, et plus personne ne cherche à faciliter son travail. »</p>
<p dir="ltr">Elle comprend ses collègues de bouder la pratique. « À cause de la mise à la retraite massive de médecins à la fin des années 1990, on s’est retrouvé en pénurie. Aujourd’hui, les omnipraticiens sont en situation de pouvoir et on ne leur impose aucune contrainte. C’est un peu comme si vous disiez à des professeurs qu’ils peuvent choisir les élèves qu’ils veulent avoir dans leur classe. Il ne faudrait pas se surprendre si la majorité d’entre eux choisissaient d’enseigner à 8 filles sages plutôt qu’à 30 garçons turbulents. »</p>
<p dir="ltr">Les omnipraticiens québécois qui travaillent à l’extérieur des grandes villes acceptent encore de se déplacer chez leurs patients, parce qu’il existe en région un réseau de solidarité naturel. « Si tu refuses d’aller t’occuper de ton patient à domicile, tu risques de ne plus avoir de coiffeuse ou de coach de hockey pour ton garçon, explique la Dre Dechêne. Mais en ville, l’anonymat permet tout. »</p>
<div id="attachment_97417" class="wp-caption aligncenter" style="width: 860px"><img class="size-full wp-image-97417" alt="André Legault et sa conjointe Yolande, avec la Dre Dechêne. Accompagner des malades dans la mort, c'est entre autres veiller à ce qu'ils ne souffrent pas. (Photo : J-F Leblanc)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/soins-palliatifs-2.jpg" width="850" height="567" /><p class="wp-caption-text">André Legault et sa conjointe Yolande, avec la Dre Dechêne. Accompagner des malades dans la mort, c&rsquo;est entre autres veiller à ce qu&rsquo;ils ne souffrent pas. (Photo : J-F Leblanc)</p></div>
<p dir="ltr">L’enveloppe budgétaire de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a été généreusement augmentée lors de la négociation de sa dernière entente, en 2011. La FMOQ est libre de répartir cette enveloppe entre les diverses pratiques comme bon lui semble. « Évidemment, elle ne veut pas rogner la rémunération des omnipraticiens qui font de l’urgence, qui sont déjà grassement payés et qui, parce qu’ils sont majoritaires, élisent le président », dit la Dre Dechêne. À son avis, c’est au ministre de la Santé d’imposer des contraintes à la Fédération pour l’obliger à rendre les soins à domicile plus attrayants financièrement.</p>
<p dir="ltr">Le Dr Louis Godin, président de la Fédération, réfute ces accusations. Lui-même s’est frotté aux soins palliatifs à domicile à l’époque où il était médecin de campagne, dans la région de Bellechasse. « Je sais très bien que les médecins qui font ces visites ne sont pas assez payés, et nous allons corriger la situation », assure-t-il. Sans donner de détails, il promet d’annoncer une majoration de la rémunération avant l’été. Mais le problème ne sera pas réglé pour autant, prévient-il. Car les soins à domicile attirent peu les jeunes médecins, quels que soient les honoraires.</p>
<p dir="ltr">Eveline Gaillardetz a été séduite par l’enthousiasme de la Dre Dechêne. Omnipraticienne, elle partage son temps entre le CLSC de Verdun, la pratique hospitalière et la médecine dans le Grand Nord, et elle s’est pourtant laissé convaincre de consacrer une partie de sa semaine de travail aux soins palliatifs à domicile. Elle reste toutefois une exception. « Ça impressionne nos collègues et les gens de notre entourage quand on dit qu’on a réanimé un patient à l’urgence, constate cette jeune médecin de 28 ans. Mais quand on dit qu’on s’occupe de mourants à domicile, ils s’imaginent qu’on leur tient la main et qu’on leur caresse les cheveux. »</p>
<p dir="ltr">Pourtant, le job n’a rien de reposant. La Dre Gaillardetz en voit de toutes les couleurs. « Je peux me retrouver dans des taudis qui empestent la cigarette, parmi les membres de la famille qui se passent un joint et le chien qui jappe, sans siège pour m’asseoir, à essayer de trouver une solution avec l’infirmière pour soulager un patient qui est en train d’étouffer, raconte-t-elle. Pour moi, c’est un devoir de le faire. Ça fait partie du contrat social que j’ai accepté en devenant médecin. »</p>
<p dir="ltr">Étienne Durand, omnipraticien de 32 ans, n’a pas tenu le coup. « J’aurais tellement voulu être ce genre de médecin », raconte celui qui a pratiqué les soins palliatifs à domicile dans Pointe-Saint-Charles pendant quelques années avant d’aller travailler dans une clinique de Québec. Les infestations de punaises de lit à Montréal ont eu raison de sa vocation. « Côtoyer la misère humaine de si près m’a ébranlé. »</p>
<p dir="ltr">La Dre Dechêne persiste et signe. Elle croit que davantage de jeunes médecins accepteraient de suivre ses traces si on valorisait la pratique. « Quand on paie 32 dollars l’heure pour un acte médical, on envoie le message que celui-ci n’est pas important, dit-elle. En Alberta, les médecins reçoivent la même somme pour une visite à domicile que pour une réanimation à l’urgence. »</p>
<p dir="ltr">Au-delà des honoraires, il y a beaucoup à faire pour faciliter la pratique sur le terrain. À Montréal surtout, où les CLSC et les hôpitaux travaillent trop souvent en silo. « Il se fait encore beaucoup de dumping, explique la Dre Dechêne. Dès qu’un cas devient trop lourd et trop coûteux, le CLSC envoie le patient à l’hôpital. Les urgences sont bondées de personnes âgées qui n’ont aucune raison d’être là. »</p>
<p dir="ltr">Le CLSC et l’hôpital de Verdun, eux, ont appris à collaborer. Chaque lundi, l’équipe de la Dre Dechêne organise une conférence téléphonique avec les médecins de l’hôpital pour discuter du cas des patients soignés à domicile. « Si j’ai besoin que l’un d’eux passe un scan, un médecin de l’hôpital va s’assurer qu’il est reçu en radiologie avec la même célérité que s’il était hospitalisé, explique la Dre Gaillardetz. Si je travaillais sur un autre territoire, il faudrait que mon patient passe par l’urgence chaque fois que je veux lui faire passer un test. »</p>
<p dir="ltr">L’équipe de Verdun peut aussi compter sur des infirmières solides et spécialisées, dont les connaissances et l’expérience « valent amplement celles d’un médecin », selon la Dre Dechêne. Dans presque tous les CLSC ailleurs qu’à Verdun, les infirmières qui font des visites à domicile ne sont pas formées en soins palliatifs. On répartit les cas de mourants parmi les autres malades soignés chez eux, et les infirmières suivent autant des patients stables que des personnes en fin de vie. « Un agonisant, ce n’est pas tout le monde qui peut composer avec ça, fait valoir l’infirmière Brigitte Gagnon. Voir un malade hurler de douleur peut faire peur aux infirmières quand elles ne savent pas quoi faire. Elles appellent alors le 911 et le patient se retrouve à l’urgence. »</p>
<p dir="ltr">Organiser les soins au CLSC de Verdun n’a pas été une mince affaire. Quand elle a commencé à visiter des mourants à domicile, il y a 20 ans, la Dre Dechêne ne pouvait compter que sur elle-même. Sans infirmière pour l’assister, elle changeait les pansements et les sondes de ses patients. Son télé-avertisseur pouvait sonner 24 heures sur 24. Elle a dû menacer de démissionner à deux reprises avant que l’administration du CLSC accepte d’embaucher une secrétaire pour filtrer ses appels et prendre en charge l’organisation des services. À ce jour, l’administration refuse toujours d’assumer les frais des téléphones cellulaires des infirmières, qui doivent répondre rapidement aux appels à l’aide de leurs patients et des familles de ceux-ci.</p>
<p dir="ltr">Et pourtant, quand est venu le temps de recruter des infirmières prêtes à se consacrer entièrement aux soins palliatifs à domicile, il y a quatre ans, la Dre Dechêne n’a pas eu besoin d’exercer de pressions. Cinq professionnelles se sont portées volontaires pour les trois postes à pourvoir. Brigitte Gagnon n’a pas hésité à plonger. « Les infirmières comme moi ont beaucoup d’autonomie, dit-elle. On discute avec le médecin d’égales à égal. »</p>
<p dir="ltr">Accompagner les malades dans la mort ne la rebute pas, au contraire. « On a le privilège d’être présentes à un moment unique dans la vie de nos patients. C’est encore plus spécial qu’un accouchement. Des naissances, il peut y en avoir plusieurs dans une vie, mais mourir, ça n’arrive qu’une fois. Il faut qu’on soit à la hauteur. On n’aura pas une deuxième chance pour faire mieux. »</p>
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		<item>
		<title>Terres rares : le Québec se lance dans la course</title>
		<link>http://www.lactualite.com/societe/terres-rares-le-quebec-se-lance-dans-la-course/</link>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 17:41:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Charlebois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ressouces naturelles]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[mines]]></category>
		<category><![CDATA[Terres rares]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Le Québec pourrait bientôt faire partie du club sélect des producteurs de terres rares. Une dizaine de projets sont en cours pour sortir du sol ces précieux minerais. Parmi eux : la mine de Kipawa, au Témiscamingue, qui devrait ouvrir en 2016, et Strange Lake, située à la frontière du Québec et du Labrador, qui pourrait être en exploitation d’ici quatre ou cinq ans. D’autres sites miniers sont en exploration au Saguenay et au Nunavik.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/terres-rares-le-quebec-se-lance-dans-la-course/">Terres rares : le Québec se lance dans la course</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_96631" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-96631" alt="Extractions de terres rares en Chine. (Photo : EPA)" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/terres-rares-300x184.jpg" width="300" height="184" /><p class="wp-caption-text">Extractions de terres rares en Chine. (Photo : EPA)</p></div>
<p dir="ltr">Prisées par l’industrie de pointe pour la fabrication de cellulaires, de piles ou d’alliages aéronautiques, les terres rares regroupent 17 métaux aux propriétés électromagnétiques uniques.</p>
<p dir="ltr">Les géologues et les sociétés minières ne savent pas avec précision la quantité de terres rares que renferme le sous-sol québécois, mais estiment que la seule mine de Strange Lake pourrait avoir un rendement de 15 000 tonnes par an pendant plus de 25 ans. La production mondiale actuelle est de 110 000 tonnes par an.</p>
<p dir="ltr">« L’exploitation et la transformation des terres rares au Québec peuvent devenir un secteur industriel majeur, mais il faut faire vite », estime le géologue Michel Jébrak, professeur à l’UQAM.</p>
<p dir="ltr">Car la course planétaire aux terres rares est lancée. Des gisements majeurs entrent déjà en activité en Australie et aux États-Unis, pour satisfaire à la demande croissante et contrer le monopole commercial et stratégique de la Chine, qui fournit 97 % de la production mondiale.</p>
<div>
<div dir="ltr">
<table>
<colgroup>
<col width="*" />
<col width="*" />
<col width="*" />
<col width="*" /></colgroup>
<tbody>
<tr>
<td>
<p dir="ltr" style="text-align: left;">Pays</p>
</td>
<td style="text-align: center;">
<p dir="ltr">Production*</p>
</td>
<td style="text-align: center;"></td>
<td style="text-align: center;">
<p dir="ltr">Réserves estimées*</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td></td>
<td>
<p dir="ltr">2011</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">2012</p>
</td>
<td></td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Chine</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">105</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">95</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">55000</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">États-Unis</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">-</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">7</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">13000</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Australie</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">2.2</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">4</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">1600</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Inde</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">2.8</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">2.8</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">3100</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Malaisie</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">0.28</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">0.35</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">30</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Brésil</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">0.25</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">0.3</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">36</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Autres pays</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">N/D</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">N/D</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">41000</p>
</td>
</tr>
<tr>
<td>
<p dir="ltr">Total</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">111</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">110</p>
</td>
<td>
<p dir="ltr">110000</p>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
</div>
</div>
<p>* En millier de tonnes<br />
(Source : U.S. Geological Survey Mineral Commodity Summaries, Janvier 2013)</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Espagne : un symbole national en sursis ?</title>
		<link>http://www.lactualite.com/culture/espagne-un-symbole-national-en-sursis%e2%80%89/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 May 2013 18:17:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Charlebois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Taureau]]></category>
		<category><![CDATA[Tauromachie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lactualite.com/?p=96667</guid>
		<description><![CDATA[<p>Les deux récessions qui ont frappé l’Espagne depuis 2008 n’ont épargné aucun secteur de l’économie, pas même la tauromachie, symbole culturel hispanique par excellence.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/espagne-un-symbole-national-en-sursis%e2%80%89/">Espagne : un symbole national en sursis ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En ce moment, un Espagnol sur quatre est au chômage. La consommation, déjà ralentie, a été sérieusement plombée par l’augmentation, en septembre dernier, de la taxe sur la valeur ajoutée, qui est passée de 18 % à 21 %.Le gouvernement a réussi à ramener le déficit public à moins de 7 % du PIB en 2012 et à rassurer les investisseurs étrangers, mais cela s’est fait au prix de compressions budgétaires draconiennes.</p>
<p>Pas étonnant que le nombre de corridas ait chuté de 38 % de 2007 à 2011 et que, lors de la dernière corrida de 2012 à Séville, les gradins aient été à moitié vides. « Le spectacle est cher, aussi cher que l’opéra, note Antonio Lorca, critique taurin du quotidien El País. C’est un luxe dont les gens peuvent se passer. »</p>
<div id="attachment_96673" class="wp-caption alignleft" style="width: 410px"><img class=" wp-image-96673 " alt="Photo : Valentín Balas / CC2.0" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/toromachie.jpg" width="400" /><p class="wp-caption-text">Photo : Valentín Balas / CC2.0</p></div>
<p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/culture/espagne-un-symbole-national-en-sursis%e2%80%89/">Espagne : un symbole national en sursis ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Permis de conduire : l’exception québécoise</title>
		<link>http://www.lactualite.com/societe/permis-de-conduire-lexception-quebecoise/</link>
		<comments>http://www.lactualite.com/societe/permis-de-conduire-lexception-quebecoise/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 May 2013 17:14:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Charlebois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Automobile]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.lactualite.com/?p=96577</guid>
		<description><![CDATA[<p>Selon la Société de l’assurance automobile (SAAQ), 43,4 % des Québécois âgés de 19 ans et moins possédaient un permis de conduire en 2011, contre 41,6 % en 1981. Une augmentation légère, mais qui va à l’encontre de la tendance observée en Amérique du Nord depuis 30 ans, ce que ne s’explique pas la SAAQ.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/permis-de-conduire-lexception-quebecoise/">Permis de conduire : l’exception québécoise</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-96613" alt="volant-conduire" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/volant-conduire.jpg" width="200" height="200" />L’Institut de recherche sur les transports de l’Université du Michigan a calculé que 60 % des Américains et des Canadiens âgés de 19 ans et moins avaient un permis de conduire en 2012, soit 20 % de moins qu’il y a 30 ans. Selon les chercheurs, les dépenses associées à la conduite (permis, essence, assurance) sont moins prioritaires qu’avant pour les jeunes, qui doivent faire face au coût élevé des logements et à la flambée des droits de scolarité universitaires aux États-Unis et au Canada, le Québec excepté. Ils avancent aussi que savoir conduire est moins nécessaire depuis qu’Internet a diminué le besoin d’avoir des contacts humains dans la réalité.</p>
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		<title>Vague de sympathie pour Star Wars Kid</title>
		<link>http://www.lactualite.com/societe/vague-de-sympathie-pour-star-wars-kid/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 20:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jonathan Trudel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[cyberintimidation]]></category>
		<category><![CDATA[Star Wars Kid]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>L'entrevue exclusive que Ghyslain Raza a accordée à <em>L'actualité</em> a eu des échos aux quatre coins du monde.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/vague-de-sympathie-pour-star-wars-kid/">Vague de sympathie pour Star Wars Kid</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Douce revanche pour celui qu&rsquo;une partie de la planète connaît sous le nom de Star Wars Kid.</p>
<p>Dix ans après avoir été la cible de railleries dans le monde entier, Ghyslain Raza est en voie de devenir un héros du Web, un exemple de résilience pour les victimes de cyberintimidation d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs.</p>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.lactualite.com/societe/le-retour-du-star-wars-kid/">entrevue exclusive qu&rsquo;il a accordée à <em>L&rsquo;actualité</em></a> a eu des échos aux quatre coins du monde. Publiée simultanément en anglais dans le magazine <a href="http://www2.macleans.ca/2013/05/09/10-years-later-the-star-wars-kid-speaks-out/"><em>Maclean&rsquo;s,</em></a> elle a été citée par des centaines de sites Web, de quotidiens, de radios et de chaînes de télévision, du <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2013/05/11/01003-20130511ARTFIG00373-cyberharcelement-le-star-wars-kid-s-exprime-dix-ans-apres.phpSvenska "><em>Figaro</em> </a>(France) au <a href="http://blog.svd.se/kultur/2013/05/11/sag-gick-det-sen-for-star-wars-kid/"><em>Svenska Dagbladet</em></a> (Suède) en passant par le <a href="http://www.corriere.it/esteri/13_maggio_11/ghyslain-raza-confessa-pensato-suicidio_a0942c32-ba37-11e2-b7cc-15817aa8a464.shtml"><em>Corriere della Sera</em></a> (Italie), le <a href="http://www.dailymail.co.uk/news/article-2323081/Boy-internet-memes--Star-Wars-Kid--breaks-silence-tell-taunts-contemplate-suicide.html"><em>Daily Mail</em></a> (Angleterre), <a href="http://www.foxnews.com/tech/2013/05/10/star-wars-kid-breaks-silence-on-cyberbullying/"><em>Fox News</em></a>, <a href="http://mashable.com/2013/05/10/star-wars-kid-interview-cyberbullying/#"><em>Mashable</em></a> (États-Unis), <a href="http://www.baguete.com.br/noticias/10/05/2013/star-wars-kid-vida-de-meme-nao-foi-facil"><em>Baguete</em> </a>(Brésil) et <em><a href="http://www.theaustralian.com.au/news/star-wars-kid-speaks-up-about-cyberbullying/story-e6frg6n6-1226639787456">The Australian</a></em> (Australie).</p>
<p>Dans les pages de commentaires et dans les réseaux sociaux tels Twitter et Facebook, la grande majorité des internautes salue le courage de Ghyslain Raza, qui s&rsquo;est exprimé pour la toute première fois, dans nos pages, sur la cyberintimidation dont il a été victime il y a 10 ans. Rappelons qu&rsquo;à l&rsquo;époque, une vidéo de cet élève d&rsquo;une école secondaire de Trois-Rivières maniant gauchement un bâton en guise de sabre laser avait été mise en ligne à son insu et s&rsquo;était répandue comme un virus dans les ordinateurs de la planète. À ce jour, cette vidéo reste l&rsquo;une des plus marquantes de l&rsquo;histoire du Web, avec plus d&rsquo;un milliard de visionnements.</p>
<p>«Bravo jeune homme pour le courage et l&rsquo;envie de vaincre la bêtise et la méchanceté de certaines personnes qui doivent être bien aigries et envieuses au quotidien pour agir de la sorte», écrit un internaute sur le site du quotidien français Le Figaro.</p>
<p>«Que Dieu bénisse ce jeune, je l&rsquo;admire pour ce qu&rsquo;il est», écrit Jo Vazquez sur Twitter.</p>
<p>«Le monde a besoin de plus de gens comme Ghyslain Raza», écrit un lecteur de <em>Mashable</em>, un très populaire site web américain. Un autre lecteur de ce site note avec humour que Raza «sonne comme un solide nom de Jedi.»</p>
<p>Petit sentiment de déjà-vu: sur Twitter, des voix s&rsquo;élèvent pour demander au réalisateur du prochain épisode de la saga de <em>La Guerre des étoiles,</em> J.J. Abrams, d&rsquo;accorder un petit rôle à Ghyslain Raza. Il y a 10 ans, plus de 140 000 internautes avaient signé une pétition pour faire une demande semblable à George Lucas, qui avait alors poliment décliné (Lucas a depuis vendu son empire à Disney).</p>
<p>Plusieurs blogueurs profitent de la sortie publique de Star Wars Kid pour analyser l&rsquo;évolution de la culture Internet depuis 10 ans. Doug Bernard, de <a href="http://blogs.voanews.com/digital-frontiers/2013/05/13/the-star-wars-kid-grows-up/"><em>Voice of America</em></a>, <i></i>soutient que si la même vidéo était mise en ligne aujourd&rsquo;hui, la réaction aurait été différente. De nos jours, «les tendances Internet apparaissent comme une explosion mais elles peuvent disparaître tout aussi rapidement, écrit-il. L&rsquo;opprobre sur Internet n&rsquo;a plus la même portée.»</p>
<p>Sur le site de <em>Maclean&rsquo;s</em>, où le résumé de l&rsquo;entretien a fracassé des records de fréquentation, les lecteurs ont lancé une vive discussion sur la cyberintimidation. «La societé  a fait des progrès depuis les Croisades, les chasses aux sorcières, l&rsquo;esclavage, les exécutions publiques et les châtiments corporels, écrit une lectrice. Un jour, espérons-le, la cyberintimidation sera également devenue chose du passé.»</p>
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		<title>Le Lac-Saint-Jean, royaume des kiwis !</title>
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		<pubDate>Tue, 14 May 2013 18:03:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mathieu Charlebois</dc:creator>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[agriculture]]></category>
		<category><![CDATA[alimentation]]></category>
		<category><![CDATA[fruits]]></category>
		<category><![CDATA[Lac-St-Jean]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Après les bleuets, les kiwis ? Un laboratoire de culture in vitro de petits fruits nordiques situé à Alma, au Lac-Saint-Jean, se lance dans la production de kiwis. </p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/le-lac-saint-jean-royaume-des-kiwis%e2%80%89/">Le Lac-Saint-Jean, royaume des kiwis !</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_96663" class="wp-caption alignleft" style="width: 250px"><img class="size-medium wp-image-96663" alt="Photo : Alamy" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/kiwis-240x300.jpg" width="240" height="300" /><p class="wp-caption-text">Photo : Alamy</p></div>
<p>La centaine de plants produits cet hiver se sont envolés en quelques jours. Ils devraient commencer à donner des fruits d’ici deux ou trois ans. Au cours des prochains mois, des botanistes testeront la limite nordique de rusticité de cette plante, que l’on croit à tort tropicale. Elle devrait normalement pousser jusque dans la zone 3b, soit le nord du Lac-Saint-Jean et la Basse-Côte-Nord.</p>
<p>Des variétés encore plus nordiques existent au Japon et en Sibérie, mais elles sont encore méconnues au Québec. Les fruits des kiwis nordiques sont vert pâle, font de deux à trois centimètres de diamètre et sont plus goûteux que le kiwi « standard ». Leur pelure « imberbe » fait qu’on peut les manger tout rond.</p>
<p>À maturité, la plante — grimpante, comme la vigne — peut produire de cinq à sept kilos de fruits par année, que l’on récolte de la mi-août à la mi-septembre. Il n’existe encore aucun distributeur de kiwis québécois. Pour y goûter, il faudra cultiver soi-même la plante&#8230;</p>
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		<title>Libre, moi ?</title>
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		<pubDate>Mon, 13 May 2013 12:28:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David Desjardins</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique Champ libre]]></category>
		<category><![CDATA[emploi]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Pige]]></category>
		<category><![CDATA[travail]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>La nouvelle m’est tombée dessus comme une masse. J’étais viré. Mon poste aboli, après 12 années dans le même journal, dont 10 à sa tête. Le choc initial passé, il me restait à décider de ce que j’allais faire en ce début du reste de ma vie. Ou je me cherchais du boulot dans un bureau. Ou je devenais pigiste.</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/societe/chronique-champ-libre/libre-moi%e2%80%89/">Libre, moi ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_96871" class="wp-caption aligncenter" style="width: 487px"><img class=" wp-image-96871 " alt="Illustration : Luc Melanson" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/05/libre-desjardins-795x800.jpg" width="477" height="480" /><p class="wp-caption-text">Illustration : Luc Melanson</p></div>
<p>Je serais alors libre de mon temps, mais victime de l’angoisse permanente qu’induit l’incertitude des revenus aléatoires, vivant à l’affût de chaque passage du facteur, priant un obscur dieu des postes afin qu’il me fasse parvenir mes chèques au plus vite.</p>
<p>J’ai rapidement choisi la seconde formule. Simplement parce que le monde du travail tel qu’il est ne me convient pas et qu’on ne pourra pas m’attacher à un bureau de 9 à 5.</p>
<p>Je ne fais pas un métier qui commande qu’on respecte un horaire précis. Comme des milliers de mes semblables dans notre économie du savoir, je produis des choses qui se mesurent un peu en quantité et beaucoup en qualité, mais surtout pas en temps.</p>
<p>Un rapide tour d’horizon dans mon entourage, même chez ceux qui occupent des postes de cadres, m’a permis de constater l’extrême méfiance de nombreux employeurs, qui comptent chaque petite minute du « temps de bureau » de leur personnel. Un contrôle souvent maniaque qui évacue parfois les autres aspects du travail au profit d’une sorte de présentéisme stérile.</p>
<p>Eric Gosselin confirme mon impression. Professeur titulaire de psychologie du travail et des organisations à l’Université du Québec en Outaouais, il préférerait toutefois que j’emploie un autre terme. « Puisque le présentéisme désigne plutôt la tendance à se rendre au boulot même quand on n’y est pas apte, par peur de prendre du retard, de mal paraître auprès des collègues ou du patron », dit-il, alignant encore mille autres raisons qui sont autant de symptômes de la grave maladie dont souffre un monde du travail trop peu soucieux de ce qui mine ses troupes.</p>
<p>« Par exemple, nous détenons tous les outils pour réduire le stress au travail, et pourtant, les problèmes de santé mentale ne s’améliorent pas, dit-il. Pour que les choses changent, il faut un peu forcer la main aux employeurs. »</p>
<p>Heureusement, plus le temps passe, et plus les jeunes (de la génération Y et de la suivante) changent la donne.</p>
<p>Et parmi les changements qui se profilent, la souplesse des horaires de bureau risque de compter parmi les plus importants. « Les jeunes ne veulent pas se faire imposer les valeurs de l’entreprise ; ils imposent les leurs. Et parmi elles, leur temps compte pour beaucoup, souligne Eric Gosselin. Plutôt que les heures, il va falloir que les entreprises mesurent ce qui est produit. »</p>
<p>Lui-même, comme professeur d’université, est jugé par son employeur selon ce qu’il publie. En plus du temps qu’il passe à enseigner. Mais il constate que cette liberté comporte un versant obscur : beaucoup de ses collègues qui disposent de leur temps comme ils le souhaitent sont désormais incapables de décrocher de leur boulot.</p>
<p>Et c’est exactement ce qui m’arrive. À la fois libre de mon temps et soumis au rendement par lequel je tire mon pécule, j’ai perdu ma vie. Et je suis devenu mon travail.</p>
<p>Je prends mes courriels de manière maladive, travaille presque toutes les fins de semaine, le soir, en voyage, et je suis obsédé à l’idée que, sans congés payés, chaque jour de vacances me prive de revenus.</p>
<p>Parce que j’ai la maison, le ski, les bébelles, les rénos, les cours de ma fille, les restos. Je suis accro à mon mode de vie.</p>
<p>Alors je travaille en alerte, mon oreille guettant le son que fait la boîte aux lettres quand le facteur en rabat le couvercle. Et chaque fois que je sors pour vérifier ce qu’elle recèle, j’ai le sentiment d’avoir échangé un esclavage contre un autre. Avec la conviction, cependant, d’avoir eu ce loisir trop rare de pouvoir choisir lequel me convient le mieux.</p>
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		<title>Les pilules de la colère</title>
		<link>http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/les-pilules-de-la-colere/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 May 2013 13:30:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Valérie Borde</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'actualité Affaires]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[Dossier : Le prix des médicaments au Québec]]></category>
		<category><![CDATA[L'actualité du 15 mai 2013]]></category>
		<category><![CDATA[médicament]]></category>
		<category><![CDATA[pilule]]></category>
		<category><![CDATA[santé]]></category>
		<category><![CDATA[vieillissement]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les Québécois paient leurs médicaments beaucoup plus cher que dans la moyenne des pays de l’OCDE. Pourquoi ? Comment changer la donne ?
</p><p>Cet article <a href="http://www.lactualite.com/lactualite-affaires/les-pilules-de-la-colere/">Les pilules de la colère</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.lactualite.com">L&#039;actualité</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_93693" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_01.jpg"><img class="size-full wp-image-93693" alt="Photo : Roc Canals/Getty images" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_01.jpg" width="600" height="709" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Roc Canals/Getty images</p></div>
<p>Combien avez-vous dépensé en médicaments l’an dernier ? Gageons que, comme la plupart des gens, vous n’en avez aucune idée ! Pour établir la facture, il faudrait pouvoir additionner trois montants : l’argent sorti de votre poche à la pharmacie, celui versé en primes d’assurance médicaments, et la partie de vos impôts payés à Québec qui a servi à acheter les médicaments donnés dans les hôpitaux, qu’on ne facture pas aux patients. L’Institut canadien d’information sur la santé, qui dispose de tous ces chiffres, a fait le calcul. Résultat : en 2012, chaque Québécois a dépensé en moyenne la bagatelle de 1 063 dollars en médicaments. Soit l’équivalent de deux semaines de revenu moyen.</p>
<p>C’est quasiment un record mondial ! Seuls les Américains déboursent plus par personne à ce chapitre que les Canadiens. Et au pays, seuls les habitants des Provinces maritimes paient — un peu — plus que les Québécois. En Colombie-Britannique, la facture annuelle de médicaments est de 702 dollars. Dans les pays de l’OCDE, elle est en moyenne de 494 dollars. Les Néo-Zélandais, qui ne sont ni moins malades ni moins soignés que les Québécois, déboursent presque quatre fois moins par an pour leurs pilules !</p>
<p>Dans les dernières décennies, les dépenses en médicaments ont explosé dans les pays riches. Principale cause ? Le progrès ! Fruits de la recherche pharmaceutique, des milliers de produits ont contribué à prévenir des maladies, à mieux soigner, à éviter des hospitalisations et à allonger la durée de vie. Le vieillissement de la population est aussi, dans une moindre mesure, à l’origine de la hausse des dépenses, selon l’Institut canadien d’information sur la santé.</p>
<p>Mais toute cette pharmacie donne aujourd’hui de sérieux maux de tête aux gouvernements, qui sont nombreux à se demander s’ils en ont encore pour leur argent. Même si les coûts des médicaments continuent de grimper, les progrès thérapeutiques ont nettement ralenti depuis les années 1990. La plupart des nouveautés sont des reformulations légèrement améliorées de produits existants, conçues principalement pour aller chercher des parts de marché. Les réelles innovations, tels les traitements anticancéreux issus de la pharmacogénomique, coûtent les yeux de la tête, parfois plus de 100 000 dollars pour quelques mois de traitement !</p>
<p>L’industrie compte de plus en plus sur le marketing pour maintenir ses profits et ferme ses labos de recherche moins rentables les uns après les autres. « Big Pharma » — surnom donné aux grandes sociétés pharmaceutiques et à leur influent lobby — révèle aussi son côté sombre à mesure qu’on découvre que, ces dernières années, de grandes multinationales ont abondamment triché dans des études cliniques et violé les lois sur le lobbyisme ou la publicité.</p>
<p>Consommer sans cesse plus de pilules a également fait émerger d’autres problèmes : dans le monde, les réactions indésirables aux médicaments sont à l’origine de 10 % à 20 % des hospitalisations, selon l’Organisation mondiale de la santé.</p>
<div id="attachment_93695" class="wp-caption aligncenter" style="width: 576px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_02.jpg"><img class="size-full wp-image-93695" alt="Photo : iStock" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_02.jpg" width="566" height="848" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : iStock</p></div>
<p>Au Québec, les médicaments accaparent 19,4 % de toutes les dépenses de santé publiques et privées, plus que partout ailleurs au Canada. Depuis 10 ans, l’État dépense même davantage pour acheter des médicaments que pour payer les médecins ! « Notre confiance envers les médicaments est trop grande », écrit le père de l’assurance maladie, Claude Castonguay, dans son livre <i>Santé</i><i> </i><i>: l’heure des choix.</i> Selon ce spécialiste, médecins et malades comptent exagérément sur les médicaments pour régler les problèmes de santé. On en prend trop, et ils sont trop chers.</p>
<p>Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter à 1987, année où le gouvernement fédéral de Brian Mulroney fonde le Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés. Cet organisme fixe le prix maximum que les sociétés pharmaceutiques peuvent demander au Canada pour leurs produits. Il s’assure que les tarifs sont raisonnables, mais assez élevés pour inciter l’industrie à investir en recherche. Parmi les sept pays de comparaison retenus par le Conseil, les États-Unis, la Suède, la Suisse et l’Allemagne sont ceux où la recherche est la plus développée, et les prix, les plus hauts.</p>
<p>« Si l’on tient compte des différences du coût de la vie, le Canada apparaît comme le pays où les coûts de consommation pour les produits médicamenteux brevetés sont les plus élevés », lit-on dans le dernier rapport annuel du Conseil. Or, en 2009, le pays avait, après l’Italie, le plus bas rapport entre le montant que l’industrie dépense en recherche et ce que les ventes de médicaments lui rapportent. Alors qu’en Suisse l’industrie dépense un peu plus en recherche que ce que la population paie en médicaments, au Canada, les fonds injectés en recherche par l’industrie équivalent à seulement 7,5 % du chiffre d’affaires de celle-ci au pays !</p>
<p>« Cette politique à vocation à la fois industrielle et de santé est un échec », estime Marc-André Gagnon, professeur de politiques publiques de la santé à l’Université Carleton, à Ottawa. Pourtant, à Québec aussi, on a déjà cru à une stratégie « gagnant-gagnant » avec l’industrie. En 1994, le gouvernement adoptait la « règle des 15 ans », qui prolonge de 15 ans la durée de la protection légale conférée par un brevet et retarde d’autant la commercialisation de produits génériques équivalents. Cette mesure n’empêchera pas la fermeture, entre 2010 et 2012, des quatre grands centres de recherche pharmaceutique de la région de Montréal, ceux des multinationales Merck, Pfizer, AstraZeneca et Boehringer Ingelheim. Et elle freinera l’essor des médicaments génériques au Québec, où on les utilise bien moins qu’ailleurs au Canada.</p>
<p>Les pouvoirs publics plaçaient beaucoup d’espoir dans ces médicaments, copies à l’identique des produits innovants d’hier — en moins cher —, pour faire diminuer les dépenses de pharmacie, après l’expiration de nombreux brevets au cours des années 2000. Puisque l’industrie des génériques n’a pas à soutenir les efforts de recherche, elle peut vendre ses médicaments à moindre coût, et les gouvernements peuvent faire jouer la concurrence quand il existe plusieurs fabricants.</p>
<p>Mais le Canada a moins profité de ces baisses de prix que bien d’autres pays, car les provinces fixent le prix maximum des médicaments génériques à un pourcentage (arbitraire) du prix de leurs équivalents de marque. Par exemple, pour un pourcentage de 25 %, l’équivalent générique d’une pilule coûtant un dollar pourra coûter jusqu’à 25 cents. Résultat de cette façon de faire : les génériques sont aujourd’hui au moins deux fois plus chers au Canada qu’aux États-Unis ! La Nouvelle-Zélande, elle, a centralisé ses achats pour pouvoir négocier plus âprement avec l’industrie. Là-bas, un comprimé de 20 mg de simvastatine (un anticholestérol générique très prescrit) coûte ainsi 1,87 cents… contre 62,5 cents au Québec.</p>
<p>En janvier dernier, tous les territoires et provinces, sauf le Québec, se sont entendus pour ramener à 18 % du prix des marques le prix des six médicaments génériques les plus vendus au pays, contre 25 % à 40 % auparavant. Selon une étude réalisée par Michael Law, professeur à l’École de santé publique et des populations de l’Université de la Colombie-Britannique, le Canada pourrait épargner un milliard de dollars par année sur les génériques s’il imitait la Nouvelle-Zélande et négociait collectivement avec les sociétés pharmaceutiques.</p>
<p>Mais Québec, qui tient à garder la haute main sur ses dépenses, n’est pas intéressé. La politique du plus bas prix, inscrite dans la Loi sur l’assurance médicaments, lui garantit que les fabricants de produits de marque ou de génériques doivent de toute façon lui offrir des prix inférieurs ou égaux à ceux obtenus par tous les autres régimes d’assurance médicaments publics du Canada.</p>
<div id="attachment_93697" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_04.jpg"><img class="size-full wp-image-93697" alt="Photo : 123RF Diego Cervo" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_04.jpg" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : 123RF Diego Cervo</p></div>
<p>Sauf que cette approche montre aussi ses limites. Depuis 2010, l’Ontario et l’Alberta ont négocié des ententes secrètes avec l’industrie — révélées par le quotidien torontois <i>The Globe and Mail </i>—,<i> </i>obtenant des rabais en échange de divers avantages, par exemple le remboursement à l’essai de certains médicaments pour une période donnée, des volumes d’achat fixés d’avance ou la promesse d’investissements dans la province. Les tarifs réellement pratiqués ne sont plus publics… et le Québec ne peut plus s’assurer qu’il obtient vraiment les meilleurs prix !</p>
<p>Si les Québécois paient autant pour leurs médicaments, c’est aussi, en partie, à cause du régime d’assurance médicaments universel (mixte public-privé) mis sur pied en 1997 et qui a eu des effets pervers sur les prix.</p>
<p>Encore aujourd’hui, le Québec est la seule province où tous les habitants sont assurés pour leurs médicaments. La cotisation à une assurance collective privée est obligatoire jusqu’à 65 ans pour les 4,5 millions de personnes qui y ont accès par leur employeur, celui de leur conjoint ou de leurs parents. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre tous les autres Québécois. En 2012, son budget pour l’assurance médicaments dépassait les 3,3 milliards de dollars.</p>
<p>Que ce soit par la RAMQ ou une assurance privée, tous les Québécois peuvent donc être remboursés pour les quelque 5 000 médicaments figurant sur la liste établie par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS), même s’ils doivent verser des franchises annuelles et souvent une petite partie du prix payé. Les assureurs privés, s’ils le souhaitent, peuvent en plus rembourser des médicaments approuvés par le ministère de la Santé du Canada, mais que Québec a choisi de ne pas couvrir.</p>
<p>Durant ses premières années d’existence, le régime d’assurance médicaments universel a vu ses dépenses augmenter de 13 % par an. Des mesures d’économies ont par la suite ralenti la hausse des coûts. On a par exemple plafonné les honoraires que les pharmaciens perçoivent par ordonnance. Les hôpitaux se sont regroupés en centrales d’approvisionnement. Aujourd’hui, tous leurs achats de pharmacie sont gérés par quatre organismes, répartis selon les territoires de l’Agence de la santé et des services sociaux, qui procèdent par appels d’offres.</p>
<p>« En négociant ferme, notamment sur les génériques, on a pu s’offrir des médicaments récents plus coûteux sans trop augmenter notre budget global », dit Louise Poirier, directrice générale par intérim de SigmaSanté, qui achète pour les hôpitaux des régions de Montréal et Laval. Selon cette spécialiste, qui a longtemps travaillé pour McKesson, le plus important grossiste en médicaments au pays, les hôpitaux du Québec obtiendraient souvent des prix plus bas qu’ailleurs au Canada.</p>
<p>Le hic ? Pour récupérer leurs profits perdus dans les hôpitaux et auprès des assurés du régime public, entreprises pharmaceutiques, grossistes et pharmaciens se sont tournés vers les Québécois assurés par des régimes privés, qui ont vu bondir le prix de leur facture de médicaments ! Le montant global des dépenses en médicaments des Québécois a continué d’augmenter !</p>
<p>Les médicaments vendus en pharmacie sont ainsi souvent bien plus chers pour les assurés du privé. « Alors que les honoraires des pharmaciens sont plafonnés à 8,44 dollars par ordonnance pour le régime public, ils peuvent atteindre plus de 50 dollars au privé », explique Mélanie Bourassa Forcier, professeure à l’Université de Sherbrooke. Selon cette spécialiste en droit des médicaments, ce système ouvre grand la porte à tous les abus.</p>
<p>Dans les derniers mois, des enquêtes menées notamment par l’Union des consommateurs et l’émission <i>La facture</i> ont d’ailleurs relevé des différences importantes de prix entre des pharmacies parfois situées à quelques pas l’une de l’autre. « Accepteriez-vous de payer 60 dollars pour un café à un endroit et un dollar à un autre ? C’est pourtant ce qu’on fait avec les médicaments ! » s’insurge Marc-André Gagnon. Comme les pharmacies ne sont pas tenues d’afficher leurs prix, il est presque impossible de magasiner, surtout que les tarifs varient au fil du temps selon les coassurances et franchises déjà payées par chaque assuré. Le montant des cotisations aux assurances collectives a lui aussi grimpé, puisqu’il est établi par chaque assureur en fonction du volume de réclamations faites l’année précédente par chaque organisation. « Les cotisations augmentent plus vite que les salaires, soit d’environ 8 % par an, surtout à cause des médicaments », confirme Yves Millette, vice-président pour le Québec de l’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes.</p>
<p>Comme les cotisations ne dépendent pas du revenu des assurés, les employés à bas salaire ou à temps partiel sont les premiers à écoper. « De plus en plus de travailleurs ont du mal à payer. Certains consacrent plus du quart de leur revenu net à leur assurance médicaments ! » explique Élisabeth Gibeau, de l’Union des consommateurs, qui dénonce un système aussi inéquitable que coûteux.</p>
<p>Les assureurs pourraient-ils négocier les prix des médicaments ? Selon Marc-André Gagnon, ils n’ont aucun intérêt à le faire, puisqu’ils sont payés par les employeurs en pourcentage des dépenses dans les régimes collectifs.</p>
<p>Comment redresser la barre ? « Il n’y a qu’une solution : instaurer un régime d’assurance médicaments universel entièrement public », croit Élisabeth Gibeau. L’idée rallie Québec solidaire et Option nationale, chez les partis politiques, mais aussi les grandes centrales syndicales, des médecins (comme l’urgentologue Alain Vadeboncœur), des spécialistes du système de santé (comme la juriste Andrée Lavoie ou l’économiste André-Pierre Contandriopoulos)… Tous souhaiteraient que Québec étudie sérieusement cette mesure, que la Commission royale d’enquête sur les services de santé préconisait déjà en 1964 et que le Forum national de la santé recommandait au premier ministre Jean Chrétien en 1994.</p>
<p>Selon une étude publiée par Marc-André Gagnon sous l’égide de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS), le Canada pourrait aujourd’hui économiser 10,7 milliards de dollars avec un régime public universel d’assurance médicaments, moins cher à gérer que les innombrables régimes privés et qui accroîtrait son pouvoir de négociation. Au Québec, cette mesure permettrait d’épargner plus de 3 milliards de dollars. « Ce n’est pas une utopie. Bien d’autres pays le font, comme la Suisse, où 94 % des dépenses de médicaments sont payées par l’État » explique le député de Québec solidaire Amir Khadir.</p>
<div id="attachment_93699" class="wp-caption aligncenter" style="width: 610px"><a href="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_05.jpg"><img class="size-full wp-image-93699" alt="Photo : Denis Beaumont/PC" src="http://www.lactualite.com/wp-content/uploads/2013/04/LAT07_MEDIC_05.jpg" width="600" height="374" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : Denis Beaumont/PC</p></div>
<p>Pour Claude Castonguay, qui a contribué à mettre en place le système actuel, le problème n’est pas là. Pour limiter les dépenses, ce spécialiste exhorte Québec à mieux résister aux pressions du lobby pharmaceutique. Il voudrait aussi que l’INESSS réalise au plus vite des revues exhaustives de l’utilisation des médicaments, comme le font d’autres pays, pour agir contre la surconsommation, qu’on ne sait actuellement pas chiffrer. Sans ces indicateurs clairs, il semble en effet illusoire de mener une lutte contre le gaspillage vraiment efficace.</p>
<p>En attendant, Québec a d’autres cartes dans sa manche pour faire baisser les dépenses. En novembre, le gouvernement a aboli la règle des 15 ans, jugée inefficace et trop coûteuse. Elle a été remplacée par des incitations fiscales qui ne lient plus directement le prix des médicaments aux investissements en recherche de l’industrie.</p>
<p>Puis, en mars, le ministre Réjean Hébert a entériné la proposition de l’INESSS conseillant de plafonner le remboursement d’une classe de médicaments, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), utilisés notamment pour traiter les ulcères et problèmes de reflux. À partir du mois d’octobre 2013, la RAMQ ne remboursera plus que 55 cents par comprimé, soit le prix du plus coûteux des génériques. Les médicaments de marque les plus vendus coûtent aujourd’hui plus de deux dollars, et Québec était la seule province au Canada à tous les rembourser. À elle seule, cette mesure devrait permettre d’économiser 35 millions de dollars par an.</p>
<p>L’INESSS a aussi recommandé au ministre de la Santé de recourir à des ententes secrètes avec l’industrie pour diminuer les coûts. « On pourrait ainsi rembourser des médicaments qui sont actuellement écartés, parce que leur rapport coût-efficacité est trop élevé », explique le D<sup>r</sup> Stéphane Ahern, président du Comité scientifique de l’évaluation de l’INESSS. Certains médicaments très onéreux, qui prolongent de quelques mois la vie de malades à un stade terminal de cancer, par exemple, ne sont pas couverts, car on considère qu’ils n’apportent pas assez de bénéfices de santé par rapport aux dépenses qu’ils engendrent.</p>
<p>Québec solidaire propose une autre solution, plus transparente : qu’en plus d’instaurer un régime public universel, Québec crée un pôle d’achat unique pour tous les médicaments et s’implique directement dans la fabrication de certains génériques et de vaccins, afin de diminuer le risque de pénurie. En novembre dernier, Amir Khadir a déposé un projet de loi (qui suit son cours) instituant Pharma-Québec, un organisme mandataire de l’État qui assumerait ces tâches et, en plus, investirait en recherche. « On doit arrêter de coucher avec le lobby pharmaceutique ! » vitupère le député, qui souhaiterait que Québec s’inspire du modèle de négociation mis sur pied en Nouvelle-Zélande… par un gouvernement conservateur.</p>
<p>* * *</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>1 063 dollars. </strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center">Somme que chaque Québécois a dépensée en moyenne en médicaments en 2012. Le vieillissement de la population fera encore grimper ce chiffre.</p>
<p style="text-align: left;" align="center">* * *</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Des efforts… sur le tard</strong></p>
<p>En décidant de plafonner le remboursement d’une classe précise de médicaments, Québec s’inspire de la Colombie-Britannique, qui a pris la même décision… il y a 19 ans ! Dans cette province, une organisation scientifique indépendante, la Therapeutics Initiative, évalue les médicaments par classe de molécules plutôt que par marque, ce qui permet d’éliminer les produits les plus chers quand il y a plusieurs fabricants.</p>
<p>* * *</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>3,3 milliards de dollars.</strong></p>
<p style="text-align: left;" align="center">Budget de la Régie de l’assurance maladie du Québec consacré aux médicaments en 2012.</p>
<p style="text-align: left;" align="center">* * *</p>
<p style="text-align: left;" align="center"><strong>Quand « Big Pharma » dérape…</strong></p>
<p>Employé au départ pour parler des abus du principal lobby de l’industrie pharmaceutique américaine — Pharmaceutical Research and Manufacturers of America (PhRMA) —, le surnom « Big Pharma » désigne maintenant par extension les grandes sociétés pharmaceutiques partout dans le monde et leurs groupes de pression. Et lorsqu’on emploie cette expression, c’est rarement pour en parler en termes élogieux.</p>
<p>Études tronquées pour en effacer les mauvais résultats, dessous-de-table aux chercheurs et médecins, publicité trompeuse, collusion avec les autorités… les mauvais coups de Big Pharma font de plus en plus la manchette. En 2012, aux États-Unis, le groupe GlaxoSmithKline a payé une amende de trois milliards de dollars au gouvernement et à plusieurs États — un record pour une entente à l’amiable ! — en compensation des infractions dont il s’était rendu coupable. « Depuis longtemps, notre système de santé est la cible de tricheurs, qui pensaient faire un profit facile au détriment de la sécurité publique », avait alors déclaré Bill Corr, ministre adjoint de la Santé. En France, c’est l’Agence du médicament qui est accusée d’homicides et de blessures involontaires pour sa gestion du Mediator, médicament contre le diabète et la surcharge pondérale du laboratoire Servier qui a tué plusieurs centaines de personnes.</p>
<p>« Toutes ces tricheries se sont produites ailleurs qu’au Canada ou il y a longtemps », plaide Russell Williams, président de Rx&amp;D, principal lobbyiste de l’industrie des médicaments brevetés à Ottawa. Cet ex-député libéral, qui fut également l’adjoint parlementaire du ministre québécois de la Santé Philippe Couillard jusqu’en mars 2009, demande à Québec de collaborer plus étroitement avec l’industrie pour agir sur les dépenses en médicaments des Québécois.</p>
<p>Mais nombre de spécialistes trouvent que l’industrie a déjà le bras bien trop long à Québec. Claude Castonguay dénonce notamment la décision prise en 2011, par le ministre de la Santé Yves Bolduc, d’autoriser de nouveaux médicaments anticancéreux contre l’avis de l’INESSS, sous les pressions de la Coalition Priorité Cancer au Québec, un organisme largement financé par l’industrie pharmaceutique.</p>
<p>Ottawa est aussi montré du doigt par des spécialistes, notamment parce que le gouvernement refuse de rendre publiques les études cliniques des sociétés pharmaceutiques sur lesquelles le ministère fédéral de la Santé se base pour en approuver les produits. La publication de ces études est obligatoire dans la plupart des pays industrialisés, y compris aux États-Unis. Elle permet aux chercheurs indépendants de les critiquer… et parfois d’y déceler des abus.</p>
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