Parce que l’espérance de vie augmente. Plusieurs pays l’ont fait, et il est temps que le Canada adopte des mesures pour alléger le fardeau financier des jeunes, affirme l’actuaire Claude Lamoureux.

La santé financière des régimes de retraite au Canada, publics comme privés, suscite beaucoup d'inquiétude. Avec le vieillissement accéléré de la population, y aura-t-il assez d'argent pour tout le monde ? Les gouvernements fédéral et provinciaux s'engagent dans une succession de déficits. La Caisse de dépôt et placement du Québec, qui gère l'argent de la Régie des rentes, a perdu près de 40 milliards de dollars en 2008, et son rendement de 10 % en 2009 a été nettement inférieur à celui des autres caisses canadiennes (plus de 16 % en moyenne). Environ 67 % de la population active n'a pas de régime de pension d'employeur et la plupart des caisses de retraite privées sont en déficit.
Des changements sont inéluctables, dit Claude Lamoureux, actuaire qui a dirigé pendant
17 ans les destinées de l'une des plus importantes caisses de retraite au Canada,
celle des enseignants de l'Ontario (connue sous le nom de Teachers'), qui a plus
de 87 milliards de dollars d'actifs. Mais, ajoute-t-il, « il ne faut pas paniquer ». Il faut prendre
des décisions.
Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste à propos de l'état de santé général du système de pensions au Canada ?
- Je suis optimiste de nature. La meilleure façon de régler des problèmes, c'est d'en parler et non de les cacher. Je crois qu'il existe des solutions. C'est vrai que 2008 a été une mauvaise année pour les rendements des caisses de retraite au Canada. Mais 2009 s'est révélée bien meilleure. S'il peut y en avoir d'autres comme celle-là, ça va aider.
Le premier pilier du régime canadien de pensions, c'est la Sécurité de la vieillesse, qu'Ottawa verse à tous les citoyens. Ce régime est financé à même le budget normal de l'État. Avec la série de déficits qui s'annonce, craignez-vous que ces prestations ne soient menacées ?
- C'est évident qu'il faudra procéder à des correctifs, à cause des déficits. Il peut y en avoir dans ce programme ou dans d'autres. J'admire les Néerlandais d'avoir pris des mesures : l'État a haussé l'âge normal de la retraite (qui passera de 65 à 66 ans en 2020, puis à 67 ans en 2025) et opté pour n'indexer les pensions que lorsqu'il aurait les moyens de le faire. Mais nos gouvernements ont de la difficulté à prendre ce genre de décisions.






