Avec un champion de ski derrière lui et une carrière de juriste devant, Alex Harvey, a tout ce qu'il faut pour aller loin. En faisant un petit arrêt sur le podium.

En Norvège, où la popularité du ski de fond se compare à celle du hockey au Canada, Alex Harvey a déjà atteint le statut de star. On le reconnaît dans la rue. On l'arrête même parfois pour le féliciter. Et pour cause ! En mars, à la Coupe du monde de Trondheim, le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges a terminé troisième à l'épreuve du 50 kilomètres. Pour un skieur de 20 ans, c'est un exploit extraordinaire, comparable à une coupe Stanley pour un hockeyeur.
« Le 50 kilomètres, c'est l'épreuve fétiche du ski de fond. Personne ne s'attendait à ce que je fasse aussi bien dès ma première année chez les seniors. En ski de fond, on réalise généralement son plein potentiel vers l'âge de 26 ou 27 ans », raconte Alex Harvey. De retour d'une séance d'entraînement en cet après-midi de septembre, il s'apprêtait à se plonger dans une brique sur le droit constitutionnel, lui qui fait des études de droit à l'Université Laval parallèlement à sa carrière d'athlète. « Je suis deux cours par trimestre. L'université se montre extrêmement compréhensive et me facilite la tâche. »
Chez les Harvey, la passion du ski s'est transmise de père en fils. Le père d'Alex, Pierre Harvey, a été le premier athlète canadien à participer la même année aux Jeux olympiques d'hiver (ski de fond) et d'été (vélo), à Sarajevo et à Los Angeles, en 1984. Pour des milliers de sportifs, dont Pierre Foglia, « Pierre Harvey est l'ultime référence athlétique », le plus grand athlète qu'ait connu le Québec.
Depuis ses débuts, Alex Harvey doit composer avec le fait d'être « le fils de ». Il a fini par s'y faire et s'en accommode très bien. « À ma première participation aux Jeux du Québec, à 12 ans, je commençais à peine la compétition. Je terminais sixième ou septième et c'est sur moi que se précipitaient les journalistes. Il faut dire que nous étions à Rimouski, où sont nés mes parents. Ça me mettait mal à l'aise. Je me demandais pourquoi les journalistes n'allaient pas plutôt interviewer les premiers ! C'est sûr que les attentes sont plus grandes en raison de mon nom de famille », avoue-t-il.
Ses parents ne l'ont jamais obligé à faire du ski et n'ont mis aucune pression sur lui, insiste-t-il. Mais ils lui ont drôlement facilité la vie quand il a choisi de faire de la compétition en ski de fond, ne serait-ce qu'en s'installant à Saint-Ferréol-les-Neiges, à deux pas des superbes sentiers du mont Sainte-Anne. Alex n'a qu'à sortir de la maison et à faire quelques pas avant de chausser ses skis et partir en randonnée sur des pistes qui figurent parmi les plus belles du monde.






