Le best-seller qui déchaîne les passions

Même s’il est né en Espagne, le mouvement des indignés tire son nom d’un pamphlet signé par un ancien résistant français, Stéphane Hessel, âgé de 94 ans.

par Jonathan Trudel

Comptant à peine une trentaine de pages, Indignez-vous dénonce la dictature des marchés financiers, le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres ainsi que la violation des droits de la personne dans divers pays. « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation », écrit Hessel, en s’adressant particulièrement aux jeunes. « C’est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j’ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé. »

Vendu seulement trois euros en Europe (5,99 $ au Canada), ce livre est rapidement devenu un best-seller : plus de 3,5 millions d’exemplaires écoulés depuis sa première parution, en octobre 2010, et des traductions dans une quinzaine de langues, dont l’allemand (Empört Euch), le castillan (¡ Indignao­s !), le catalan (Indigneu-vos !), l’italien (Indignatevi !), l’anglais (Time for Outrage) et le néerlandais (Neem het niet !).

Ce manifeste s’est aussi attiré de vives critiques, dont celle du célèbre auteur et psychiatr­e français Boris Cyrulnik. « Je m’indigne qu’on nous demande de nous indigner, parce que l’indignatio­n est le premier temps de l’engagement aveugle, écrit-il dans une lettre publiée dans le quotidien Le Monde. Il faut nous demander de raisonner et non de nous indigner. »

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