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Le pari fou des écoles anglaises


25 Août 2011

En déclin depuis l’adoption de la loi 101 et de plus en plus désertées par les anglophones eux-mêmes, les écoles anglaises du Québec sont condamnées à se réinventer pour survivre. La solution ? Augmenter la place du français !

Le pari fou des écoles anglaises
Photo : François Pesant

Les parents des élèves de la très anglophone école primaire Nesbitt, dans le très francophone quartier Rosemont, à Montréal, fourbissent leurs armes en prévision de la rentrée des classes. Car ils craignent que ce ne soit la dernière.

La commission scolaire les a prévenus en mars dernier qu'elle étudiait la possibilité de mettre la clé sous la porte de l'établissement en septembre 2012, faute d'enfants. Pas question, rétorquent-ils.

« Fermer les écoles anglophones devrait être impensable au Québec », dit Jean François Desmarais, qui se bat aux côtés d'autres parents pour la survie de l'établissement. « Nesbitt a un excellent programme d'immersion et je sais que mes enfants n'y perdront pas leur français », ajoute ce réalisateur de télé.

Un peu partout au Québec, l'école anglaise est une espèce menacée. À la seule commission scolaire English-Montréal (CSEM), l'une des plus importantes du secteur anglophone québécois, le spectre de la fermeture ou de la fusion plane sur huit établissements, par manque d'élèves ou à cause d'un réaménagement.

Pourtant, l'école anglophone n'est plus l'épouvantail qui faisait peur aux parents francophones des années 1960 - épouvantail contre lequel ils se sont mobilisés, jusqu'à plonger le Québec dans ce qui demeure à ce jour sa plus grave crise linguistique. Aujourd'hui, 34 ans après l'adoption de la loi 101, cette école que l'on accusait jadis de ne former que des Quebeckers unilingues anglophones est devenue un lieu d'innovation en matière de bilinguisme et d'immersion. Au point de faire envie au reste du pays.

Mais si elle veut survivre, l'école anglophone du Québec devra modifier son image. En commençant par convaincre les Québécois qu'elle ne menace plus la langue française... et par convaincre les parents des élèves anglophones qu'elle enseigne un français de qualité.

« On dirait que certains parents ont peur que leurs enfants ne soient pas parfaitement bilingues. Il faut changer cette perception », dit Cathrine Le Maistre, présidente de la Commission de l'éducation en langue anglaise, l'organe consultatif du ministère de l'Éducation pour le secteur anglophone.

Depuis que la rumeur de fermeture circule à l'école Nesbitt, les parents des 400 élèves se sont mobilisés en grand nombre - dont une quinzaine d'irréductibles plus actifs : pétitions, vidéo, blogue, page Facebook, lobby auprès du conseil des commissaires, dans l'espoir que la commission scolaire English-Montréal saisisse l'importance de sauvegarder l'établissement centenaire, et avec lui les autres écoles menacées.

Ce n'est pas la première fois que la CSEM se retrouve face à son destin. Depuis sa création, il y a 13 ans - au moment où les commissions scolaires cessaient d'être confessionnelles pour devenir linguistiques -, elle a dû fermer 15 établissements. Et elle a perdu le quart des 27 000 élèves qu'elle comptait il y a 10 ans.

Le nombre d'inscrits dans tout le réseau anglophone québécois est en chute libre depuis l'adoption de la loi 101, en 1978. La Charte de la langue française a entraîné à l'époque un exode important des anglos vers Toronto. Ceux qui sont restés ont vu les conditions d'admission à l'école anglophone être resserrées. La baisse de la natalité a aussi joué.

Si bien que depuis le début des années 1970, le réseau anglophone a perdu plus de la moitié de ses 248 000 élèves. Aujourd'hui, ses 340 écoles publiques comptent à peine 93 000 inscrits. Cette lente désertion avait été interprétée dès 1992 comme un « arrêt de mort à retardement » par Gretta Chambers, ex-chancelière de l'Université McGill, dans un rapport sur l'avenir de ces écoles.

- Légende de la photo de départ :
Des élèves de maternelle a l'école Nesbitt, dans le quartier Rosemont, à Montréal, reçoivent leurs diplômes.

 

* * *
QUI PEUT ÉTUDIER EN ANGLAIS ?

- L'enfant dont le père ou la mère a reçu la majeure partie de son enseignement primaire ou secondaire en anglais au Canada.

- L'enfant de citoyens canadiens qui a déjà fait la majeure partie de ses études primaires ou secondaires en anglais ailleurs au Canada, ainsi que ses frères et sœurs.

- L'enfant qui était déjà à l'école publique anglaise avant août 1977, ainsi que ses frères et sœurs.

- L'enfant dont les parents sont en séjour temporaire au Québec, pour une durée maximale de six ans.

- L'enfant éprouvant de sérieuses difficultés d'apprentissage.

- L'enfant se trouvant dans une situation difficile sur le plan humanitaire.

Sous certaines conditions stipulées dans la loi, les écoles privées non subventionnées, dites passerelles, permettent à un enfant d'obtenir un certificat d'admissibilité à l'école anglaise.

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Commentaires (15)

Je trouve l'article

Je trouve l'article inutilement trop tragique. Les anglophones ont quand même 9 autres provinces, 3 territoires, et même 50 États juste à côté.
Même si toutes les écoles anglaises du Québec fermaient, ce ne serait aucunement la fin pour cette communauté.

Pourquoi pas des écoles en italien, en mandarin ou en arabe? C'est drôle mais on n'entend jamais ces trois communautés se plaindre de ne pas avoir d'écoles subventionnées dans leur langue.

Les Anglos et les français

Les Anglos et les français d'origine, en tant que pays fondateurs, n'ont pas le même statut que les Italiens, les mandarins et les autres communautés ethniques. Quand nous demandons le bilinguisme ( français-anglais), même si certaines ethnies sont plus populeuses dans le ROC,c'est en raison de notre statut de peuple fondateur.

Je suis tout bonnement et

Je suis tout bonnement et entièrement d'accord avec vous.

Vous répondez exactement

Vous répondez exactement comme répondent certains anglophones d'Ontarion devant l'affirmation du français là-bas. Les anglophones sont des québécois à part entière, comme les francophones peuvent être ontariens et canadiens à part entière.

Je suis un des irréductibles

Je suis un des irréductibles parents qui défend l'école Nesbitt. Je trouve votre commentaire malheureux pour plusieurs raisons.

Je suis un québécois pure laine (séparatiste de surcroît) et j'ai épousé une anglophone. Est-ce que je dois comprendre à votre propos qu'étant donné que je partage ma vie avec une anglophone et que je veux que sa langue et sa culture soient respectées (comme la mienne d'ailleurs), je dois donc m'expatrier?

Dois-je aussi comprendre à votre propos qu'au Québec, pour préserver le français, il faut écarter systématiquement l'anglais? J'ignore dans quel monde que vous vivez, mais le mien qui est un monde global de performance nos enfants seront nettement mieux équipés pour survivre avec une, deux ou même trois langues.

À votre propos je suspecte que vous avez à cœur le fait français et c'est tant mieux. Dites-moi, quoi de plus choquant que d'arriver dans un magasin et se faire servir en anglais alors que nous sommes francophones. Les programmes d'immersions règlent le problème. Ces programmes enseignent le français au anglais! Ces programmes provoquent un rapprochement entre les deux communautés, entre les deux langues.

En soutenant des écoles anglophones qui mettent de l'avant le français nous faisons avancer bien plus le fait français qu'en tentant à tort d'éradiquer l'anglais de la province.

Les programmes d'immersions sont ce que l'enseignement des langues au Québec devrait être, que ce soit pour l'immersion française ou l'immersion anglaise. Empêcher nos enfants d'être éduquer c'est les garder dans la noirceur que la mondialisation ne tolérera pas.

La situation est complexe! Oui, certains anglophones sont fermés au français et c'est malheureux. Mais le pari fou de certaines écoles audacieuses est tout autre...

Arrêt d'être peur Marc. !!!

Arrêt d'être peur Marc. !!! Les Québecois devraient rester respectueux a tout ces citoyen(nes). Les anglophones peuvent pas étudié au État-Unis !! Arrêt avec votre haine d'une société très important et qui aide avec la dévelopement de NOTRE province.

Sauf que nos partneraires

Sauf que nos partneraires majeurs en commerce parlent tous anglais. La langue du commerce international est l'anglais. Et dans sa position anti-anglais (oui, on l'enseigne dans les écoles francophones, mais ça fait tellement pitié qu'on ne devrait pas la faire pour au moins avoir une excuse valable pour le parler si horriblement), le Québec se rend désuet. Déjà qu'un haut pourcentage de notre population ne s'éduque pas assez pour être compétitif dans le marché mondial (et oui, on peut tous penser à des exceptions - des exceptions), ceux qui ont des compétences techniques perdent des opportunités à cause du manque d'accès à toutes les options disponibles.
L'arabe, oui, ça serait logique si nous avions plus de commerce avec eux. C'est une grande population. Quoique la Chine aussi (mandarin). Mais l'Italien? C'est peut-être bien beau et romantique, mais apprendre une langue pour être "cute" c'est réservé pour les gens dans la cinquantaines qui se cherchent un passe-temps ou qui partent en croisière.
L'école se doit de préparer les jeunes pour le marcher du travail, au niveau du DES, DEP, Cegep ou de l'universitaire. Le cours classique est disparu pour bonne raison. Oui, les gens peuvent aller apprendre dans une autre province, puis pour bonne raison aussi. Les professeurs sont tous mieux payés ailleurs au pays, les réformes éducationnelles sont passées avec succès, et le taux de réussite est vachement plus élevé. Je crois que l'auteur essaie de brasser une province qui cherche à couper l'accès aux adultes à une éducation en anglais. Ça fait pitié, puis oui, c'est tragique.
Si on continue dans la même voie, on est aussi bien d'apprendre à nos élèves comment encaisser leurs chèques...

Simon, Oui, l'anglais est la

Simon,

Oui, l'anglais est la langue du commerce international.

Mais combien d'entre nous travaillent dans le commerce international? Et dans une compagnie qui exporte, tous ont-ils besoin d'être bilingue? Dans la compagnie qui exporte des avions, les mécaniciens qui entretiennent les avions doivent-ils parler anglais à leur tournevis?

Je ne dis pas qu'on ne doit pas connaître et enseigner l'anglais, et je crois qu'on devrait mieux l'enseigner.

Je vois l'anglais un peu comme les mathématiques. Les mathématiques sont une science importante, mais nous n'avons pas tous à avoir une même connaissance des mathématiques. De part ma formation professionnelle, j'ai une connaissance supérieure à la moyenne des maths, ma soeur, qui est psychologue, a des connaissances moyennes des maths, ça a une utilité limitée dans son domaine.

Il en va de même pour l'anglais, nous n'avons pas tous à maitriser cette langue de la même façon. Quand l'idéal de tout un peuple est d'apprendre la langue de l'Autre, il y a quelque chose qui ne va pas.

Le balayeur de plancher a-t-il besoin pour son travail de parler anglais? On me dira qu'il devrait peut-être apprendre l'anglais si il ne veut pas rester balayeur de plancher toute sa vie. Je lui conseillerais, au lieu d'apprendre l'anglais pour aller balayer des planchers anglais, d'apprendre la comptabilité, l'informatique ou la menuiserie.

Michel Patrice

Très bon commentaire !!!

Très bon commentaire !!!

moi je pensse qu'il y aurait

moi je pensse qu'il y aurait plus d'inscription si on laissait les enfants qui n'ont pas de parent qui son allé à l'école anglaise, moi je serais la premiere a inscrire mon fils si je le pouvais

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