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Le train de la honte


9 Décembre 2011

Un épisode peu glorieux et longtemps tenu secret de l’histoire canadienne est enfin révélé par l’historien chinois Xu Guoqi.

Entrevue avec Xu Guoqi : le train de la honte
Photo : Coll. Liddle / Bibl. de l'U. de Leeds

Lors de la Première Guerre mondiale, près de 85 000 paysans importés de Chine ont transité comme du bétail d'un bout à l'autre du Canada à bord de trains scellés, avant d'être embarqués manu militari sur des navires à Montréal et à Halifax, à destination des champs de bataille européens. Voilà le secret bien enfoui et peu reluisant déterré par l'historien chinois Xu Guoqi, professeur à l'Université de Hongkong. Ce secret, découvert aux Archives nationales d'Ottawa, il le révèle dans son plus récent livre, Strangers on the Western Front: Chinese Workers in the Great War (Harvard University Press).

Né dans la Chine de Mao, Xu Guoqi (photo : D.R.) a décidé de quitter son pays après le massacre de la place Tiananmen, en 1989. Il a accepté une bourse de l'Université Harvard, où il obtint son doctorat. C'est à cette époque qu'il a fait ses premières découvertes sur le rôle de la Chine dans la Grande Guerre, mais aussi sur l'influence que cette dernière a eue sur l'histoire chinoise.

Au total, 140 000 travailleurs chinois se retrouveront ainsi au cœur du conflit, certains transitant par l'océan Indien et le canal de Suez. Les dizaines de milliers qui, d'avril 1917 à avril 1918, arrivèrent au port de Vancouver avaient été engagés en Chine comme contractuels par des recruteurs britanniques. Or, les Chinois étaient jugés indésirables au Canada, maintenant qu'on n'avait plus besoin d'eux pour construire le chemin de fer transcanadien. Pas question donc de laisser ces hommes mettre les pieds sur le sol canadien avant leur embarquement sur la côte Est.

Pourquoi ces Chinois ont-ils accepté d'aller au front pour les Alliés ? Que leur est-il arrivé ? Pourquoi les Canadiens ignorent-ils tout de leur passage ? L'actualité a rencontré Xu Guoqi à Shanghai.

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Comment avez-vous découvert ce secret de l'histoire canadienne ?

En préparant ma thèse de doctorat à Harvard sur la Chine et la Première Guerre mondiale, j'ai trouvé un tas de documents provenant de diverses archives, à Taïwan, en France et en Angleterre, sur la présence de travailleurs chinois en France. Le gouvernement chinois souhaitait s'insérer dans cette guerre aux côtés des Alliés, car il avait compris qu'à la fin du conflit des négociations de paix auraient lieu, qui pouvaient mener à un nouvel ordre mondial. En participant à la guerre, la Chine espérait faire partie de ce monde nouveau, comme membre égal, à part entière. C'est de là qu'est venue la stratégie chinoise d'envoyer des travailleurs à l'Europe en guerre. Cela dit, la por­tion canadienne de leur odyssée n'était pas claire. Je n'ai décou­vert l'envergure de l'opéra­tion qu'en 2007, lors d'un voyage à Ottawa, où j'ai eu accès aux Archives nationales ainsi qu'à des collections privées.

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Commentaires (2)

Pour les passionnés

Pour les passionnés d'histoire, un autre épisode méconnu de la première guerre mondiale: le camp de détention de Spirit Lake, en Abitibi:
http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol10num1/v10n1_7sl.htm

Cette histoire est à la fois

Cette histoire est à la fois intéressante, mais aussi porteuse d'interrogations. J'aimerais avoir d'autres sources qui la confirme.

Ça sent un peu le révisionnisme à l'avantage de la Chine quoi que c'est possible.

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