En 2001, le Conseil de la famille et de l’enfance a remis un prix ISO familles à sept entreprises championnes de la conciliation travail-famille. Aujourd’hui, où en sont-elles ? L’actualité a fait sa petite enquête.

On garde le cap !
Café Graffiti, Montréal
Milieu de vie pour les jeunes marginalisés, le Café Graffiti grouille de monde du matin au soir. Les travailleurs sociaux qui accompagnent les jeunes dans leurs initiatives (contrats pour des œuvres murales ou des vitrines de magasins, spectacles de breakdance) se sont partagé les plages horaires selon leurs préférences ; certains travaillent à temps partiel, d'autres à temps plein.
Le nombre d'employés du café est passé de 10 à 35 depuis 2001, mais cela n'a rien changé au mode de gestion du directeur, Raymond Viger, très soucieux du bien-être de son personnel. Quand le graphiste, Juan Carlos Sanchez, lui a annoncé qu'il serait papa, c'est lui, le patron, qui lui a rappelé qu'il avait le droit de prendre plusieurs mois de congé. Et quand un travailleur social lui semble un peu trop près de l'épuisement professionnel, il le force à s'arrêter ! En cas de pépin avec la garderie, les enfants des employés sont les bienvenus au café.
Le prix des fusions
Municipalité de McWatters, Abitibi
La petite municipalité de McWatters a été avalée par Rouyn-Noranda en 2002. Les employés municipaux ont dû se plier à la convention collective des employés de la Ville de Rouyn-Noranda et dire adieu à leurs arrangements imaginatifs. Un exemple : à la mairie de McWatters, deux femmes occupaient le poste d'adjointe administrative, se partageant à parts égales les tâches, les heures et le salaire.
La Ville de Rouyn-Noranda n'offre ni poste à temps partagé ni poste à temps partiel. En revanche, la convention collective permet aux employés d'aménager leur horaire avec l'accord de leur supérieur immédiat. Et la Ville n'est pas chiche sur les congés : les employés bénéficient de trois jours de congé mobiles ; ils peuvent prendre leurs heures supplémentaires sous forme de vacances ; et ils ont même le droit de s'offrir une semaine de vacances annuelles de plus, financée par un prélèvement sur leur paye. « Lors des négociations de convention collective, les employés ont préféré obtenir des congés plutôt que des augmentations salariales », souligne le directeur des ressources humaines de la Ville de Rouyn-Noranda, Serge Dion. Une stratégie gagnant-gagnant : « Des gens avec de gros problèmes de conciliation travail-famille, je n'en rencontre pas dans mon bureau », dit-il.
Bénéfices en baisse
Caisse Desjardins de Granby-Bromont
La caisse de Granby-Bromont se faisait une fierté des arrangements offerts à ses employés : postes partagés, temps partiel et semaine de 35 heures comprimée sur quatre jours.





