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Les plans des bonzes de l’énergie


29 Septembre 2010

La planète ne tiendra pas le coup si rien ne change, admet le président du Conseil mondial de l’énergie, Pierre Gadonneix. Qui croit que le Canada pourrait ouvrir la voie en résolvant ses propres querelles énergétiques !

Mandarins du pétrole et du nucléaire, entrepreneurs verts, ministres du Moyen-Orient : le gratin du secteur de l'énergie s'est réuni pendant cinq jours à Montréal en septembre. Ce Congrès mondial de l'énergie, le Davos de l'industrie, était l'occasion de discuter d'un double problème. Primo, l'énergie que produit la planète ne suffira pas à répondre aux besoins des pays émergents. Secundo, ce que nous produisons déjà pollue trop.

Pour la population du globe, cela signifie que les prix du pétrole, du gaz et de l'électricité vont grimper... au même rythme que la température. « Il nous faut inventer un nouveau schéma de croissance qui soit moins gourmand en énergie tout en étant compatible avec le développement économique », indique le Français Pierre Gadonneix, président du Conseil mondial de l'énergie. Le congrès de cette organisation, fondée en 1923, se tient tous les trois ans.

Gadonneix, 67 ans, parle par expérience. Il a dirigé le groupe Gaz de France pendant 17 ans. Et de 2004 à 2009, il était président-directeur général d'EDF (Électricité de France), premier producteur nucléaire mondial.

L'actualité l'a joint au téléphone à son bureau de Paris.

***

À quoi ressemblera la planète énergé­tique de demain ?

- Cela reste à définir. Mais il y a un consensus mondial sur le fait qu'il faut faire les choses autrement. Je reviens tout juste d'un voyage en Chine. Ils disent là-bas : « Nous avons parfaitement conscience que nous ne pouvons nous développer en suivant le modèle de l'Europe ou des États-Unis. Ce ne serait pas viable. »

Beaucoup de gens ont été déçus par les résultats de la conférence de Copen­hague sur le climat, organisée par les Nations unies en décembre dernier. L'idée d'imposer des objectifs chiffrés d'émissions de CO2 pour chaque pays n'a pas abouti. Ce qui est encourageant, toutefois, c'est qu'un accord a été signé par la quasi-totalité des membres, dont les principaux pays émergents que sont la Chine, l'Inde et le Brésil. Ce geste est important. Il signifie que ces pays considèrent qu'ils ont la responsabilité d'établir des règles du jeu en matière de développement durable.

Au moins, tous marchent dans la même direction. Et le congrès de Montréal est l'occasion de faire le point avant la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Cancún, au Mexique.

Quelle est l'importance du Canada dans la construction de ce nouveau marché de l'énergie ?

- Rares sont les pays aussi riches en énergie que le Canada. Vous avez des rivières pour générer de l'hydroélectricité, d'impor­tants gisements de pétrole et de gaz, des mines d'uranium, des centrales nucléaires et de puissants vents pour faire tourner des éoliennes !

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