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Les poules urbaines ont la cot


20 Avril 2009

De plus en plus de citoyens, en Amérique du Nord, élèvent des poules dans leur cour, en ville, pour avoir des œufs frais.

Photo : Torontochickens.com

Tim Murphy, 29 ans, rêve du jour où il montera sur son toit vert pour ramasser… les œufs frais de ses poules ! « On pourrait cuisiner des plats très locaux », dit ce mince barbu aux cheveux noirs, coordonnateur du développement durable de Santropol roulant, organisme montréalais qui livre des repas aux personnes âgées.

Santropol roulant cultive depuis trois ans un jardin collectif, au centre-ville, en partenariat avec l’ONG Alternatives et l’Université McGill. Cette « popote roulante » aimerait bien aménager un jour un jardin et un poulailler sur son toit. « Mais il faudra que la réglementation municipale change », dit Tim Murphy.

L’élevage de poules est interdit dans les zones urbaines de Montréal, Québec, Laval, Longueuil, Sherbrooke et Gatineau. Mais il est permis depuis longtemps à New York, Seattle et Chicago. Depuis cinq ans, de nombreuses autres villes américaines leur ont emboîté le pas.

Les poules urbaines ont la « cot » en Amérique du Nord. De plus en plus de citadins en élèvent dans leur cour, pour les œufs (et non la chair). Une trentaine de jardins communautaires new-yorkais, surtout situés dans les quartiers du Bronx et de Brooklyn, possèdent maintenant un poulailler, en plus des traditionnels potagers.

Au Canada, des villes comme Niagara Falls et Victoria donnent droit de cité aux poules urbaines — mais pas aux coqs, trop matinaux ! Vancouver en fera autant prochainement et Toronto étudie cette possibilité. Une résidante torontoise qui élève des poules illégalement a recueilli plus de 875 signatures dans une pétition mise en ligne en 2008 (torontochickens.com).

Au Québec, on ne craque pas encore pour les cocos made in Rosemont. Près de 55 % des Québécois estiment que les municipalités doivent continuer d’interdire en ville l’élevage des petits animaux de ferme, comme les poules, selon un récent sondage de la maison CROP mené pour L’actualité. Bonne nouvelle pour eux : les grandes villes québécoises, dont Montréal et Québec, n’ont pas l’intention de modifier leur réglementation, aucun citadin n’en ayant fait la demande.

Mais des poules clandestines caquètent déjà en ville, affirme, sans en dire plus, Vikram Bhatt, 59 ans, professeur à l’École d’architecture de l’Université McGill et spécialiste de l’agriculture urbaine. Et ces volatiles seront encore plus nombreux dans l’avenir. Leur élevage, écologique, va de pair avec le jardinage. « Leurs excréments servent de fumier pour fertiliser le potager », dit Vikram Bhatt, Indien d’origine arrivé au Canada en 1973.

Les poules urbaines en picotent plus d’un. En Colombie-Britannique, la SPCA s’inquiète de leur sort — finiront-elles dans la gueule de ratons laveurs ? Les producteurs de volailles, eux, craignent un manque de contrôle sanitaire. Si les oiseaux contractaient la grippe aviaire, cela nuirait à leurs exportations. C’est sans compter la population, qui redoute le bruit et les mauvaises odeurs de ces voisines de basse-cour.

Pour éviter ces problèmes, des villes « amies des poules » limitent le nombre d’oiseaux permis par résidence (généralement entre 4 et 10). Elles déterminent aussi une distance minimale entre leur enclos et la maison voisine (exemple : 10 m).

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Commentaires (2)

bravo! je possède moi-même

bravo! je possède moi-même des poules et ce sont des animaux extraordinaires. J'ai la chance de vivre sur une fermette et d'avoir un droit acquis, mais quand même en ville. Mes filles qui vivent à Québec et à Montréal aimeraient bien avoir des poules. Que doit-on faire? En faire la demande à la Ville j'imagine et j'imagine aussi la réponse!

Ici à Trois-Rivière je me

Ici à Trois-Rivière je me suis fait répondre par la ville: Aucun animal d'élevage n'est permis. A la SPCA j'ai passé pour un extra terrestre. Moi je ne vois pas la différence entre avoir trois chats ou trois poules.

J'aimerais avoir quelques poules mais je comprend la crainte des gens. Moi même je n'aimerais pas que mon voisin élève 250 poules.

Il faut continuer d'en parler Je suis convaincu que ce n'est qu'une question de temps. Encore une petite crise économique, un peu de pesticides ici et d'OGM par là et tout le monde voudra avoir son petit poulailler.

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