Bien sûr, il y a le ski, le patin et les balades en traîneau. Mais si on consent à sortir des sentiers balisés, l'hiver québécois peut nous réserver d'incroyables surprises. Et qui sait, séduire les plus frileux. Suivez le guide !

Le premier « Yver » de Champlain à Québec tua 20 de ses 28 compagnons. Et pourtant, quatre siècles plus tard, non seulement les Québécois ont apprivoisé l'hiver, mais ils se définissent largement par lui. De Robert Charlebois à Émile Nelligan en passant par Yves Beauchemin, Claude Jutra et, bien sûr, Gilles Vigneault, pas un auteur, pas un chanteur, pas un cinéaste n'a manqué de célébrer ou de vomir l'hiver. Que seraient Maria Chapdelaine, Bonheur d'occasion, Mon oncle Antoine, Kamouraska, L'hiver de force ou Agaguk sans ces jardins de givre ?
Cet hiver obsède penseurs, entrepreneurs, politiciens et « patenteux ». Il balise toute l'oeuvre botanique du frère Marie-Victorin. Pas un premier ministre ne déclenche une élection sans se demander quand viendra l'hiver. On lui doit la « Sainte-Flanelle », surnom du club de hockey Canadien. Moïse Paquette, de Sainte-Agathe, a inventé le remonte-pente, Arthur Sicard la souffleuse à neige. Que seraient Hydro-Québec et Bombardier sans ces bordées et ces grands froids ?
Il y a aussi un hiver plus intime, qui définit nos souvenirs anciens et nos sensations profondes. Rien n'excite plus un enfant que la première bordée. Le crissement des pas sur la neige durcie, le craquement de la glace sous le poids du patineur, le chuintement de la pointe du ski qui dépasse de la poudreuse, ces bruits n'appartiennent qu'à l'hiver. Chaque tempête ou verglas est une irruption de la nature qui nous ramène à l'essentiel. L'hiver est notre saison la plus « naturelle ».
L'hiver est tout sauf une morte-saison. Il suscite les passions et les idées. On le déteste ou on l'adore. Pour des milliers de Québécois, la Floride est un refuge. Mais les amoureux de l'hiver sont au moins aussi nombreux : ils ont apprivoisé cette saison vitale en créant des dizaines d'activités inusitées, que nous avons explorées pour vous.
spons=otq_3203
La manière casse-cou
Imaginez des skieurs chaussés de patins à glace, vêtus en joueurs de hockey, dévalant de nuit le cap Diamant, à Québec, sur une étroite piste toute en bosses et en virages. C'est l'ambiance générale du Red Bull Crashed Ice, l'une des compétitions les plus « débiles » qui soient. Partant du Château Frontenac, les 120 concurrents, répartis en groupes de quatre, dévalent la côte de la Montagne à 70 km/h pour terminer leur course dans le port, place de Paris. « J'ai fait pas mal de motocross et de planche à neige, alors ça ne m'intimide pas trop », dit Christian Papillon, qui a terminé 10e en 2008 et qui en est à sa troisième participation.
Peu de manifestations sportives attirent une telle foule : 85 000 spectateurs dans les rues de Québec lors de la finale de 2008, année de la quatrième cuvée. Parmi les 4 000 candidats qui s'inscrivent, 1 500 sont de la région de Québec. La sélection est impitoyable : par tirage au sort, on choisit 2 200 participants, qui passent des épreuves d'habileté en aréna. Seuls les 120 meilleurs auront la chance de faire les vraies descentes entre 15 et 20 pour les 64 finalistes, dont 16 femmes. « La course débute après deux ou trois essais. Il faut s'habituer vite », dit Christian Papillon.






