Marchandises militaires: la grande hypocrisie canadienne

[EXCLUSIF] Le Canada a fait fi de ses propres lignes directrices à répétition ces 25 dernières années, approuvant des exportations de matériel militaire valant des centaines de millions de dollars dans des pays instables et pour des États meurtriers.

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Le 8 février 2017, une précision importante a été faite dans la méthodologie, à la fin de ce reportage.
 
 
Le Canada se targue d’avoir les contrôles «parmi les plus rigoureux» en matière d’exportation de marchandises militaires. Pourtant, ces 25 dernières années, le tiers des ventes d’armement à l’étranger ont été destinées à des dictatures, certaines très violentes et meurtrières, avec la bénédiction du gouvernement canadien.

Une enquête exclusive de L’actualité montre que l’État canadien, qui a le pouvoir de bloquer les ventes d’armes qui ne répondent pas à ses critères, n’en a refusé que 0,1% en 2014 et 2015. Ces chiffres excluent les exportations vers les États-Unis, pour lesquelles le Canada ne fait pas de suivi.

Certaines des livraisons d’armes approuvées concernent pourtant des pays régulièrement décriés pour leur bilan désastreux en matière de droits de la personne. L’Arabie saoudite a acheté 22% de toutes les exportations de marchandises militaires canadiennes depuis 1990 (les États-Unis exclus). Valeur totale: plus de quatre milliards de dollars. Cette monarchie absolue est le plus important client des fabricants d’équipement militaire canadiens. Et avec un récent contrat de 15 milliards de dollars étalé sur 14 ans pour des véhicules blindés légers, la famille royale al-Saoud a de fortes chances de le rester.

La Chine et la Russie, avec des achats respectifs de 3,9 millions et 1,5 million de dollars depuis les années 1990, ne sont pas les plus importants clients du Canada. Toutefois, les exportations, année après année, d’armes à feu, de matériel électronique et d’équipement d’entraînement militaire vers ces deux pays, parmi les plus répressifs au monde, soulèvent bien des questions sur les processus d’évaluation et d’approbation d’Ottawa.

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Les entreprises établies en sol canadien qui souhaitent vendre à l’étranger des produits figurant sur la Liste de matériel de guerre doivent en effet obtenir des licences d’exportation. Une équipe de 25 fonctionnaires est responsable d’évaluer les requêtes. Pour la première fois l’année dernière, Ottawa a ajouté dans son rapport annuel sur ces exportations le nombre d’acceptations et de refus. Sur les 7 310 demandes soumises par les producteurs d’armement en 2014 et 2015, seulement 10 ont été refusées. L’identité des fabricants n’est révélée dans aucun rapport ou document public. Les détails concernant les demandes rejetées sont également confidentiels.

ALGÉRIE ET ÉGYPTE
La vente de 28 millions de dollars de marchandises militaires canadiennes à l’Algérie, de 1991 à 2008, alors que l’annulation d’élections législatives par l’armée y provoque une guerre civile qui durera plus d’une décennie, est un autre cas à noter. Ou encore les 43,8 millions de dollars d’équipements à destination de l’Égypte de 2013 à 2015, soit juste après un coup d’État qui a entraîné des manifestations monstres et des centaines de condamnations à mort. Selon Human Rights Watch, la répression de l’armée égyptienne pendant ces années-là fut «l’un des plus importants massacres de manifestants de l’histoire récente».

Les lignes directrices à propos des exportations de marchandises militaires ont été édictées en 1986 par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Le plus récent rapport spécifie que «le Canada contrôle rigoureusement» les exportations vers les pays «qui sont engagés dans un conflit ou risquent de l’être sous peu», tout comme ceux «où les droits humains de leurs citoyens font l’objet de violations graves et répétées de la part du gouvernement».

Alors pourquoi la quasi-totalité des ventes d’armement ont-elles été approuvées par Ottawa? Les clients étaient-ils des alliés stratégiques? Des gouvernements légitimes soudainement assiégés par des groupes armés et réclamant l’aide canadienne? Impossible pour les Canadiens de le savoir, même si l’État autorise ces ventes d’armes en leur nom. Pour des raisons de «confidentialité des renseignements commerciaux», celui-ci «ne divulgue pas l’information relative aux demandes de licences d’exportation», précise par courriel le ministère des Affaires mondiales, qui ajoute: «La divulgation de ces renseignements pourrait porter préjudice à la conduite des affaires internationales ou à la défense du Canada et d’États alliés.»

RUSSIE
Depuis 2003, les fabricants canadiens ont exporté vers la Russie 1,2 million de dollars d’armes à feu de petit et gros calibres, ainsi que des munitions. Si certaines années la valeur des marchandises n’était que de quelques centaines de dollars, elle a atteint un sommet en 2014: un demi-million de dollars d’armes à feu y ont été envoyées, alors que le conservateur John Baird était ministre des Affaires étrangères. Pourtant, en février de la même année, la Russie envahit la Crimée, en Ukraine. Le Canada impose des sanctions à Moscou, qui lui en impose à son tour. Une mystérieuse exportation de «technologie» d’une valeur de cinq dollars a également eu lieu en 2002, sous les libéraux de Jean Chrétien.

Pour faire la lumière sur la question, L’actualité est parti à la quête de tous les rapports sur les exportations canadiennes de marchandises militaires, du premier, paru en 1991, jusqu’au plus récent, en 2015. Et ce fut tout un défi!

La partie facile: les rapports de 2007 à 2015 étaient tous accessibles sur le site Web du ministère des Affaires mondiales du Canada. La partie compliquée: trouver les rapports des 16 années précédentes! Par chance, la bibliothèque virtuelle Internet Archive, création d’un organisme américain sans but lucratif qui s’est donné pour mission de numériser tout ce qui se trouve sur le Web, avait commencé à copier les documents de l’État canadien dès les années 1990. Il a donc été possible de se procurer une version numérisée des rapports de 1996 à 2006 auprès de l’organisme. Pour les plus anciens, le seul espoir résidait dans d’éventuelles copies papier. Après avoir visité les archives de plusieurs établissements et organismes, L’actualité a finalement déniché les documents de 1991, 1992, 1993 et 1995 sur une étagère de la bibliothèque de HEC Montréal. Restait à trouver le rapport de 1994…

C’est le dévouement d’une fonctionnaire de Bibliothèque et Archives Canada qui nous a finalement permis de mettre la main sur l’insaisissable document. Elle a photographié, avec son téléphone personnel, les pages du rapport de 1994, gardé dans la collection de préservation à Ottawa.

Dès lors, dans un fouillis de pages Web, fichiers PDF, photographies et photocopies, nous avons pu retrouver la trace de chacune des exportations militaires canadiennes des 25 dernières années. D’autres données ont aussi été extraites de rapports d’organismes et de centres de recherche concernés par la répression politique, les conflits internes et l’état de la démocratie de chaque pays importateur, pour chaque année d’exportation. Un programme informatique codé par nos soins a permis de comparer et de croiser ces centaines de milliers de données, pour finalement lever le voile sur le contrôle laxiste des exportations de marchandises militaires par le Canada.

THAÏLANDE
Depuis 2003, des entreprises canadiennes ont exporté en Thaïlande des armes à feu, des véhicules terrestres et aériens, ainsi que du matériel électronique militaire, d’une valeur totale de 59 millions de dollars. Pourtant, la situation politique se dégrade dès 2003 et un coup d’État militaire survient en septembre 2006. L’année suivante, des élections sont déclenchées, mais la situation reste tendue. En deux ans, cinq premiers ministres défilent à la tête de l’État thaïlandais. En 2010, des manifestations massives sont réprimées dans le sang. En 2014, un nouveau coup d’État secoue le pays. Le Canada continue pendant tout ce temps à envoyer des marchandises militaires. Et 10 ministres se succèdent aux Affaires étrangères, tant des conservateurs que des libéraux.

Au total, le Canada a vendu des marchandises militaires d’une valeur de 18,5 milliards de dollars dans 143 pays ou territoires ces 25 dernières années, les États-Unis exclus. De ce nombre, près du tiers, représentant 5,8 milliards de dollars, ont été livrées dans 59 pays considérés par la Freedom House — organisme américain indépendant qui évalue l’état de la démocratie dans plus de 200 pays depuis la fin des années 1980 — comme des dictatures lors de l’année de l’exportation.

Des marchandises militaires d’une valeur de 4,3 milliards, soit le quart des exportations, ont atterri dans 77 pays où la répression politique (détention illimitée sans procès pour les opposants politiques, par exemple) était manifeste pendant l’année d’exportation, selon l’échelle de «terreur politique» de l’Université Purdue, aux États-Unis. Cette échelle se base sur les rapports d’Amnistie internationale, de Human Rights Watch et du Département d’État américain sur les droits de la personne dans le monde.

Par ailleurs, 36 pays où les meurtres, la torture et les enlèvements pour raisons politiques faisaient partie du quotidien (toujours selon l’échelle de terreur politique de l’Université Purdue) ont reçu de l’équipement militaire canadien, pour une somme de 518 millions de dollars. Et un groupe de 11 pays, comme l’Algérie en 1994 ou encore le Pérou en 1992, ont même reçu du matériel militaire d’une valeur totale de 54 millions de dollars alors qu’ils étaient en situation de terreur politique totale, niveau le plus élevé de l’échelle de Purdue.

L’Université d’Uppsala, en Suède, recense de son côté les morts causées par des conflits partout dans le monde depuis 1989. L’actualité a découvert que les entreprises canadiennes ont exporté 89 millions de dollars d’armement à 16 États impliqués dans des conflits ayant causé la mort de 50 civils ou plus l’année précédant les exportations. Et des marchandises militaires valant aussi 89 millions de dollars ont été livrées dans 15 pays où ces morts civiles sont survenues l’année même des exportations. Par ailleurs, 16 États ont été impliqués dans des conflits tout aussi meurtriers un an après avoir reçu un total de 103 millions de dollars d’équipement militaire.

PÉROU
De 1991 à 2000, le Canada a autorisé l’exportation de marchandises militaires au Pérou totalisant huit millions de dollars. Élu président en 1991, Alberto Fujimori a dissous le Parlement avec l’appui des militaires un an plus tard. Les exportations de marchandises militaires canadiennes ont alors explosé, leur valeur étant passée de 135 000 dollars en 1991 à 1,9 million en 1992. Cette même année, le Pérou est en état de «terreur politique totale», selon l’échelle de l’Université Purdue. Cela n’empêche pas la valeur des exportations militaires canadiennes d’atteindre 3,8 millions de dollars l’année suivante, sous les conservateurs de Brian Mulroney. Des escadrons de la mort matent des opposants politiques et des insurrections. Fujimori utilise la manière forte contre, notamment, la guérilla maoïste du Sentier lumineux. En 2000, dénoncé par l’Organisation des États américains et par les États-Unis, Fujimori quitte le Pérou pour le Japon. À partir de 2007, il est successivement reconnu coupable d’abus de pouvoir, de corruption, meurtres, fraudes et violation des droits de la personne.

Ces découvertes ont été présentées à Peter Kent, député de Thornhill, en Ontario, et porte-parole du Parti conservateur, qui fut ministre d’État des Affaires étrangères pour les Amériques de 2008 à 2011. «Ça me dérangeait quand on prenait l’excuse de la confidentialité pour ne pas révéler d’informations qui devraient être accessibles aux Canadiens. Votre analyse soulève des questions qui doivent être posées. Et j’aimerais qu’on les pose pour qu’on sache si l’approbation est automatique ou si ce ministère fait vraiment son travail.»

Pour Hélène Laverdière, porte-parole du NPD en matière d’affaires étrangères, «ça semble indiquer qu’un système mis en place pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’abus dans les ventes d’armes à l’étranger est devenu une véritable passoire». La députée de Laurier–Sainte-Marie, à Montréal, réclame la création d’un sous-comité parlementaire expressément consacré au dossier des exportations d’armes du Canada, qui pourrait demander des comptes au gouvernement de Justin Trudeau et aux fonctionnaires. «Ça apporterait plus de transparence, ajoute la politicienne. On ne dit pas qu’on veut sortir du commerce des armes, mais on ne doit pas en vendre à n’importe qui, n’importe où, n’importe quand!»

Selon Aude Fleurant, directrice du programme Armement et dépenses militaires à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), approuver une vente d’armes à un pays problématique équivaut à lancer un message politique. «Ce message, c’est que le régime en place est légitime, suffisamment pour que vous acceptiez de lui transférer des armes. Vous validez certaines de ses décisions politiques. C’est indirectement une forme d’acceptation.»

La nouvelle ministre des Affaires étrangères du gouvernement Trudeau, Chrystia Freeland, à qui nous avons également soumis les données de notre enquête, ne nous a pas accordé d’entrevue. Son attachée de presse a indiqué par courriel que le Canada avait l’intention d’adhérer au Traité sur le commerce des armes des Nations unies, ce qui devrait se traduire par davantage de transparence. Le Canada est le seul membre de l’OTAN, et le seul partenaire du G7, à ne pas avoir signé ou ratifié ce traité, entré en vigueur le 24 décembre 2014.

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Daniel Turp, professeur de droit à l’Université de Montréal, a fait de l’exportation d’armes une affaire personnelle. Il se dit indigné par l’approbation, en 2016, d’un contrat de 15 milliards de dollars sur 14 ans pour des véhicules blindés légers à destination de l’Arabie saoudite. Il a contesté, avec l’aide de ses étudiants, la décision prise par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Stéphane Dion, devant la Cour fédérale.

Ce spécialiste du droit international et ancien député du Bloc québécois s’est dit surpris à la lecture des données de L’actualité. «Je ne croyais pas qu’il y avait si peu de refus [de la part du fédéral]. Finalement, ce sont des lois et des règlements qui n’ont aucun effet. Les différents ministres des Affaires étrangères n’ont pas vraiment appliqué la politique.»

Rencontré à la fin décembre, juste après ses plaidoiries devant la Cour fédérale, Daniel Turp disait se battre pour les valeurs universelles. « La lutte pour les droits fondamentaux, c’est une lutte qui concerne tous et toutes, quel que soit leur pays, leur origine, leur religion, leur langue. Peut-être qu’il y aura un juge qui fera obstacle à ce qui est indéfendable et qui remettra le gouvernement sur la bonne voie. »

Quelques semaines plus tard, fin janvier, la Cour fédérale a tranché en faveur du gouvernement, soutenant que le ministre avait bien pris en considération une multitude de facteurs, dont les droits de la personne, rendant par conséquent la vente légale. Mais ce qui est légal n’est pas forcément moral. En décembre, Daniel Turp promettait de porter la cause jusqu’à la Cour suprême s’il le fallait. «C’est toujours mon intention», a-t-il reconfirmé par courriel.

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Méthodologie

L’actualité a extrait le détail de toutes les exportations de marchandises militaires canadiennes à partir des rapports annuels publiés par le fédéral de 1991 à 2015. Ces rapports ne contiennent pas les exportations vers les États-Unis. La valeur des exportations a été convertie en dollars constants de 2015. Pour s’assurer de la validité de sa démarche, L’actualité en a fait part, ainsi que des résultats, à Aude Fleurant, directrice du programme Armement et dépenses militaires à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm; à Andrea Lane, doctorante en sciences politiques spécialisée dans l’étude de l’industrie militaire du Canada à l’Université Dalhousie; et à Srdjan Vucetic, professeur associé à l’École d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, qui étudie les exportations de marchandises militaires du Canada.

Mise à jour du 8 février 2017. Pour calculer la valeur totale des exportations par pays et par année, nous avons utilisé les données détaillées par catégorie d’armement. Dans certains cas, des marchandises militaires peuvent se retrouver dans deux catégories. Exemple fictif: des mitraillettes destinées aux avions pourraient se retrouver à la fois dans la catégorie des armes de gros calibre et dans celle du matériel militaire aérien. Les autorités n’indiquent pas quelles marchandises sont comptées en double, quand c’est le cas. Par conséquent, nos calculs surévaluent probablement les exportations vers certains pays, pour certaines années. Mais cela ne remet pas en question le fait que des ventes et transferts d’armement ont bien eu lieu dans ces pays.

14 commentaires à propos de “Marchandises militaires: la grande hypocrisie canadienne

  1. Comme le dit si bien l’adage  » Si ce n’est pas moi ce sera quelqu’un d’autre » Alors autant en profiter. Nous avons tellement de pays à soutenir monétairement!

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  2. Le caractère est illisible (police trop fine).Pas adapté pour format androïd.

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    • La clarté n’est pas d’actualité mais plutôt d’actualisé nos choix.
      Faudra prendre le taxi Théo pour le lire sur papier ? Prédiction de la prochaine acquisition ….lunetterie ?

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  3. Merci à L’actualité de faire la lumière sur cette autre hypocrisie bien canadian…

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  4. Tout un travail que vous avez fait. Bravo. Ensuite, le Canada enverra des petits soldats avec de beaux casques bleus en mission de paix!

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  5. C’est simple non? plus de vente = plus de profil = plus d’impôt = plus d’argent dans les poche du gouvernement.
    Et pour ce qui est de la morale, l’existence même du matériel militaire, dont le but est de tuer d’autre humain, est immorale.
    C’est pour ce défendre dirai vous, se défendre contre quoi? d’autre armé? équiper de matériel militaire aussi conçu pour se « défendre »?
    si c’était vraiment que pour se défendre, une guerre serais simplement 2 rang de militaire assis chacun derrière un mur de défense, à attendre.
    À attendre après rien car personne n’attaquerait puisqu’il sont là pour ce défendre.

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  6. Quelle évidence d’une transparence « ajustable » pour mieux manipuler, sstisfaire une soif maladive de pouvoir et d’argent bien au-delà du respect de l’humanité. N’appelle-t-on pas hypocrisie de tels comportements, choix, façons de faire?

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  7. Quel excellent travail de journalistes. Bravo à l’actualité, et une grande marque de reconnaissance à Naël Shiab. Monsieur Alexandre Taillefer, je vous recommande fortement de maintenir, sinon d’accroître le budget alloué au journalisme de données.

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  8. Je suis parfaitement en accord avec le titre dont vous qualifié le Canada (GRANDE HYPOCRISIE CANADIENNE.)

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  9. Très joli contenu interactif. Néanmoins, j’aimerais faire part de quelques réflexions :

    Huit des plus grandes compagnies œuvrant dans l’armement sont américaines. La plupart des sociétés exportatrices d’armement au Canada sont des filiales. C’est le cas notamment des blindés exportés vers l’Arabie Saoudite : General Dynamics Canada est filiale de sa maison mère étasunienne.

    Bien sûr les exportations d’armes depuis le Canada se sont multipliées par 11 en dollars constants depuis 1998. Et notre pays se rapproche de plus en plus du top 10 des pays exportateurs.

    Faut-il s’en inquiéter ?

    Le problème c’est que plusieurs compagnies qui sont impliquées dans les équipements militaires, sont des entreprises qui œuvrent aussi dans le domaine civil. C’est le cas tout particulièrement de l’aérospatial et des systèmes de communication. Pratt & Whitney du Canada fournit des composantes destinées à l’armement. Quant à leur métier de base, ce sont les moteurs d’avions.

    Ces activités sont indissociables parfois.

    Lorsque le fabriquant d’hélicoptères Sikorsky — qui est leader mondial sur ce segment du marché militaire -, était à vendre récemment ; Bombardier était intéressé à le racheter, ils l’auraient certainement fait, si leurs capitaux l’avaient permis. Pourquoi ? Parce que la production de matériel militaire est lucrative pour soutenir le financement les activités civiles.

    Héroux-Devtek de Longueuil produit diverses composantes industrielles. Cette compagnie est mondialement réputée pour ses trains d’atterrissage. Une partie de ses trains équipe des avions militaires. Quand Héroux-Devtek signe des contrats de longue date avec Boeing, devrait-il refuser de fabriquer des trains d’atterrissage pour les avions de combat, pour ne se limiter qu’aux avions civils ? Le pourrait-il ?

    Comment savoir si le train d’atterrissage fournit équipera un chasseur destiné à l’armée américaine ou un autre destiné à une dictature fréquentable ?

    De quelle façon pourrait s’y prendre Ottawa (le Ministère des Affaires mondiales) pour refuser d’exporter des composantes vers les États-Unis, sous prétexte que ces composantes pourraient servir à équiper des pays qui respectent peu ou pas les droits de l’homme et du citoyen ?

    Hormis le fait que la Russie n’a jamais envahie la Crimée puisqu’il y avait encore après la chute de l’URSS, présence permanente de bataillons russes dans cette région, conformément aux accords de coopération militaire à long terme signés entre la Russie et l’Ukraine. Notamment par le statut particulier du port de Sébastopol. La vente par le Canada pour 1,2 millions d’armes à feu, n’est-elle pas un peu anecdotique si on considère que la Russie serait désormais redevenue le premier pays exportateur d’armement au monde, juste devant les USA ?

    La crise intérieure ukrainienne n’empêche manifestement pas de nombreux pays, incluant des états démocratiques de continuer de faire du commerce avec la Russie.

    Rien n’indique clairement qu’Ottawa ne respecte pas ses règles en général puisque le Canada établit une distinction (parfois difficile peut-être à établir) entre les équipements létaux et ceux qui ne le sont pas. L’interactif, démontre que la plus grande masse des exportations canadiennes ne sont pas formées en principe d’armement létale. Les manufacturiers qui déposent leurs demandes d’autorisation le font usuellement de bonne foi conformément aux directives de l’État.

    Ainsi le Canada fournit actuellement des équipements à l’Ukraine lesquels en principe ne sont pas destinés à servir contre les populations civiles du Donbass.

    Vérifier de façon précise des usages sur le terrain reste une mission presque impossible. Rien n’indique que des blindés fournis à l’Arabie-Saoudite ne servent finalement pas dans la répression de la population civile yéménite sous prétexte que ce pays fait la lutte aux factions terroristes.

    Comment expliquer que Daesch soit équipé de fusils mitrailleurs dernier cri de fabrication allemande ? — La réalité est qu’on ne peut être certain à 100% que le pays qui achète certaines pièces sera le pays ou l’entité et la destination finale qui recevra le dit matériel. Le Pakistan par exemple achète des équipements et il en revend aussi également.

    Inutile de dire que les contrats d’approvisionnement sont souvent signés pour plusieurs années, que dans le cas de divers matériels cela peut prendre de longs mois, voire des années avant que les contrats puissent commencer à être honorés, quand les protocoles peuvent avoir été signés en période de paix. Qui peut-prévoir par avance certains coups d’état ? Un contrat peut toujours être révoqué, mais… jamais sans compensations financières.

    Tous les contrats d’équipement militaires ne sont pas signés de gré à gré d’états à états. Il entre dans les processus des négociateurs, des négociants qui le cas échéant agissent comme facilitateurs. Souvent, le volet militaire n’est pas exclusif, il entre dans des ententes commerciales multilatérales qui touchent toutes sortes de domaines, de collaboration ou encore de coopération. Le refus de vendre peut devenir contraire aux règles de l’OMC et même symboliquement un « Casus Belli ».

    L’annulation d’un contrat militaire peut entraîner la perte de contrats civils. Qui dans ce cas compense les pertes des entreprises et les travailleurs qui pourraient perdre leurs emplois ?

    « La morale, ça ne sort personne de la fosse commune » — Tahar Ben Jelloun

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  10. Lors de la saga des obus du lac St-Pierre nous avions déjà découvert cette hypocrisie canadienne..Sur le site de Météopilitique, on trouve plusieurs reportage sur ce dossier explosif!

    http://meteopolitique.com/fiches/eau/pollution/10/Saga-des-obus-dans-le-lac-Saint-Pierre-en-Mauricie.htm

    Nous avions appris que 30 % des munitions fabriquées à Le Gardeur et expérimentées au CEEM de Nicolet étaient exportées vers des destinations inconnues. La compagnie américaine General Dynamics a pris le relais de SNC TEC Lavalin à Le Gardeur et au CEEM de Nicolet pour poursuivre bon an , mal an cette collabo à la destruction durable, aux meurtres des populations …et à la poursuite des guerres ici et là.
    En plus des veilles citoyennes très récentes, on devrait en organiser en face de l »usine de Le Gardeur et en face du CEE’ de Nicolet pour dénoncer cette hypocrisie canadienne pour bouter dehors ce fabricant américain.

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  11. On voit de ce temps-ci des manifestations monstres, planétaire, du jamais vu, contre un homme du nom de Trump, qui a été élu démocratiquement, dans un pays qui se dit LIBRE, le personnage n`est pas le président de la terre, il veut seulement gouverner son pays…ce que l`on voie actuellement c `est presque de la folie collective. Je rêve qu`un jour, tous les humains sur la planète, qui présentement perdent leur temps à manifester contre le bouc émissaire Trump, emploient toute leurs énergies à identifier, étiqueter chaque usines de fabricant d`armes, afin que tous les humains de la planète puisse allé manifester devant les usines de ces fabricants de guerres, là ou est le véritable danger pour les humains, quelque soit leur race. Quant à moi après avoir lu le reportage de Naïel Shiab le mot HYPOCRITE est modest pour qualifier les pays qui font le commerce des armes. Diviser pour mieux régner qui disaient….

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  12. Bravo pour l’enquête et MERCI, cet article me prouve votre honnêté et crédibilité

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  13. Je me demande bien si les très nombreuses compagnies québécoises gérées par des Québécois pure laine qui bénéficient des largesses de ces contrats militaires comme sous-traitants seraient tout aussi vertueuses que les intervenants de gauche qui hantent ce cite et auraient la franchise et la sincérité de refuser net de remplir ces dits contrats « hypocrites »…

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