Elle en a fait du chemin depuis le putsch raté à l’Hôtel de ville de Laval en 1985. On dit même de Michelle Courchesne qu’elle est du bois dont on fait les premiers ministres…
Au premier contact, Michelle Courchesne affiche une certaine rudesse. « Allez-y, posez-les, vos questions ! » lance-t-elle sur un ton brusque en s'asseyant à son bureau. La ministre de l'Éducation ne connaît qu'une façon de fonctionner : elle va directement au but. Mais pendant trois heures, il n'y aura pas plus disponible qu'elle. Ni plus couventine. « Mon look est trop classique. Je devrais faire un effort pour m'habiller plus sexy ; j'ai l'air d'une maîtresse d'école avec mes lunettes. » Fidèle à sa réputation, Michelle Courchesne ne se complaît pas dans la langue de bois !
La vie est étrange. À la fin des années 1960, la jeune fille passait beaucoup de temps chez sa copine Francine, fille de Jean-Guy Cardinal, ministre de l'Éducation. À 55 ans, la voici assise dans le même fauteuil. « Elle a eu l'occasion de voir à quel point la politique dévore la vie des élus, observe son amie. Et pourtant, elle a choisi cette voie. Il faut croire que c'était son destin. »
Un destin qui a bien mal commencé : sa première expérience en politique s'est soldée par un désastre. Élue conseillère municipale à Laval, en 1980, elle a dû démissionner cinq ans plus tard à la suite d'un putsch raté du conseil de direction - dont elle faisait partie - contre le maire en place. « J'étais jeune et bien inexpérimentée, plaide-t-elle en soupirant et en secouant son casque de cheveux noirs. C'est de loin le pire moment de mon parcours. » On le devine.
La droiture de Michelle Courchesne est de notoriété publique. « On peut compter sur moi », affirme-t-elle. Labeur, sueur, rigueur : telle pourrait être sa devise. C'est une fille de principes. Une femme de devoir.
Ses bons coups ? La ratification de la délicate entente sur les congés parentaux avec Ottawa, en 2005, lorsqu'elle était ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Ou encore la politique culturelle du Québec, adoptée en 1992, dossier dans lequel elle a, en tant que sous-ministre en titre, épaulé la ministre de la Culture et des Communications Liza Frulla.
« Quand on me donne un mandat, je le remplis », dit-elle. Jean Charest ne s'est pas trompé en la nommant ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, en avril 2007. Sa performance figure parmi celles qui ont permis au gouvernement de sauver la face durant un début de mandat poussif. Elle a secoué la cage à la réforme scolaire en cours, remis à l'honneur la dictée, réinstauré le redoublement et le bulletin chiffré. Elle a aussi proposé un encadrement plus serré des commissions scolaires. Sans oublier ses prises de position contre la violence dans le hockey junior majeur. Le tout avec courage, culot. Et brio.






