Elle en a fait du chemin depuis le putsch raté à l’Hôtel de ville de Laval en 1985. On dit même de Michelle Courchesne qu’elle est du bois dont on fait les premiers ministres…
« Elle fait merveille à l'Éducation », écrivait le chroniqueur Michel David dans Le Devoir en juin 2008, au moment où la ministre était citée comme successeure possible de Philippe Couillard à la Santé. « Elle a fait preuve d'autorité, sans se laisser impressionner par les théories fumeuses qui émanent de son ministère, estime l'historien Éric Bédard, membre du Collectif pour une éducation de qualité. Elle a un bon instinct et on sent qu'elle s'intéresse vraiment à ses dossiers. Ça nous change de certains de ses prédécesseurs. »
Une bonne note globale, donc. Assortie de quelques « peut faire mieux ». « Elle corrige un à un des morceaux de la réforme, mais refuse d'exercer un vrai leadership en mettant la bête à mort pour de bon, déplore Éric Bédard. Stratégie pour ne déplaire à personne ? Cette ambivalence m'agace. »
Son très attendu plan d'action pour les enfants en difficulté d'apprentissage, présenté l'an dernier, a été mal reçu. Notamment par la Fédération des syndicats de l'enseignement. « La ministre Courchesne s'est toujours montrée remarquablement accessible et je lui lève mon chapeau, dit la présidente sortante, Johanne Fortier. Mais elle devrait nous écouter davantage ; nous sommes les experts de l'éducation, après tout. » Un certain populisme, voilà ce qu'elle reproche à la ministre. « La dictée, le bulletin chiffré, ce sont des symboles qui rassurent les parents. Alors, j'attends la suite. Mais je suis prête à donner la chance au coureur. »
De fait, Michelle Courchesne court, toujours. Elle marche vite, parle vite, bouge vite. C'est sa nature. « Ma mère adore la vitesse : si j'étais riche, je lui achèterais une Ferrari ! » dit en rigolant le plus jeune de ses deux fils, Louis-Charles, 22 ans, étudiant en sciences politiques à l'Université de Montréal. Cette femme est sous tension. « Parfois, on a envie de lui dire de prendre ça cool, de se détendre un peu », fait remarquer son amie Martine Lavoie.
Un modèle de détermination ! C'est l'image qu'Yves Dupré retient d'elle depuis l'époque où il agissait à titre de conseiller aux élections municipales de 1980 à Laval. « Tu lui donnais un dossier de 500 pages à lire et, garanti, le lendemain, elle l'avait parcouru en entier et te revenait avec une liste de suggestions, se rappelle le président d'Octane Communications . Elle savait où elle s'en allait ! » Et elle n'a pas changé, a-t-il récemment constaté au terme de plusieurs heures en sa compagnie, en vue de la publicationd'un livre sur les femmes en politique. « Enfermez-la dans un bureau pour bosser et elle en sera ravie. »


