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Octobre 1970 : chronologie d’une crise


16 Septembre 2010

Un diplomate et un politicien sont enlevés par un groupe terroriste ; le gouvernement envoie l’armée dans les rues. Le récit est digne d’un scénario de film, mais l’histoire est bien réelle. Ça se passait au Québec en octobre 1970.

Avant 1970

Février 1963

Gabriel Hudon (21 ans), Georges Schoeters (33 ans) et Raymond Villeneuve (19 ans), trois militants du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Réseau de résistance, fondent le Front de libération du Québec (FLQ). Impatients, ils veulent se mettre à l'action directe pour stimuler la cause de l'indépendance. Dès les premières actions violentes du FLQ, le RIN déplorera les moyens utilisés, mais pas les revendications du groupe.

Mars 1963

Des bombes incendiaires du FLQ explosent dans trois casernes militaires de Westmount et de Montréal. Le 29 mars, on déboulonne la statue du général Wolfe, sur les plaines d'Abraham, à Québec.

21 avril 1963

Les bombes du FLQ font leur première victime : Wilfred O'Neil, un veilleur de nuit au Centre de recrutement de l'Armée canadienne à Montréal.

De 1963 à 1970

Le FLQ place des bombes à de multiples endroits. Parmi ceux-ci : la Gare centrale de Montréal, le quartier général de la GRC à Westmount, la statue de la reine Victoria à Québec, le Centre Paul-Sauvé à Montréal, le manège militaire de Montréal, le pont Victoria à Montréal, la place Victoria à Montréal, l'Université McGill à Montréal, le Château Frontenac à Québec, le magasin Eaton à Montréal, l'hôtel de ville de Westmount, le consulat des États-Unis à Montréal, la Dominion Textile à Drummondville.

En sept ans, les attentats du FLQ feront six morts et de nombreux blessés. À lui seul, celui du 13 février 1969 à la Bourse de Montréal a touché 27 personnes, dont trois grièvement, en plus de causer un million de dollars de dégâts.

1970

Février et juin

Deux complots felquistes sont découverts par la police à Montréal. Le premier visait à enlever le consul d'Israël, et l'autre, le consul américain.

Septembre

La cellule Libération du FLQ est créée, avec Jacques Lanctôt à sa tête. Elle est chargée de réaliser un enlèvement politique.

Lundi 5 octobre

8h20
James Richard Cross, attaché commercial de la Grande-Bretagne à Montréal, est enlevé à son domicile de Montréal par quatre membres de la cellule Libération.

La police perdra 20 minutes à fouiller la mauvaise adresse, la maison voisine, avant de faire fermer tous les ponts de l'île de Montréal.

Midi
Un appel anonyme à la station de radio CKLM mène à la découverte d'un communiqué du Front. L'organisation laisse 48 heures au gouvernement pour qu'il se conforme à ses sept exigences :

- la libération de 23 prisonniers politiques nommés dans le communiqué (tous des membres ou des sympathisants du FLQ) ;
- 500 000 $ en lingots d'or ;- un avion pour amener les kidnappeurs à Cuba ou en Algérie ;
- la réembauche par Postes Canada de 400 employés mis à pieds par l'entreprise Lapalme (un conflit syndical entre le gouvernement fédéral et des affiliés de la CSN qui a duré deux ans) ;
- la publication des noms des informateurs ayant permis à la police d'appréhender les membres d'une autre cellule du FLQ ;
- la publication dans les journaux et la lecture à la radio et à la télé du Manifeste du FLQ ;
- la fin des actions policières en lien avec l'enlèvement de James Richard Cross.

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Commentaires (4)

Un article très interessant.

Un article très interessant.

Cette chronologie est bien

Cette chronologie est bien faite mais il aurait été plus professionnel que l'auteur cite ses sources, notamment la chronologie que j'ai publiée à la fin de mon ouvrage, FLQ Histoire d'un mouvement clandestin, réédité en 1998 chez Lanctôt Éditeur. Dommage.

Vous avez tout à fait raison

Vous avez tout à fait raison !

Votre livre a été une des sources pour cet article. Ce n'est pas étonnant, vu la solidité de l'ouvrage.

Par ailleurs, je l'ai inclus dans mon autre article sur les livres, les films et les chansons traitant de la crise d'Octobre. C'est même le seul livre de référence que j'y ai mis, les autres étant plutôt des livres écrits par d'ex-felquistes. Ce n'est pas étonnant, vu, je le répète, la solidité de l'ouvrage.

Mathieu Charlebois

Bonjours à tous.Si il y a 40

Bonjours à tous.
Si il y a 40 ans le monde tombait sous le charme du FLQ, il faut dire que le messie sociopolitique qui venait d'apparaître au Québec, du moins aux yeux des plus extrémistes des québécois, était peut-être un effet conscient d’une situation qui prévalait depuis la conquête.

Il faut dire qu’au Québec, des patriotes, il y en a des masses qui se faufilent au grée des tendances politiques, en passant de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Est-ce que cela ressemble à un parti politique dont le fondateur souhaitait de se dissocier du FLQ, ou bien est-ce la comète tranquille qui n’a pas encore fait sa révolution pour donner aux québécois un pays souverain.

Il faut l’admettre, les membres du FLQ étaient des souverainistes purs et durs, au même tire que Castro l’a été à Cuba à la fin des années 50.

C’étai la même trame politique révolutionnaire communiste à laquelle les membres actifs du FLQ étaient soudés, ceux qui ont constitué les bases d’une espèce de milice dont la structure organisationnelle ressemblait peut être à ce qu’on appel encore aujourd’hui l’Al-Qaida, les membres du fLQ ayant bénéficier d’un entraînement dans un pays désert.

Si chronologiquement nous devons partir de 1963, le mouvement révolutionnaire au Québec a toujours habité l'âme des québécois depuis le jour où en 1759, un québécois francophone était descendu des remparts de Québec, pour aller vendre le chemin de ravitaillement à l’armée anglaise, dont la majorité des soldats était d’origine Prusse.

C’est par ce petit chemin, gravitant jusqu’au Plaines que les 10 mille tuniques rouges de l’armée Britannique ont sonné le glas du combattant vainqueur.

En 1963 le FLQ fait son apparition pour la première fois. Des bombes sautent, ici et là, dans les boites aux lettres du merveilleux Westmount.

À ce moment là de ma vie, ayant vaqué aux réclamations des dépenses militaires à l’âge de 17 ans, le 772 Sherbrooke ouest n’était pas un manège militaire contrairement à ce que disent les médias, qui s’amusent à tracer l’historique de cette période importante dans le changement social au Québec.

Ce n’était qu’un simple bureau administratif de l’armée canadienne où est décédé le concierge O’Neil, lors d’une explosion d’une bombe dans les poubelles, un homme que je fréquentais tous les jours dans la petite cafétéria du sous sol de l’édifice.

7 ans plus tard, les évènements d’octobre sèment un état de conscience armée, certes de bonnes intentions, mais faussement révolutionnaire, sachant que le québécois est un peureux de nature, les résidus socio religieux le pourchassant encore. D’ailleurs c’est peut-être pour cette raison que le Québec a perdu sa véritable révolution lors des deux référendums.

Sur le plan médiatique, en 1970 le FLQ a été le déclencheur d’un type de journalisme politique qui n’existait pas avant. Soit qu’on passait du parlement pour les affaires publiques et sérieuses, ou soit on comptait sur Claude Poirier pour nous dire comment le monde était méchant dans l’est de Montréal.

Mais c’est à CKAC que la grande découverte de la mission radiophonique a frappé fort, bien que CKLM bénéficiait que de la partie cocktail de l’évènement. C’est à la porte du 73AM que le FLQ venait cogner pour faire connaître ses intentions.

J’y étais de cette équipe en compagnie de Michel Saint-Louis et Daniel McGinnis. Nous avons arpenté Montréal à tour de rôle pour cueillir les communiqués du FLQ jusqu’au jours ou nous faisons la découverte du corps de Pierre Laporte dans le coffre du taxi kidnappeur.

Lorsque les artificiers et la police provinciale sont arrivés sur les lieux de la découverte du véhicule, les barrières de la compagnie Wondel aviation se sont fermées.

Seuls, les policiers, les artificiers de l’armée, Michel Saint-Louis et moi sommes demeuré dans l’enceinte de la scène de crime, ayant même touché à la voiture taxi dans laquelle un corps gisait dans son sang.

Rien n’est dit que l’heure qu’a prise les policiers et l’armée pour s’amener au terrain de l’avionneur, que cette heure était peut-être la dernière que vivait encore cet homme qui ne demandait rien de plus que de servir les gens.

Rien n’est dit non plus que pendant cette heure d’attente, le ministre était bien mort ou a-t-il agonisé dans le coffre pendant ces 60 minutes là.

Oui nous y étions et nous y somme encore 40ans plus tard, dans ce mouvement de mutation sociale basé sur le modèle de Westminster depuis la conquête.

La véritable révolution réside t elle dans la démocratie ? Mais celle-ci est elle suffisante, sachant que pour répandre la démocratie occidentale nord américaine on fesse dans le tas des pays sans défenses.

Ici, au Québec, la révolution se fait par la masse de communication à laquelle on a accès.

Mais là encore, les tendances sont tellement hétéroclites, tant par la toile socio démographique qui se dessine par l’immigration que par la toile de moyens de faire circuler l’information par les réseaux socio ou autre portails portant la bonne ou la mauvaise nouvelle et qu’il est aussi possible, que dans ce contexte de communication de masse démocratisé par son accessibilité, que le Québec ne soit déjà un pays souverain.

Devons nous passer par le tribunal de la Haye, pour demander réparation et séparation, ou pour affirmer que la date de tombée est venue pour que le Québec passe à l’état de pays.

Jacques Marchand
Mediasud.ca

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