Un diplomate et un politicien sont enlevés par un groupe terroriste ; le gouvernement envoie l’armée dans les rues. Le récit est digne d’un scénario de film, mais l’histoire est bien réelle. Ça se passait au Québec en octobre 1970.
Avant 1970
Février 1963
Gabriel Hudon (21 ans), Georges Schoeters (33 ans) et Raymond Villeneuve (19 ans), trois militants du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) et du Réseau de résistance, fondent le Front de libération du Québec (FLQ). Impatients, ils veulent se mettre à l'action directe pour stimuler la cause de l'indépendance. Dès les premières actions violentes du FLQ, le RIN déplorera les moyens utilisés, mais pas les revendications du groupe.
Mars 1963
Des bombes incendiaires du FLQ explosent dans trois casernes militaires de Westmount et de Montréal. Le 29 mars, on déboulonne la statue du général Wolfe, sur les plaines d'Abraham, à Québec.
21 avril 1963
Les bombes du FLQ font leur première victime : Wilfred O'Neil, un veilleur de nuit au Centre de recrutement de l'Armée canadienne à Montréal.
De 1963 à 1970
Le FLQ place des bombes à de multiples endroits. Parmi ceux-ci : la Gare centrale de Montréal, le quartier général de la GRC à Westmount, la statue de la reine Victoria à Québec, le Centre Paul-Sauvé à Montréal, le manège militaire de Montréal, le pont Victoria à Montréal, la place Victoria à Montréal, l'Université McGill à Montréal, le Château Frontenac à Québec, le magasin Eaton à Montréal, l'hôtel de ville de Westmount, le consulat des États-Unis à Montréal, la Dominion Textile à Drummondville.
En sept ans, les attentats du FLQ feront six morts et de nombreux blessés. À lui seul, celui du 13 février 1969 à la Bourse de Montréal a touché 27 personnes, dont trois grièvement, en plus de causer un million de dollars de dégâts.
1970
Février et juin
Deux complots felquistes sont découverts par la police à Montréal. Le premier visait à enlever le consul d'Israël, et l'autre, le consul américain.
Septembre
La cellule Libération du FLQ est créée, avec Jacques Lanctôt à sa tête. Elle est chargée de réaliser un enlèvement politique.
Lundi 5 octobre
8h20
James Richard Cross, attaché commercial de la Grande-Bretagne à Montréal, est enlevé à son domicile de Montréal par quatre membres de
la cellule Libération.

La police perdra 20 minutes à fouiller la mauvaise adresse, la maison voisine, avant de faire fermer tous les ponts de l'île de Montréal.
Midi
Un appel anonyme à la station de radio CKLM mène à la
découverte d'un communiqué du Front. L'organisation laisse 48 heures au
gouvernement pour qu'il se conforme à ses sept exigences :
- la libération de 23 prisonniers
politiques nommés dans le communiqué (tous des membres ou des sympathisants du
FLQ) ;
- 500 000 $ en lingots d'or ;- un avion pour amener les
kidnappeurs à Cuba ou en Algérie ;
- la réembauche par Postes Canada de
400 employés mis à pieds par l'entreprise Lapalme (un conflit syndical entre le
gouvernement fédéral et des affiliés de la CSN qui a duré deux ans) ;
- la publication des noms des
informateurs ayant permis à la police d'appréhender les membres d'une autre
cellule du FLQ ;
- la publication dans les journaux
et la lecture à la radio et à la télé du Manifeste du FLQ ;
- la fin des actions policières en
lien avec l'enlèvement de James Richard Cross.





