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Que reste-t-il de la Révolution tranquille ?


20 Juin 2010

Et si la Révolution tranquille n'était pas cet événement fondateur du Québec moderne tant célébré ? De plus en plus de spécialistes osent s'attaquer à ce monument de notre histoire.

Que reste-t-il de la Révolution tranquille ?
Photo : Bibliothèque et Archives nationales Canada

Un cours entier, 45 heures, sur la Révolution tranquille ? Stéphanie Lacroix, étudiante en histoire à l'UQAM, n'y croyait pas. « J'ai été surprise de voir que la Révolution tranquille pouvait faire l'objet d'un cours. Je ne pensais pas qu'il y avait assez de matière. » Aujourd'hui âgée de 25 ans, bientôt titulaire d'une maîtrise, Stéphanie admet que la vision qu'elle avait de cette période était un peu réductrice. « Pour moi, la Révolution tranquille, c'était lié à l'équipe de Jean Lesage, c'était un programme politique et ça s'était terminé avec la défaite des libéraux en 1966. »

Ses études et ses lectures lui ont ouvert les yeux. « Je me rends compte que c'était quelque chose de très global, que c'était aussi un phénomène à l'échelle occidentale. Pour moi, ça reste un concept ouvert à de multiples interprétations. Était-ce vraiment une rupture ? »

S'il y a une idée qui est aujourd'hui contestée par des commentateurs de plus en plus nombreux, c'est justement celle d'une rupture, d'une cassure entre le Québec d'avant 1960 et celui qui a suivi. La Révolution tranquille a été élevée au niveau d'un mythe : avant elle, la « Grande Noirceur », après elle, la « Lumière ». Avant elle, l'Église et Duplessis, soit l'obscurantisme et la dictature, après elle, la libération, la justice, la démocratie.

Avec son livre-choc Oublier la Révolution tranquille (Liber, 1999), le journaliste et économiste Gilles Paquet, professeur retraité de l'Université d'Ottawa, a été l'un des premiers à combattre ce mythe réducteur. « On attribue à ce symbole qu'est la Révolution tranquille une puissance qui est inventée, explique-t-il. La plupart des idées qui ont porté cette révolution étaient des idées traditionnelles venant de l'Action catholique. Même si Jean Lesage et René Lévesque n'avaient pas été là, les réformes se seraient faites quand même. La démographie l'exigeait. »

Comment juger des résultats ? « En tant qu'idée, la Révolution tranquille a eu des répercussions positives ; il fallait bouger, dit-il. Deux millions de Québécois sont nés entre 1951 et 1966. Cette vague démographique à elle seule imposait des changements. Il fallait construire des écoles, créer les cégeps, puis l'Université du Québec. Par contre, les infrastructures que la Révolution tranquille nous a laissées en éducation et en santé sont un échec total. » L'État a « travaillé à la hache », estime-t-il, tout en admettant qu'il était le seul à pouvoir intervenir : « Il fallait que l'État s'en mêle. Il y a eu un rattrapage dans les années 1960 et l'État a joué un rôle important. »

Historiens et économistes s'entendent sur ce point. La Révolution tranquille a marqué un changement total d'attitude à l'égard du rôle de l'État dans l'économie et l'organisation sociale. Autant le régime de Maurice Duplessis le rejetait, autant par la suite le gouvernement de Jean Lesage fera de l'État le levier de la promotion des « Canadiens français » et le maître d'œuvre de la démocratisation en éducation et en santé.

Le mythe d'une Révolution tranquille comme rupture totale avec le passé, Gilles Paquet n'était pas le premier, en 1999, à en montrer le côté caricatural. Dès les années 1980, l'historien Jean Hamelin, dans son Histoire du catholicisme québécois (Boréal Express, 1984), mettait en lumière le fait que ce sont des catholiques qui, dans les années 1940-1950, ont combattu l'omniprésence d'un pouvoir cléri­cal étouffant, laissant peu de place à l'initiative des « laïcs », comme on disait alors. L'historien observe que, dès l'après-guerre, « l'émergence d'une intelligentsia, liée au développement des universités, des mass-médias et des mouvements sociaux, est un événement historique ». Cette élite, composée à la fois de clercs et de laïcs, entend changer les règles du jeu, mettre fin au culte du « Cheuf », remplacer la charité par la justice, instaurer de la rationalité dans l'organisation sociale.

Jean Hamelin décrit un catholicisme qué­bécois partagé entre deux tendances, comme l'était le catholicisme français à la même époque : d'un côté, une frange conser­vatrice, autoritaire et hiérarchique, tournée vers Rome ; de l'autre, une aile réformatrice, qui croyait que l'Église devait mieux comprendre le monde contemporain et s'y adap­ter si elle voulait espérer y jouer un rôle. C'est cette aile qui inspirera les grandes réformes de la Révolution tranquille et celles, aussi, du concile Vatican II. Le dominicain Georges-Henri Lévesque, fondateur, en 1938, de l'École des sciences sociales de l'Université Laval, a incarné cette aile réfor­matrice au Québec. À ceux qui disaient que « toute autorité vient de Dieu », il rétorquait : « La liberté aussi vient de Dieu. »

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Commentaires (3)

Il est spécial qu'ici,

Il est spécial qu'ici, liberté et nationalo-étatisme se soient mélangés.

L'anarchiste, le libertaire, le libéral (pas le partisan, celui qui a des valeurs de liberté) ou le proto-libertarien devait trouver étrange qu'on puisse baiser puis, plus tard, avorter librement... mais qu'on puisse de l'autre côté créer un monstre étatique, un outil exceptionnel pour contraindre les gens désirant vivre différemment de la majorité à se plier aux volontés de celle-ci.

Que cette «minorité» soit celle d'un individu, d'un groupe d'individus dissidents ou des gens parlant une langue différente, etc.

Qu'on crée aussi un monstre étatique collectant plus d'impôts que jamais, attirant les mouches (lobbyistes) de tout acabit autour (grandes entreprises, PME, lobbys verts, groupes sociocommunautaires, etc.)

Comme Mgr Ouellet à dit

Comme Mgr Ouellet à dit qu'avez fait de votre baptême. Les Québécois se considèrent comme des Cathos, ils ne sont pas intéressés de changer de religion parce qu'ils pensent que c'est tous du pareil au même. Les Témoins de Jéhovah c'étaient des adultes qui décidaient du changement. Mgr Ouellet qu'avez vous fait du baptême de l'esprit. Les Anglais ont fait leur religion les Allemand aussi qu'attendons nous pour faire la nôtre. Nous serions riche ont pourraient vendre des indulgences, le ciel des vivants et des morts.

Cette revolution a ete toute

Cette revolution a ete toute sauf tranquille,je fremis d'indignation seulement a penser de toutes les insecurites et de toutes les divisions qu'ils on causes dans nos familles et dans nos relations amicales. Honni a tous ceux qui nous ont cause tant de problemes.

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