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Retour à Maillardville


5 Février 2010

Le « village gaulois » de la Colombie-Britannique vient de fêter ses 100 ans. Et compte sur les prochains Jeux de Vancouver pour trouver un nouveau souffle.

Le « village gaulois » de la Colombie-Britannique vient de fêter ses 100 ans

Si vous roulez trop vite, vous allez le manquer. Caché derrière les commerces et services de l'avenue Brunette - passante comme une autoroute avec ses quatre voies -, le cœur de Maillardville échappe en effet au regard du voyageur pressé. Ce quartier de la ville de Coquitlam, à 30 minutes de Vancouver, ne figure même pas dans les guides touristiques. Et pourtant, sous ses dehors de banlieue ordinaire, cette enclave francophone de 13 000 habitants mérite qu'on s'y attarde, car elle cache une histoire de courage et de ténacité, celle des pionniers canadiens-français, québécois surtout, qui s'y sont installés voilà 100 ans.

Attirés par un salaire alléchant et la garantie d'avoir un terrain et du bois pour bâtir leur maison, plus d'une centaine d'aventuriers s'embarquent à la gare de Montréal, en septembre 1909. Ils sont embauchés par la scierie Fraser Mills, la plus grande de l'Empire britannique. D'autres travailleurs les rejoindront, établissant une communauté francophone très soudée vivant au rythme du sifflet de l'usine et des cloches de l'église. Mais pas docile pour autant : c'est ici qu'écloront les premières luttes syndicales de la Colombie-Britannique, de même que les revendications pour les droits des écoles catholiques francophones.

Et aujourd'hui ? Maillardville - du nom de son premier curé, Edmond Maillard - résiste encore. Certes, avec le départ des jeunes générations, le français a décliné depuis les années 1970-1980 : alors que 10 % de la population du quartier parle toujours la langue des pionniers, moins de 3 % des 125 000 habitants de Coquitlam, qui l'englobe, sont francophones. Aussi, les Maillardvillois comptent bien profiter des Jeux olympiques de Vancouver pour se faire connaître et attirer touristes et nouveaux venus.

Johanne Dumas y travaille fort. À la tête de la Société francophone de Maillardville (créée en 1983 pour promouvoir le fait français), cette énergique Québécoise de 53 ans, installée dans la région depuis 15 ans, se bat pour la revitalisation du quartier. C'est en bonne partie grâce à elle que Maillardville deviendra le Village international de la Francophonie pendant les Jeux. À cette occasion, une « cuvée » spéciale de son Festival annuel du bois, qui aura lieu du 11 au 28 février 2010, célébrera en musique les traditions « canadiennes-françaises ».

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Commentaires (1)

Cet article est très

Cet article est très intéressant sous plusieurs points de vue. En tant que franco-colombien, ce qui m'a d'abord frappé c'est la phrase suivante: « cette énergique Québécoise de 53 ans, installée dans la région depuis 15 ans ». Il semble qu'on peut sortir le Québécois du Québec mais pas le Québec du Québécois!!! Je suis aussi d'origine québécoise mais ça fait 20 ans que je suis parti et je me sens plutôt comme franco-colombien! En passant, nous n'avons pas le droit de vote au Québec...

Ceci dit, vivre en CB est très plaisant et il est certain que nous aimerions bien que plus de francophones viennent nous rejoindre pour grossir notre masse critique. Le climat est très différent, beaucoup plus doux, que ce soit en hiver ou en été. Ma famille et moi vivons près de Victoria et il y a aussi pas mal de francophones dans cette région et nous adorons cet environnement très favorable aux amateurs de plein-air. On ne peut vivre en français ici mais il est certain que des îlots francophones comme Maillardville permettraient au moins d'avoir une certaine qualité de vie francophone et le nombre est essentiel pour atteindre cet objectif.

Finalement, la grande majorité des britanno-colombiens sont très ouverts au fait francophone et plusieurs sont soit allés dans une école d'immersion en français ou ils envoient leurs enfants dans de telles écoles (au point où il y a souvent des listes d'attente...). Enfin, la politique ne manque pas d'intérêt, étant polarisée entre la droite (les Libéraux) et la gauche (le NPD)... On ne parle pas de constitution ici, mais plutôt d'environnement...

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