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Retraites : promesses non tenues


19 Janvier 2010

Les caisses de retraite sont « dans le rouge ». L’offre des régimes de pension s’étiole. Des entreprises font faillite et les rentes disparaissent avec elles. Pourquoi si peu de gens se rebellent-ils ?

Gaston Fréchette, retraité de la mine Jeffrey, a vu sa rente fondre du tiers. (p
Gaston Fréchette, retraité de la mine Jeffrey. (photo : O. Hanigan)

Le corridor qui traverse le centre commercial d'Asbestos est désert, mis à part un vieillard qui rigole avec la vendeuse de billets de loterie. Deux clients traînent dans les allées du magasin à un dollar. En face, à la Bijouterie Nicole, personne ne reluque les colliers placés sous les glaces... « Oui, les temps sont durs », dit avec un soupir Caroline Plourde, jolie blonde de 35 ans qui a repris le commerce de sa mère. « La population est vieillissante et la crise économique donne un coup aux retraités. Surtout à ceux de la mine Jeffrey, dont la pension est déjà amputée... »

La mine d'amiante Jeffrey, c'est le grand canyon de l'Estrie : un trou assez important pour loger les trois quarts du Plateau-Mont-Royal, et au bord duquel s'étend la modeste ville d'Asbestos. Gaston Fréchette, 72 ans, a trimé dur à la mine pendant 40 ans. « De jour, de nuit, on travaillait tout le temps, en se disant qu'on allait avoir une belle retraite », raconte ce petit homme volubile. Lorsque la mine Jeffrey s'est mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), il y a sept ans, la rente de cet ancien contremaître électricien a chuté du tiers. Chaque mois, c'étaient 850 dollars de moins dans ses poches, soit plus de 60 000 dollars au fil des ans ! Il a aussi perdu son assurance vie, l'entreprise ne pouvant plus en assumer les coûts. « Je ne suis pas le pire de la gang, car j'avais au départ une bonne rente et des économies. Certains ont dû abandonner les voyages, endurer leur vieille voiture, lâcher le golf ou vendre leur maison... »

Canwest Global, Fraser Papers, Nortel... Avec la crise économique, la liste des grandes entreprises qui se sont mises sous la protection de la LACC ne cesse de s'allonger. Et avec elle fond la certitude qu'avaient bien des travailleurs de pouvoir profiter, un jour, d'une retraite dorée.

Les Québécois, même ceux qui n'ont aujourd'hui que 30 ou 40 ans, ne peuvent plus se laisser bercer par le faux sentiment de sécurité créé par les régimes à prestations déterminées, qui versent des rentes généreuses jusqu'à la mort. Même ceux qui travaillent pour une grande entreprise peuvent voir la rente prévue réduite si leur employeur fait faillite ! Sans compter que les Québécois sont de moins en moins nombreux à avoir droit à de tels privilèges de retraite.

À moins d'être des salariés de l'administration publique ou d'une faible proportion d'entreprises privées, les Québécois sont seuls responsables de leur avenir financier. Seuls à tenter de bâtir un portefeuille en vue du moment où ils n'auront plus la force, ou l'envie, de travailler. Alors que la grande majorité d'entre eux n'ont pas les connaissances pour s'en charger ! Et personne, pas plus l'école que leur patron, ne les forme à cette gestion de leur sort.

Le cas de la mine Jeffrey a longtemps été considéré comme une exception, dit Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier. « Mais avec la crise actuelle, on se rend compte que tous les régimes de retraite à prestations déterminées du secteur privé sont en danger en cas d'insolvabilité de l'employeur. »

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Commentaires (2)

Le problème est justement

Le problème est justement décrit très bien dans cette article...Si on y pense comme il faut, c'est que c'est tout le temps le petit qui paye quand il y a un problème dans le système économique. On nous dit de prendre des REER, mais il n'y en a pas d'argent à faire avec ca!!! Je viens de recevoir le bilan d'un placement de sept ans qui va bientôt être échu... le rendement, pas une maudite cent!!!! et on me dit que je peux me considérer chanceux d'avoir mit ca dans un fond à capitale protéger...Pendant ce temps là par exemple, Desjardins fait plus d'un milliard en bénifice juste pour l'année 2009... Voulez-vous bien me dire à quoi ca sert maintenant de mettre de l'argent dans des REER? Je pense qu'en posant la question c'est y répondre en même temps...D'une manière, ca prend pas un bacc en économie pour se rendre compte que le coût de la vie monte pas mal plus vite que les intérêts qu'un placement peut donner. En plus les salaires stagnes. Quand j'ai commencé à travaillé en 1994, on m'offrait 10$ de l'heure pour travaillé dans une shop de bois avec tout juste un secondaire 5 en poche. Aujourd'hui, après 3 ans d'effort pour améliorer mon sort en allant me chercher un DEC, on m'offre tout juste11-12$ de l'heure!!! Calvaire, juste le cout de la vie à fait que tout coute 30 à 40% plus cher aujourd'hui... Donc je suis perdant dans mon investissement... A mon avis ca sert plus à rien de tenter de mettre un peu de pécule de côté en espérant faire un peu de rendement la dessus... On vit dans un monde de crosseur technocrate surdiplômer qui tente juste de nous vider les poches!!! Si c'est pas le gouvernement, c'est les caisses ou même ton propre employeur comme on peut le constater dans le présent article... Avec les hausses prochaines des coûts relier à l'énergie, l'inflation va exploser vers le haut et je pense pas que la situation des salaires va s'améliorer non plus... Alors l'économie des particuliers on n'osera même plus en parler tout à l'heure...Quel système pathétique..

Et que nous sommes facilement

Et que nous sommes facilement révoltés. *soupir*

Nous sommes frustrés de ne pas avoir de rendement sur nos REER, mais nous ne sommes pas fâchés de renouveler nos hypothèques à des taux ridiculement bas.

Ah là, un bas taux d'intérêt c'est correct; mais dites-vous que si on emprunte à un coût moindre, les institutions font moins d'argent alors l'épargne ne paie pas dans l'immédiat. Les institutions financières ne vivent pas d'amour et d'eau fraîche!

Cependant, avec un peu de sous mis de côté à 20 ans, ce dernier aura fait des petits à long terme lorsqu'on le retirera à 60 ans. D'où l'importance de commencer très jeune à épargner.

Nous sommes dans un environnement économique à taux bas; ça va autant dans le sens de l'emprunt que de l'épargne. Si vous voulez les rendements autour de 10-12%, attendez-vous à avoir des hypothèques à 12-15% d'intérêt; ça vous tente?

Les régimes de retraite font partie de la rémunération globale d'un employé et leur financement, dépendamment du type de régime, coûte extrêmement cher. Ce n'est pas gratuit un régime de retraite! L'ai-je dit : ça coûte cher!!

Comme je l'ai mentionné dans mon commentaire du numéro de ce mois-ci de L'Actualité : la retraite est une responsabilité personnelle. Tant que les gens auront de l'argent pour 2 voitures de l'année, un cellulaire intelligent ou pour voter pour leur candidat préféré à 1 $ l'appel, ils ont assez d'argent pour épargner pour la retraite sans trop se forcer.

Responsabilisons-nous et cessons d'attendre après les entreprises et l'État pour nos retraites. Tant mieux si notre employeur offre un régime de retraite, mais allumez que ça coûte très cher à financer.

Ceci dit, l'État n'a pas à piger dans la caisse de la RRQ pour mettre l'argent dans ses poches; là, il y a une limite à se faire voler.

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