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Tout sur Margaret Trudeau


16 Novembre 2010

Elle a formé avec Pierre Elliott Trudeau le couple le plus glamour de l’histoire politique canadienne. Dans une nouvelle autobiographie, Margaret Trudeau lève le voile sur une vie marquée par la maladie mentale et raconte son équilibre retrouvé.

Tout sur Margaret Trudeau
Photo : Rod MacIvor

Pierre n'avait pas peur de la mort. Pendant un certain temps, après le décès de Michel, il avait remis sa foi en question, mais maintenant celle-ci semblait s'être raffermie et il parlait d'aller rejoindre Michel. Nous avons beaucoup parlé de Michel. Quand j'étais avec Pierre, je portais souvent le collier de perles que sa mère m'avait offert avant notre mariage. Cela semblait lui faire plaisir. La seule chose que les vivants peuvent faire pour un mourant, c'est lui rappeler tous les événements heureux de sa vie. Pierre et moi partagions les merveilleux souvenirs de nos belles années à élever nos enfants.

Voir le photoreportage «La vie de Margaret Trudeau en photos» >>

En y repensant, je réalise que nous trouvions du réconfort dans le fait de nous être aimés autrefois, profondément aimés. Il était gentil et attentionné, et m'avait offert son cœur. Mais je n'avais pas su l'accepter ; c'est vrai ce qu'a dit George Bernard Shaw au sujet de la jeunesse qui est gaspillée chez les jeunes.

Quelques années après le décès de Pierre, le journaliste Peter C. Newman a raconté une anecdote à propos de lui dans son livre Here Be Dragons : Telling Tales of People, Passion and Power. À l'hiver de 1974, Stuart Hodgson, alors commissaire des Territoires du Nord-Ouest, survolait le pôle Nord. Lorsque l'avion passa au-dessus du pôle, Pierre en prit les commandes et appela au 24 Sussex, où une femme de chambre répondit. Il voulait peut-être partager l'excitation du moment. Il demanda à me parler, mais j'aurais apparemment refusé de venir à l'appareil (ce que je trouve difficile à croire). D'après ce que Hodgson a raconté à Newman, Pierre se mit alors à « sangloter ».

« Pourquoi l'avez-vous épousée ? lui demanda Hodgson, avec compassion j'imagine.

- Parce que je l'aime, répondit Pierre. Je l'aime vraiment. »

Pierre s'est éteint un après-midi de l'automne 2000, le 28 septembre ; il n'avait pas prononcé un mot depuis presque une semaine. De bien des façons, Sacha était le fils dont Pierre se sentait le plus proche. Il avait toujours habité avec son père et ils se ressemblaient beaucoup : disciplinés, loyaux, un peu bourrus, refusant de perdre leur temps avec des banalités. En dernier, Pierre était inconscient, et Sacha et Justin sont restés à ses côtés, veillant sur lui jusqu'à la fin. Ils l'ont laissé partir paisiblement avec tout leur amour pour cet excellent père. Je me suis alors enfoncée dans un profond chagrin.

Dès qu'il avait été su que Pierre était mourant, la popula­tion avait démontré énormément de sollicitude et de soutien. Des journalistes s'étaient installés autour de la maison et, à notre grande horreur, une antenne parabolique était apparue sur un poteau de téléphone, parfaitement visible de la chambre où Pierre passait ses journées. La vue de cette antenne était pénible pour lui et Sacha l'avait fait enlever.

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