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Trop de Vatican!


1 Juillet 2009

Un peu partout, des catholiques en colère dénoncent les gaffes répétées de Benoît XVI, et affirment que leur Église ne leur appartient plus.

Photo : Pier Paolo Cito/AP/PC

La coupe déborde ! Fatigués de se faire dire quoi penser, ulcérés de l'arrogance de la monarchie vaticane, des fidèles s'insurgent, des religieux contestent, des évêques résistent. Inexistante depuis des décennies, une opinion publique vient de surgir dans l'Église après les trop nombreuses gaffes de sa hiérarchie, à commencer par celles du pape.

Il faut remonter à 1962 pour retrouver un tel climat de contestation des excès du pouvoir romain au sein de l'Église. Cette année-là, 2 365 évêques du monde entier sont convoqués à Rome par Jean XXIII pour un concile - Vatican II - destiné à mettre à jour la doctrine catholique. Or, la curie (la hiérarchie ecclésiastique du Vatican), n'écoutant que ses vieux réflexes, a déjà balisé le concile: elle a placé ses hommes aux postes névralgiques et rédigé des textes, comme si elle se méfiait de cette assemblée cosmopolite et si peu romaine. Devant cette manœuvre, les évêques se révoltent. Ils disent non à la tentative de mainmise de la curie et reprennent leur liberté de parole et d'action. Un vent nouveau va souffler sur l'Église...

Cette liberté, Claude Lefebvre, grand gaillard de 76 ans aux allures de bûcheron, curé de la paroisse Saint-Étienne, dans le quartier montréalais de Rosemont-La Petite-Patrie, la réclame comme un héritage auquel il a droit. Son verdict est tranchant: «La curie contrôle tout, le concile a été étouffé.» Il fait sienne la revendication contenue dans les mémoires du Suisse Hans Küng (Mon combat pour la liberté), célèbre théologien contestataire: «Au totalitarisme de l'Église, il faut opposer la liberté de conscience, la liberté du chrétien.»

Signe des temps, le curé Lefebvre me reçoit dans un petit bureau de l'avenue Christophe-Colomb, là où se dressait une église, démolie en 2002, qui pouvait contenir des centaines de fidèles. Adjacente à cette pièce, une salle de la dimension d'un grand salon suffit aujourd'hui aux rares pratiquants qui assistent à l'une ou l'autre des deux messes que célèbre Claude Lefebvre la fin de semaine. «Je ressens beaucoup le fait qu'on est dans un monde où les curés ne sont pas crédibles, laisse-t-il tomber, un peu mélancolique. Il y eut un temps, au Québec, où un curé jouissait d'une certaine autorité avant même d'ouvrir la bouche. Maintenant, c'est l'inverse. Avant même d'ouvrir la bouche, t'es un gars pas intéressant, pas crédible, tu peux pas avoir une pensée personnelle.»

Claude Lefebvre regrette par-dessus tout que se soit perdue l'inspiration de Vatican II, qui avait défini l'Église comme «peuple de Dieu». «Ce qui domine dans cet esprit, c'est la communauté des croyants. Aujourd'hui, on en est revenu à la primauté du pape et de la curie.» Benoît XVI continue sur la lancée de Jean-Paul II, qui a mis en place les instruments de contrôle de la vie de l'Église. «Il ne se produira rien, avec le pape actuel.»

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Commentaires (3)

Roch Côté Je te

Roch Côté
Je te donnarais 2 sur dix pour ton article TROP DE VATICAN.
Il manque de profondeur. Faudrait regarder le point de vue des responsables avant de parler.
Quand JEAN-PAUL 11, s'exprimait on chiaulait.
Quand BENOiT 16 est arrivé les guêpes québécoises se sont mises à s'agiter.

J'ai beaucoup aimé cet

J'ai beaucoup aimé cet article. L'autre me semble être vraiment doué pour choisir les mots justes pour parler de choses diversifiées et complexes. Je partage les commentaires de celui-ci ou de celui-là; je partage les façons de voir et les évaluations qui émanent de cet article sauf concernant les propos d'Arnaud Decroix. Évaluation que je trouve superficielle. Benoît XVI peut aimer dialoguer - par l'entremise de livres - avec des philosophes contemporains, mais cela peut s'arrêter là. Il est trop facile de dire qu'on veut dialoguer. On sait que des personnes disent aimer dialogue, mais à les observer on voit qu'ils ne cherchent qu'à imposer leur pensée et leur convictions. On parle alors de dialogues de sourds. Je ne crois pas que Benoît XVI veuille vraiment dialoguer, veuiller vraiment comprendre l'homme et la femme moderne. Je ne crois pas aussi qu'il puisse admettre que des gens en connaîtraient beaucoup plus que lui en fait de connaissances et de compréhension de l'être humain, car l'être humain est complexe. Il fait montre d'une outrecuidance insupportable. Il agit ou parle comme si c'était toujours lui qui avait la bonne réponse, et cela, peu importe le sujet. C'est superficiel aussi, je trouve, de dire que le fait qu'il serait moins doué pour la communication de masse, serait une des raisons qui font réagir le monde. Je crois que pour lui, ces occasions qui lui sont fournies de s'adresser au monde entier, sont des moments dont il profite pour sortir son gourdin de policier sévère. Son père était un gendarme sévère; lui-même a été préfèt de la Congrégation de la doctrine pour la foi; chaque fois qu'il intervient pour parler au monde, c'est une barre de fer que je vois. Une barre de fer qui veut qu'on se soumette à sa loi.

Cet article est intéressant.

Cet article est intéressant. Il est à souhaiter qu'il suscitera chez le lecteur un désir de s'informer plus à fond sur la pensée de Benoît XVI, qui, avouons-le, va beaucoup plus loin que la seule optique de l'Église au Québec.

À propos de la notion de "peuple de Dieu" que Benoît XVI serait, aux dires de certains, coupable de ne pas vraiment saisir, j'estime que nous avons tous beaucoup à faire avant de pouvoir manier agilement cette expression en connaissance de cause. Lire les documents du Concile Vatican II afin de s'imprégner de l'esprit de celui-ci serait une première étape.

Il faudrait aussi faire preuve d'honnêteté intellectuelle en lisant les propos intégraux du Pape au sujet de l'usage du préservatif dans la lutte contre le sida. On les trouvera à l'adresse suivante: http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/2009/3/18/verbatim.... Ces observations ainsi que la dernière encyclique de Benoît XVI, "Caritas in veritate", montrent à quel point ce théologien et intellectuel de premier ordre sait allier raison, leadership et sensibilité. Le "peuple de Dieu" n'est pas qu'une réalité théorique pour lui: il est sa raison d'être, l'objet même de sa mission comme chef de l'Église.

Profitons de son savoir et de sa sagesse pour élargir nos horizons à propos de l'Église locale et universelle, ainsi que de l'humanité. Nous avons tout à y gagner.

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