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Une étoile est née


31 Juillet 2009

Première Québécoise à se hisser au palmarès des 25 meilleures joueuses de tennis au monde, Aleksandra Wozniak n’en finit plus d’accumuler les exploits. Et ce n’est que la pointe de la raquette !

Photo : Sang Tan/AP/PC

Deux semaines après sa participation au mythique tournoi de Wimbledon, Aleksandra Wozniak arborait tou­jours un immense bleu sur sa cuisse gauche. « Un cadeau de Serena Williams », ironise-t-elle. Le 26 juin, la joueuse de tennis québécoise et sa partenaire allemande Sabine Lisicki affrontaient les redoutables sœurs Venus et Serena Williams. « J'étais au filet, raconte Aleksandra Wozniak. Serena Williams a reçu une balle flottante. Elle avait l'occasion de conclure facilement le point. Le court était grand ouvert et l'éthique du tennis exigeait qu'elle dirige la balle là où il n'y avait personne. Elle a plutôt choisi de me viser au corps. Elle s'est excusée du bout des lèvres. Mais il est clair qu'elle voulait me lancer un message. »

L'anecdote n'est pas banale. De toute évidence, Serena Williams a voulu se ven­ger de sa défaite de l'année der­nière face à la Québécoise, au tournoi de Stanford, et lui souhaiter la bienvenue parmi les plus grandes. Alors 21e joueuse mondiale (elle a perdu quelques rangs depuis), Aleksandra Wozniak fait désormais partie de l'élite, et ses adversaires l'ont à l'œil.

À la mi-juin, au tournoi d'Eastbourne, en Grande-Bretagne, la Blainvilloise a pulvérisé la championne de Roland-Garros, Svetlana Kuznetsova, cinquième joueuse mondiale. Cette performance lui a valu de faire les premières pages des quotidiens québécois, un exploit dans un pays obsédé par le hockey été comme hiver.

Première Québécoise à se hisser si haut dans le classement mondial, Aleksandra Wozniak, 21 ans, n'en finit plus d'accumuler les prouesses. Elle fut la première joueuse du Québec à gagner un match en tournoi du Grand Chelem (à Roland-Garros, en 2008) et la première aussi à remporter un tournoi de la Women's Tennis Association (WTA), à Stanford, l'été dernier.

Et ce n'est pas fini, s'il faut en croire Eugène Lapierre, directeur de la Coupe Rogers. « Elle a les armes et la puissance pour rivaliser avec les meil­leures, dit-il. Elle a encore des choses à développer, malgré ses immenses progrès des dernières années. D'autres joueurs sont à leur apogée quand ils atteignent le top 100. Pas Aleksandra. Elle peut encore améliorer ses services. »

Elle est extrêmement sérieuse et disciplinée, souligne pour sa part Jean-François Manibal, directeur général de Tennis Québec. « Il faut la voir s'entraîner, sept heures par jour, au Centre national de tennis du parc Jarry pour le comprendre. Sa condition physique s'améliore constamment. Et elle gagne en maturité de semaine en semaine », s'émerveille-t-il.

Ce qui distingue Aleksandra Wozniak de tous les autres Québécois qui ont accédé au circuit mondial, c'est qu'elle « y croit ». Cette fille d'immigrants polonais arrivés au Canada en 1983 n'a pas peur de la pression ou du glamour. Au contraire, elle en raffole. Elle ne manque pas d'assurance, n'a pas de complexes. Son prochain défi ? « Me hisser parmi les 10 meilleures joueuses mondiales et remporter un jour un tournoi du Grand Chelem », confie-t-elle.

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