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Une justice pour happy few


15 Avril 2011

Trop cher, trop compliqué, trop long… Les simples citoyens sont de plus en plus nombreux à tourner le dos aux tribunaux. Un grand sondage révèle leur ras-le-bol. Et si on repensait tout le système ?

Une justice pour happy few
Ill. : V. Egger

Se faire traiter de « voyou », ça vaut une indemnité de combien ? Si l'on se fie au PDG de Quebecor, environ 700 000 dollars. C'est en effet la somme réclamée par Pierre Karl Péladeau au vice-président de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, dans l'un des procès les plus courus à Montréal. Exiger réparation d'un tel affront coûte des dizaines de milliers de dollars en frais d'avocats... et quelques milliers d'autres puisés dans les poches des contribuables.

Il a fallu 11 journées au juge de la Cour supérieure du Québec pour entendre l'affaire. L'avocat de Pierre Karl Péladeau lui a finalement demandé de se récuser, plaidant que le magistrat avait un pré­jugé défavorable envers son client. Le juge a refusé de se retirer. Avait-il raison ? Trois juges de la Cour d'appel ont été chargés d'en décider. Ils ont ordonné la récusation, et la valse des plaidoiries reprendra devant un autre magistrat. À chaque étape, le compteur tourne. Mais qu'importe le salaire des juges et des greffiers, les tribunaux dont on accapare le temps. Il est question d'honneur, après tout !

Pendant ce temps, dans un quartier près de chez vous, Madame Tartempion vient de découvrir que les fondations de son triplex sont fissurées et que l'eau s'infiltre dans son sous-sol. Elle n'ose même pas poursuivre la personne qui lui a vendu la maison. Tous les juristes vous le diront : pour un vice caché où l'enjeu tourne autour de 20 000 dollars, mieux vaut y penser à deux fois avant de se précipiter dans les bras de la justice. « Un procès de deux jours peut facilement coûter entre 8 000 et 12 000 dollars en frais d'avocats à chacune des parties », estime Me André Ramier, associé chez Prévost Fortin D'Aoust, un cabinet de Saint-Jérôme. « C'est sans compter les honoraires des experts, qui demandent en moyenne 700 dollars chacun pour venir témoigner. »

Avant même que le juge ait tranché, nous pouvons faire une croix sur une large partie des sommes qui nous seront allouées si nous avons gain de cause. Elles iront tout droit dans les poches de notre avocat et des témoins experts. Et si nous perdons ? Certains osent à peine l'envisager. Il faudra, pour acquitter les frais engagés, renoncer au voyage en famille, réhypothéquer sa maison, conduire sa vieille minoune quelques années de plus...

Les Québécois sont de moins en moins nombreux à recourir aux tribunaux. De 1989 à 2008, le nombre de litiges soumis à la Chambre civile de la Cour du Québec a chuté de 43 % ; ceux portés devant la Chambre civile de la Cour supérieure ont fondu de 63 %.

SUITE DE L'ARTICLE >>

 

78 % des Québécois considèrent ne pas avoir les moyens de se défendre devant la Cour.

PETIT LEXIQUE DE LA JUSTICE PARTICIPATIVE

Négociation : Mode amiable de règlement des conflits qui consiste à trouver un terrain d'entent­e par la discussion et le compromis. La négociation peut se faire directemen­t entre les personnes impliquées ou par l'entremise de leurs avocats.

Médiation : Mode amiable de règlement des conflits dans lequel un tiers impartial tente d'amener les parties à s'entendre pour trouver une solution à leur différend.

Arbitrage : Mode amiable de règlemen­t des conflits dans lequel les parties choisissent un arbitre, afin que celui-ci décide d'une solution en fonction de règles choisies à l'avance par les personnes impliquées. Le recours à l'arbitrage doit avoir été prévu dans un contrat ou une loi.

(Source : educaloi.qc.ca)


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Commentaires (1)

Propriétaire d'une PME qui a

Propriétaire d'une PME qui a subi des dommages de refoulements d'égouts dans l'entrepot que je louais au centre ville lors des pluies diluviennes de juillet 2005... Je n'ai toujours pas eu ma journée en cour. J'ai eu le malheur de poursuivre la ville de Montréal en plus de la compagnie d'entreposage. Après plusieurs débats entre les avocats de la ville et ceux des grandes compagnies d'assurance qui poursuivent aussi la ville, la juge en chef du tribunal de la "chambre civile" a décidé dans un jugement le 29 mars 2010, de référer le dossier en "Gestion particulière des instances" Ce qui veut dire que le juge auquel a été référé le dossier doit délibérer et rendre un jugement final pour tous. Plus d'un an suivant ce jugement par la juge en chef et 6 ans après le dépôt de mon dossier aux petites créances moi et des centaines d'autres plaignants aux petites créances avons poireauté et attendons en vain depuis 6 ans que les pontes de l'assurance et les magnats de la justice (ouais la justice...) s'entendent pour régler hors cours avec la ville et nous les petits corniauds deviendront les dindons de la farce... que nous sommes déjà de toute façon.
La justice dites vous? Connais pas! Les lois? Pas pour les riches!
Pourquoi sommes nous cyniques envers le système pourri de justice que nous avons? Demander la question c'est aussi y répondre.

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