Portée par une nouvelle ruée vers l’or, l’Abitibi-Témiscamingue a des milliers d’emplois à offrir. Et pas que dans les mines !

C'est le pays des géants. Sur le chantier de la future mine d'or à ciel ouvert de Malartic, à 25 km de Val-d'Or, tout est démesuré. Les camions de 240 tonnes, dont les pneus font deux fois ma taille. Les pelles excavatrices hydrauliques, hautes comme des immeubles de quatre étages. Et la fosse que ces mastodontes s'apprêtent à creuser, si profonde qu'elle pourrait contenir la tour Eiffel !
Propriété à 100 % de l'entreprise québécoise Corporation Minière Osisko, le gisement Canadian Malartic emploiera 465 personnes dès sa mise en production, en 2011, et par la suite pendant au moins 12 ans. Conducteurs de pelle, ingénieurs miniers, soudeurs, métallurgistes, géologues... Sans compter les 400 travailleurs en sous-traitance qui, depuis août dernier, s'activent à la construction du complexe. Ils seront 800 cet été. Une manne pour Malartic, boomtown née lors d'une première ruée vers l'or, en 1939, mais éprouvée par les fermetures de mines et la crise forestière. Car l'explosion actuelle dans le secteur minier crée aussi de l'emploi dans d'autres domaines. Au total, quelque 9 000 postes sont à pourvoir dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue d'ici 2013 - surtout en raison des départs à la retraite.
« Canadian Malartic, c'est le chantier numéro un dans la région », dit Robert Mailhot, vice-président aux ressources humaines d'Osisko. « Nous avons déjà reçu 11 000 CV de tout le Québec, mais notre priorité est d'engager des gens d'ici », ajoute ce colosse aux yeux d'acier. Le plus bas salaire, celui de journalier, s'élève à 20 dollars l'heure. Et on peut rentrer chez soi le soir : la mine est située à cinq minutes de route du centre-ville de Malartic !
Son implantation a néanmoins engendré un grand déménagement (138 résidences ont été déplacées dans un nouveau quartier, où l'école, la garderie, le centre communautaire, etc., ont été reconstruits). Elle a aussi soulevé une tempête de critiques quant à ses répercussions sur le plan social et environnemental à long terme - d'autant qu'Osisko a entrepris le relogement avant d'avoir obtenu l'autorisation du BAPE. Un comité de suivi indépendant a finalement été mis sur pied, qui doit notamment informer la population sur ces répercussions et les mesures destinées à les atténuer.
Après avoir plongé durant la crise financière, le prix des métaux industriels (zinc, cuivre, nickel) s'est raffermi depuis fin 2009. L'or est, quant à lui, redevenu une valeur refuge avec la récession (1 110 dollars l'once début février). Dans la région, dix mines, dont huit d'or (en incluant celle de Malartic), sont sur le point de démarrer, s'ajoutant aux neuf déjà en activité. Et de nombreux autres sites en sont au stade de l'exploration.





