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Vancouver, reine du Pacifique



17 Novembre 2009

La mer à ses pieds, les montagnes tout autour, un côté beatnik et une touche d’Orient : les charmes de Vancouver font recette. Mais la belle se cherche. Ville verte ? Branchée ? Tonique ? Notre journaliste a fait sa petite enquête...

Photo : Nick Westover
Photo : Nick Westover

Le cinq à sept le plus couru de Vancouver se tient le jeudi soir au sommet d'une montagne, dans un bistrot animé rempli de gens aux chaussures crottées et aux t-shirts trempés de sueur. Ces clients méritent leur verre de pinot noir. Après le travail, ils ont enfilé leur tenue de plein air la plus branchée et parcouru une dizaine de kilomètres dans le trafic pour venir grimper les 2 830 marches de roche et de terre du Grouse Grind (le supplice du mont Grouse), un sentier abrupt de trois kilomètres. Les habitués ont une carte magnétique qu'ils présentent devant une borne au pied de la montagne et devant une autre, au sommet. Leur temps d'ascension s'inscrit alors sur un écran dans le chalet du bistrot. Le record de la soirée : 32 min 51. J'ai fait le parcours en 1 h 30, en soufflant comme un bœuf et en maudissant tous les saints !

Pour Vancouver, accueillir les 21es Jeux olympiques d'hiver en février semble tout naturel. Le sport est inscrit dans l'ADN de la ville. Dès l'aube, des yoles à six rameurs filent sous le pont Burrard, qui enjambe False Creek, un bras de mer pénétrant au cœur de Vancouver. Toute la journée, des coureurs et des cyclistes prennent d'assaut la Seawall, une route piétonne de 22 km qui longe la péninsule où se trouvent le centre-ville et le parc Stanley. Dans la baie des Anglais, de petits voiliers blancs valsent autour des porte-conteneurs, ancrés dans l'attente d'un chargement au port. Les gymnases et les centres de yoga semblent aussi répandus ici que les dépanneurs à Montréal. De nombreux restaurants affichent des menus végétaliens. Même le maire, Gregor Robertson, respire la santé. Grand, svelte et athlétique, cet ancien producteur de jus de fruits biologiques de 44 ans va régulièrement travailler à vélo.

La quête du bien-être physique est l'un des aspects visibles de cette qualité de vie dont s'enorgueillit la plus jeune métropole du Canada. Année après année, Vancouver figure dans le peloton de tête du palmarès des villes les plus agréables à habiter du groupe-conseil Mercer, avec Vienne, Zurich et Genève. Et depuis deux ans, la belle de l'Ouest trône au sommet du classement du magazine The Economist, qui compare 140 grandes villes dans le monde. Cet automne, le quotidien USA Today a vanté les charmes de la cité, la qualifiant de « top model de l'Amérique du Nord ». Avec sa vue sur le Pacifique et sur les montagnes qui surplombent les tours de verre du centre-ville, Vancouver est belle... et elle le sait.

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