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La PirateBox permet d’échanger des fichiers et de clavarder sans être surveillé.

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PirateBox

Blogue_vie numeriqueUne tête de mort apparaît sur mon téléphone intelligent, accompagnée d’un texte qui se veut rassurant: «Pour commencer, il n’y a rien d’illégal ou d’effrayant ici.» Le ton est donné pour ma première session avec la PirateBox!

Ce petit routeur sans fil, sur lequel est branchée une clé USB, n’a en effet rien de menaçant. «C’est un réseau Wi-Fi qui permet d’échanger des fichiers et de clavarder», explique son développeur, l’Allemand Matthias Strubel, qui était à Montréal ce week-end dans le cadre du Forum sur les pratiques actuelles de la création numérique organisé par Mutek.

La PirateBox n’est toutefois pas connectée à Internet. Impossible, donc, de naviguer en ligne, d’utiliser les réseaux sociaux ou de lire vos courriels. Seules les personnes qui se trouvent dans la portée du routeur peuvent s’y connecter à l’aide de leur ordinateur portable, tablette ou téléphone intelligent.

La page d'accueil de la PirateBox, vue sur un téléphone intelligent.

La page d’accueil de la PirateBox, vue sur un téléphone intelligent.

Quel est donc l’intérêt d’un réseau non connecté à Internet? Il est multiple. La PirateBox est pratique pour partager facilement des fichiers lors d’une conférence ou dans une salle de cours sans dépendre de l’accès au Web. C’est d’ailleurs dans cette optique que le professeur américain David Darts a inventé l’appareil, à la fin des années 2000.

Sa petite taille en fait également un outil utile pour travailler dans les pays en développement. «Il y a notamment l’organisme Worldreader qui s’en sert pour diffuser des livres numériques auprès des enfants», dit Matthias Strubel.

Mais l’un des plus grands attraits de la PirateBox est l’anonymat. Impossible de savoir qui s’y connecte, qui y téléverse des documents et qui les télécharge. «Je reçois régulièrement des courriels de gens qui souhaitent l’utiliser pour transporter des fichiers dans des pays où Internet est censuré», affirme le développeur.

Évidemment, la personne qui est arrêtée avec une PirateBox dans une dictature risque d’avoir des problèmes. Mais les gens qui l’ont utilisée ne pourront pas être dépistés.

La PirateBox vous intéresse? Impossible de l’acheter; si vous en voulez une, vous devrez la fabriquer vous-même. Les pièces nécessaires coûtent une cinquantaine de dollars, et les instructions sont offertes gratuitement sur le site de l’appareil.

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